Cinquante nuances, la Trilogie – de E.L. James

Cinquante nuances, la Trilogie, de E.L. James

Tome 1 : Cinquante nuances de Grey
Tome 2 : Cinquante nuances plus sombres
Tome 3 : Cinquante nuances plus claires

Oui je vais oser vous parler de cette trilogie… Oui je l’ai lue. Oui je l’ai appréciée. Et non je ne crois plus en tout ce que ses détracteurs ont bien voulu en dire : je comprends ce qu’ils reprochent à ces livres, mais j’ai fait une lecture plaisante et intéressante… et c’est de cela dont j’aimerais vous parler…

De quoi ça parle ?

Il s’agit de la naissance des sentiments entre deux personnages, Christian Grey, l’inaccessible apollon de la finance en apparence, et Anastasia Steele, une jeune diplômée qui ne se sent ni belle ni intéressante en ce bas monde. Tout commence par une attirance physique et sexuelle qui naît au détour d’une interview et au fil de hasards provoqués par les personnages… Mais cette « simple » attirance se complique rapidement au fur et à mesure que les personnalités se dévoilent, s’avouent leurs failles et leur désir plus sentimental et moins désintéressé… Et dès que le cœur s’en mêle, le heurt entre l’univers de la jeune femme et de son ténébreux amant devient tout l’enjeu de leur relation et de leur avenir possible ou non ensemble.

La lecture est facile, rapide et accessible… Le rythme du récit liant les trois tomes est assez égal dans les deux premiers volets, avec un petit essoufflement au cours du troisième qui peut sembler beaucoup plus long à démarrer et à lire. Le style est efficace, sans être ni détestable ni exceptionnel. La narration fonctionne sur la redondance de procédés et d’images qui fonctionnent bien pour parler de son héroïne, Anastasia.

Avis personnel :

Tous les déçus de la série Cinquante nuances l’ont été pour quelles raisons exactement ? Que cherchaient-ils en ouvrant ces pages et qu’ont-ils trouvé qui leur a vraiment déplu ? Si je me rapporte aux « on-dit » qui m’ont tenue éloignée de ces livres un bon moment, je parlerais de l’histoire d’amour dite « malsaine » et des scènes de sexe dites « décevantes ». Et en disant cela je ne fais que rapporter des propos de tiers que l’on peut trouver en grand nombre…

J’en serais restée à mes a priori si l’on ne m’avait pas invitée à lire ces pages. Un Ami m’a donné envie de le faire, non pas seulement pour l’histoire… peu importe le point de vue que l’on adopte, que l’on y voit une histoire de sexe ou d’amour… mais pour la psychologie des personnages et la manière dont on peut l’interpréter. Je ne prétends pas avoir vu tout ce que cet Ami y voit personnellement, mais je peux au moins être certaine de parler de ce que moi je pense y avoir vu, avec toute la subjectivité que recèle une interprétation de ce type.

Même si cet avis peut déplaire aux détracteurs de ces romans, j’ai apprécié cette lecture psychologique, je ne me suis pas ennuyée, et j’ai même envie de dire que je me suis amusée et que j’en garderai un bon souvenir.

Bien sûr, ne nous en cachons pas, l’histoire d’amour entre les deux personnages, Christian et Anastasia, est complètement farfelue et fantasmagorique sur bien des points. Notons d’abord la rapidité avec laquelle s’enchaîne leur rencontre, leur engagement et ce qui s’ensuit… A ce côté irréaliste, le caractère impossible du personnage qu’accepte la jeune femme par la seule force de son amour… Mais si on extrapole et qu’on interprète tout cela ? Qu’est-ce que cela donne, en dehors des critiques habituelles auxquelles je me serais peut-être arrêtée également sans l’invitation de mon Ami à avoir une lecture plus interprétative ?

