La Citadelle des Ombres – Tome 1 – de Robin Hobb

Vous avez peut-être déjà croisé le nom de Robin Hobb sur ce blog avec mes avis sur Les Cités des Anciens que j’ai lues il y a quelques temps déjà. On attaque une autre partie de son oeuvre avec un gros morceau La Citadelle des Ombres. Cette saga est parfois aussi publiée sous l’appellation L’Assassin Royal. Elle a aussi connu de multiples découpages en tomes chez nos amis de Pygmalion. Mais passons, cette série est ancienne et désormais facilement trouvable sous formes d’intégrales comme le tome 1 de la Citadelle des Ombres. Je suis donc une lectrice tardive de cette oeuvre qui m’opposé son défi de lecture.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, commençons par son intégration dans l’univers de l’auteure. En effet, les différentes sagas de Robin Hobb ne sont pas isolées totalement les unes des autres. Ainsi les Six-Duchés, cadre des aventures de Fitz, sont un royaume situé à l’est des états de Chalcèdes, et à de nombreuses reprises on évoque Terrilville, le Désert des Pluies et… les Anciens. Ce dernier point m’a particulièrement perturbée. En effet, (ATTENTION SPOILER) dans les Cités des Anciens, on assiste à la résurrection des anciens avec la nouvelle génération de dragons et leurs soigneurs, une fois tout ce beau monde arrivé à Kelsingra… Mais dans La Citadelle des Ombres, on parle d’eux comme des mythes, des alliés anciens et désormais perdus, à tel point que partir à leur recherche est une folie… Donc ? Quelle est la question qui m’a taraudée ? Quel récit vient avant qui ? Et attention accrochez-vous… Si j’ai commencé par les Cités des Anciens, j’ai commencé par la fin… Si vous voulez savourer l’oeuvre de Robin Hobb dans le bon ordre il faut lire les livres selon la chronologie suivante – d’après notre ami à tous, wikipedia :

  • La Citadelle des Ombres, tome 1 et tome 2 (ou l’Assassion Royal, Intégrale de la Première époque)
  • Les Aventuriers de la mer 
  • La Citadelle des Ombres, tome 3 et tome 4 (ou l’Assassin Royal, Intégrale de la Deuxième époque)
  • Les Cités des Anciens
  • Et enfin le nouveau cycle sur le Fou et l’Assassin en cours de parution.

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Quatrième de couverture :

Au royaume des Six-Duchés, dans l’inquiétant décor d’une forteresse battue par les vents et les flots, Fitz, un jeune garçon issu d’une lignée royale, fait à la cour le rude apprentissage de la vie.
Un maître d’écurie, étrange et bourru, lui prodigue conseils et affection ; un vieux sage, isolé au sommet d’une tour, le forme à la délicate perception du Bien et du Mal ; des molosses qui l’ont adopté lui apportent réconfort et protection.
Commence alors pour le jeune homme un long voyage initiatique semé d’embûches et de trahisons. Un voyage au bout de l’angoisse, de l’amour, de la désespérance. Confronté aux cruelles exigences de la loyauté, existe-t-il pour lui une autre voie que celle du sacrifice ?

Avis personnel :

Malgré la déception initiale que m’a causée la révélation de la chronologie logique, je ne suis pas mécontente, au terme de la lecture, de ne pas avoir commencé par ce morceau là pour découvrir Robin Hobb… Souvenez-vous – saut dans le temps (ou dans les articles) – je suis ressortie très enthousiaste de la lecture des Cités des Anciens, j’avais tout loué, les personnages, l’intrigue, le rythme, le style. J’avais clairement adoré et c’était sans ambiguïté. Aujourd’hui je ne peux pas être aussi positive en parlant de la Citadelle des Ombres. Si c’est une oeuvre de qualité sur de multiples points, il y a des aspects qui m’ont freinée dans mon plaisir de lecture et je vais essayer de présenter ce ressenti partagé. Je précise que c’est mon avis personnel et que vous pouvez ne pas être d’accord, dans ce cas les commentaires sont là pour vous.

