Anasterry – de Isabelle Bauthian

« Il n’y a pas de monstre à Anasterry ! » 

Quatrième de couverture :

Rien ne saurait ébranler Anasterry, la plus riche et intellectuelle baronnie de Civilisation. Rien… sauf peut-être un défi de gamins.
Quand Renaldo, fils du baron de Montès, et son meilleur ami entreprennent de trouver la faille de cette utopie pour séduire une jeune fille, ils ignorent qu’ils vont déterrer de sombres secrets…
Quels sont ces monstres découverts dans les marais ? Sont-ils liés à la tolérance d’Anasterry pour les mi-hommes qu’on opprime partout ailleurs ? Après trente ans de paix, Civilisation risque-t-elle d’être si facilement bouleversée ?
Pour réparer ses erreurs, Renaldo devra choisir entre son patriotisme, ses idéaux et ses responsabilités d’homme libre. Il apprendra surtout qu’on ne pardonne rien aux donneurs de leçons, surtout quand ils ont raison…

Avis personnel :

Cette lecture était rafraîchissante ! Rafraîchissante car loin d’être aussi sérieuse et épique que l’était Ayesha, ou aussi riche et sombre que l’était L’Eveil des Chimères. La plume qui a écrit ce livre n’a rien à envier aux deux autres par sa fluidité et sa qualité, la différence notable est qu’elle a su livrer une intrigue en grande majeure partie légère et plaisante !

Listons mes points de satisfaction à l’issue de cette lecture :

  • Le duo de personnages principaux, Rénaldo et Thélban, est attachant : le guerrier à la peau épaisse et le savant à l’intelligence acérée, deux âmes complémentaires qui sont mises en relief et pour lesquels j’ai ressenti une grande sympathie. Suivre leurs faits et gestes n’est alors plus qu’un réel plaisir.
  • Anasterry, cette province de mystère aux allures d’utopie, est elle-même un point fort à mes yeux. Elle incarne l’idéal, mais cette perfection est entachée dès la lettre prologue. La destinée veut qu’elle tende vers le mieux tout en recelant les plus sombres secrets de Civilisation. J’ai d’abord été bercée par la découverte de ces lieux, que l’on fait en compagnie des deux protagonistes, puis je me suis prise d’affection pour cette idée dans les plis et replis de la vaine et inepte quête de nos deux personnages, et enfin j’ai, pour cette terre de papier et d’encre, ressenti une mélancolie tragique lorsque se sont déroulés les derniers événements des marais.
  • Le questionnement diffus et ténu de « l’autre » m’a plu. Il est passé par le biais du racisme primaire des province de Civilisation confronté à la tolérance manifeste en Anasterry. C’est toujours quelque chose de sympathique à rencontrer, même si comme dans tout divertissement, le questionnement est secondaire. Libre est le lecteur de le saisir, de l’apprécier ou de le laisser tomber.
  • L’alternance des chapitres : d’abord un chapitre au temps « présent » où l’on suit l’aventure du duo, puis un chapitre qui se focalise sur un épisode du passé de Renaldo. Et ainsi de suite. Cela ajoute de la profondeur au personnage, ou aux deux personnages quand Thelban est l’objet de ces souvenirs. Cela éclaire l’intrigue. Cela concrétise le combat intérieur de ce fils de baron aux valeurs complètement ébranlées par ses aventures.

Mes points de regret :

  • La fin qui me semble un peu précipitée et abrupte à mon goût, même si je pense que c’est clairement voulu par l’auteur à mesure que le rythme s’accélère. Le fil du récit est souvent lent et alangui en début d’oeuvre, c’est le temps de la paix et des plaisirs, des vaines étourderies… Puis le ton s’aggrave un peu, et le rythme prend peu à peu de la vitesse, puis se précipite vers ce dénouement.  D’ailleurs je pense que le rythme assez lent une majeure partie du roman peut poser problème à certains lecteurs en quête d’action pure et/ou de quêtes épiques.
  • Si j’ai eu la chance d’accrocher au duo de héros, rendant ma lecture fort agréable, il n’en est pas de même pour certains personnages secondaires qui m’ont souvent irritée et que je n’ai pas nécessairement appréciés. Constance est pour moi le pire d’entre eux… je ne saurais dire exactement ce qui m’a agacé chez elle, mais je n’ai pas vu en elle le personnage féminin fort et éclairé qu’a voulu en faire l’auteur, je pense. Elle est un étrange mélange entre Renaldo et Thelban, elle est l’étrange quête de ces deux personnages, elle est le masque d’Anasterry tout en n’en sachant pas grand chose… Elle m’agace…
    En ce qui concerne les autres personnages, c’est souvent un mélange entre manque de profondeur et manque de poids dans l’intrigue et les événements qui m’a irritée. De fait c’est un roman assez court et qui déploie un personnel narratif très important !

Mes points de regret ne m’empêche pas d’avoir passé un très bon moment ! C’est une lecture que j’ai appréciée et j’en garderai assurément cette empreinte de fraîcheur et de plaisir.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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Un commentaire pour Anasterry – de Isabelle Bauthian

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