Le couple Anastasia-Christian est le théâtre d’un ensemble de situations et d’agissements qui peuvent illustrer une facette du cours des relations entre hommes et femmes… Même si on n’est pas tous des adeptes BDSM ou des  multi-milliardaires bien sûr… Mais nous sommes tous des individus avec un lot de sentiments et de ressentis… Certaines personnes peuvent nous sembler inaccessibles, et parfaites, comme Christian aux yeux du monde et de la jeune femme… sans pour autant qu’elles soient réellement dépourvues de défauts. C’est souvent dans les grandeurs que se cachent d’immenses failles et se limiter à l’apparence est une énorme erreur. Pour le coup, tout le monde connait et voit la figure de Christian, célèbre patron. Mais seule Anastasia après avoir conquis son coeur, ou ses proches, savent plus ou moins quels tourments et quels démons font qu’il n’est en vérité qu’un être humain comme un autre, un être plus fragile que puissant, plus blessé que sûr de lui, et plus effrayé que maître de son univers. De même, son envie et son besoin de contrôle absolu, qui sont traduits par son entreprise et ses pratiques sexuelles particulières, ne sont qu’un moyen de combler les failles qui lézardent son être en dessous de sa carapace… Face à lui, on trouve Anastasia, grandie du sentiment Amoureux. Elle fait reculer cette incarnation du contrôle… Elle, la figure plus faible, plus terne, prend l’avantage et gagne le-dit contrôle. Sa clef, ce sont les sentiments… et certainement pas le sexe même si ce dernier est une composante majeure du ciment liant les deux personnages. C’est d’abord une relation de chair mais elle ne se limite pas à cela. Anastasia n’est pas un objet, c’est une femme, et une femme qui parvient à se faire aimer de Christian. Dès lors, je perçois les trois romans comme la longue reddition de cet homme face à une réalité et des perspectives qu’il n’envisageait même pas avant de la rencontrer, elle, son coup de foudre. De la négociation du contrat de maître, à leur mariage en passant par leur enfant, c’est elle qui prend constamment le pouvoir sur lui, et lui qui apprend à goûter à cette manière de vivre, à savourer leur relation… Il apprend à vivre avec elle, et elle apprend à trouver sa place auprès de lui.

Voilà pour ce que j’en retire essentiellement et globalement. Je me contenterais de me remémorer pêle-mêle un ensemble de petits détails sur lesquels je pourrais m’arrêter également et qui contribuent à interroger nos ressentis à travers le prisme fantasmagorique du duo, des petits riens, des petites choses qui font ou ne font pas un couple, laissant à chacun le libre choix d’y trouver des exemples ou des contre-exemples. De ces petits riens qui parsèment le roman, en voici l’essaim des questions : Quelles limites séparent réellement le Sexe et l’Amour ? Quelles formes prend ou ne prend pas le sexe  quand il est fait par amour ? Pourquoi est-ce si difficile de passer aux aveux des sentiments ? Qu’est-ce qui fait réellement l’alchimie d’une rencontre et de l’attachement, au-delà de la question du physique ? Comment composer avec l’instinct et le désir contre la raison et la patience ? La jalousie, sous une forme ténue ou même sous la forme d’une possession invasive, est-elle une bonne chose ? Le passé est-il forcément un secret ? Doit-on être soi-même ou changer pour plaire à l’autre ? L’Amour est-il un remède à nos failles et nos folies ? Y a-t-il quelque chose de plus doux et de plus puissant que de se sentir aimé et désiré ? Y a-t-il plus belle magie que celle des premières fois ? L’Amour et la confiance peuvent-ils venir à bout des interdits et des épreuves ?

Reste un dernier point à aborder… le caractère érotique du roman et les scènes de sexe… Sont-elles décevantes comme le clament beaucoup de monde ? Sont-elles au contraire transcendantes ? Y a-t-il véritable une réponse à cette question ? Cela dépend, je pense, de la sensibilité de chacun, des attentes des lecteurs. Pour ma part, si je n’ai pas adhéré à certaines scènes de plaisir charnel, je ne m’en suis pas offusquée.  De même, puisque j’ai choisi de voir dans ces livres la reddition de Christian face à son passé d’adepte SM, je ne me suis pas non plus offusquée du manque de rigueur dans les scènes s’y apparentant, puisque notre Anastasia n’est pas sa soumise mais la femme qu’il aime. Pour le reste, je garderai pour moi ce qui a pu me plaire, me parler ou non, car je ne pense pas que ce blog soit le lieu où lister mes intérêts érotiques…

« Comme Icare trop près du soleil… » il n’empêche que le « charme » et « l’ensorcellement » peuvent être réels… Et j’apprécie la place qu’occupe la musique dans tout cet enchantement…

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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Un commentaire pour Cinquante nuances, la Trilogie – de E.L. James

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