La Thébaïde – de Racine

La Thébaïde est la première tragédie écrite et proposée à la scène par Jean Racine en 1664. Son sujet est celui d’un mythe grec très célèbre, la querelle fratricide des deux fils maudits d’Oedipe pour le trône de Thèbes.

Personnages :

ÉTÉOCLE : roi de Thèbes, fils d’Oedipe et de Jocaste.
POLYNICE : frère d’Étéocle, fils d’Oedipe et de Jocaste.
JOCASTE : mère de ces deux princes et d’Antigone, mère et ancienne épouse d’Oedipe.
ANTIGONE : sœur d’Étéocle et de Polynice.
CRÉON : oncle des princes et de la princesse.
HÉMON : fils de Créon, amant d’Antigone.
OLYMPE : confidente de Jocaste.
ATTALE : confident de Créon.

Résumé par Actes :

La scène est à Thèbes, dans une salle du palais royal.

Acte I

On apprend qu’Etéocle et Polynice sont en guerre. Il avait été convenu, au moment où Oedipe a abdiqué le trône, qu’ils se partageraient le trône de la façon suivante : chacun régnerait une année. Seulement, Etéocle, au terme de l’échéance refuse de donner sa place.
Jocaste et Antigone tentent de négocier la paix pour éviter un grand malheur. Mais dans l’ombre, Créon semble vouloir que la situation dégénère…

Acte II

Antigone et Hémon discutent ensemble de la possible réconciliation de Etéocle et de Polynice. Mais un Oracle, c’est-à-dire une prédiction divine, condamne le sang de la famille d’Oedipe à connaître une fin tragique.
Malgré cette malédiction, Antigone et Jocaste demandent à Polynice un délai pour négocier la paix. Mais alors qu’il allait accepter, Etéocle rompt la trêve et attaque les troupes de son frère.

Acte III

Le combat est stoppé par le sacrifice de Ménécée, un fils de Créon. Dans sa douleur, ce dernier réclame la paix à Polynice et une entrevue entre les deux frères va avoir lieu. Seulement, une confidence faite entre Créon et Attale révèle que le père en deuil nourrit en secret le combat des deux frères. Il souhaite, pour se venger de la perte de son fils, et pour assouvir son ambition, redoubler d’ardeur et les perdre rapidement tous les deux. Le trône serait alors à lui.

Acte IV

L’affrontement verbal des deux frères va mener à un affrontement physique… Malgré toutes ses supplications de mère, Jocaste les voit partir pour s’affronter. Elle se retire alors pour se donner la mort.

Acte V

Les deux frères, conformément au mythe, s’entre-tuent sur le champ de bataille. Mais ce n’est pas là la pire nouvelle que reçoit Antigone. On lui apprend que son amant, Hémon, est mort en tentant de séparer les deux fratricides.
Créon peut désormais prendre le trône. Il réclame également le coeur d’Antigone. Mais cette dernière quitte la scène pour se suicider. A cette nouvelle Créon expire, terrassé par le désespoir.

Tragédie classique :

 La majeure partie des codes de la tragédie classique sont rassemblés ici :
– La pièce est écrite en Alexandrin, sauf au moment où Antigone se lamente, là on a des stances mais c’est un procédé connu pour laisser la place aux tourments intimes du personnage.
– L’unité de temps est respectée : moins d’une journée.
– L’unité de lieu est respectée : les scènes se passent toutes dans la même salle. Tout ce qui se passe en dehors est rapporté par le récit d’autres personnages. Ce procédé permet également de répondre à la règle de bienséance : les combats et les violences ont lieu en dehors de la scène et seule la force des mots les convoquent dans l’esprit des spectateurs et non sous leur regard.
– La fatalité divine est présente à travers la prédiction de l’Acte II.
– L’intensité tragique va en croissant, atteignant son paroxysme à l’Acte V, après la mort de Jocaste à l’Acte IV, mort qui ouvre la voie à toute la série de déchéances et de trépas. On a bien là un sentiment de ‘terreur et pitié’ face à cette famille rongée par l’ambition des uns et des autres.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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