Prenons d’abord les bons côtés :

  • Les personnages sont attachants… La reine qui va épouser Vérité, Vérité lui-même, le Fou, Patience, Burrick… Fitz aussi dans une moindre mesure même si on a envie de lui donner des baffes à plusieurs reprises ! Des personnages attachants c’est le minimum syndical pour apprécier une oeuvre. Et là on peut souligner l’existence d’un personnage totalement perfide et néfaste en la personne de Royal qui donne envie de suivre l’histoire rien que pour voir si les autres vont pouvoir se débarrasser de lui.
  • Le système de magie avec l’opposition forte entre l’Art et le Vif, et le fait que notre personnage principal soit le siège de ces deux domaines, l’un lui étant interdit, l’autre lui étant traître… C’est assez sympathique. Soulignons également que la magie en tant que telle est plutôt rare, et c’est d’ailleurs pour cela que les Anciens appartiennent au domaine des fables dans la conscience collective des Six-Duchés.
  • Un amas de tensions politiques, de dilemmes, d’alliances, de diplomaties dans un royaume composé de six entités territoriales au caractère fort. Un ensemble qui devient totalement explosif lorsque Fitz peut y agir… lorsque la menace des Pirates rouges devient tangible… et lorsque le pouvoir commence à vaciller et à devenir la proie de certains rapaces.
  • Le style de l’auteur est ample et clair. J’ai envie de dire… littéraire. Du coup c’est beau à lire et très immersif.
  • Le dénouement est surprenant et de ce fait… intéressant !

Tout cela est bel et bien plaisant et je retiendrai ces éléments dans mon souvenir de lecture… Alors où est-ce que ça coince ? J’ai eu du mal avec le caractère massif de cette oeuvre. Et quand je dis massif je pèse mes mots. C’est un beau pavé (ouais, 1000 pages !) et un pavé bien lourd… Je m’explique, ce style, si beau, si ample, si littéraire est mis au service d’un récit de vie. C’est la vie de Fitz, du moment où son manant de grand-père ramène le bâtard de sa paysanne de fille aux nobliaux qui l’ont engendré. Fitz devient donc le bâtard de la cour du Roi Subtil, son autre et royal grand-père, l’indésiré que Chevalerie a abandonné à sa mère, puis à la Cour, l’indésiré qui ne doit pas se montrer trop menaçant dans la ligne de succession sous peine d’être éliminé par les aspirants au trône, l’indésiré qui doit devenir l’assassin du Roi pour mériter sa protection, mais en retour commettre des actes qui sont parfois contre ses désirs et aspirations personnels… Vous l’avez donc compris… c’est long ! Car tout est détaillé… Chaque étape, chaque état d’âme… C’est très intéressant pour la construction du personnage, c’est très intéressant dans l’ébauche de l’univers, c’est très intéressant dans le fait que le lecteur entre complètement en compagnie du personnage… d’un seul personnage… Mais j’avoue m’être parfois ennuyée, m’être souvent demandé « Quand est-ce que ça commence ? C’est long là ! »… Mais en fait ça commence dès la première page… C’est juste qu’on n’a pas vraiment de but… Notre héros grandit, on le regarde grandir et se former. Notre héros est la main des personnages décisionnaires, il n’agit donc qu’en tant qu’instrument au moment où les Pirates Rouges déclarent la guerre aux Six Duchés, et autres événements clefs que je tairai. Notre héros est le seul personnage que l’on suit, il concentre donc la narration de 100% du roman. Et quand tout est en inertie (même s’il se passe des choses par ailleurs, mais moi je veux parler de moments clefs, de moments d’actions) ça m’a semblé bien long… C’est pour cela que j’ai mis plus d’un mois à le lire, y allant par petites doses… Et je pense que cette technique aggrave l’effet de lenteur.

Bien sûr ce n’est pas le premier récit de ce type que j’aborde. On se souviendra que j’adule Kushiel qui suit la même recette narrative, et que j’ai été fascinée par le Nom du Vent, basé sur ce même principe aussi. Mais Kushiel a sa propre énergie, particulière et à ce jour inimitée dans mon horizon et dans mon coeur de lectrice. Le Nom du Vent se rapproche plus du rythme de l’oeuvre de Hobb, mais en m’ayant laissé moins de chagrin… Peut-être que je me lasse aussi tout simplement de cette recette-là ?

Ce sera tout pour cet article. J’entame la suite, je suis tout de même curieuse de savoir ce qui arrive à notre Fitz… Même si je sais que je m’embarque sûrement pour une lecture fastidieuse et lente à suivre. Mais c’est le style choisi par l’auteur, du moins pour ce cycle, et maintenant que je m’y attends, peut-être que ce sera plus supportable.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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Un commentaire pour La Citadelle des Ombres – Tome 1 – de Robin Hobb

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