Cygne Noir – Tome 1 : Fille de l’Orage – de Richelle Mead

Richelle Mead n’est pas un nom d’auteur inconnu sur ce blog. On se souviendra tous de mon enthousiasme inaltéré pour L’Echiquier des Dieux et sa suite, la Couronne de l’Elue. Sans être aussi bon, ce premier tome du cycle Cygne Noir confirme la bonne opinion que j’ai de cette auteure.

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Quatrième de couverture :

Ça, c’est tout moi ! Aucune vie sexuelle pendant des mois, et d’un coup, tous les obsédés de l’Outremonde se mettent à me courir après…

Eugénie Markham est chaman. Dotée de grands pouvoirs, elle exerce un fructueux business en bannissant de notre monde les Faës et autres esprits qui s’y aventurent. Engagée pour retrouver une ado enlevée dans l’Outremonde, Eugénie découvre une prophétie qui met au jour des secrets bien gardés de son passé et lui réservent de très désagréables surprises perspectives d’avenir ! Eugénie à beau manier la baguette avec autant d’assurance que le flingue, il lui faut des alliés pour une telle mission. Elle aura Dorian, un roi Faë séducteur avec un faible pour le bondage, et Kiyo, un magnifique changeforme.

Avis personnel 

La quatrième de couverture vous le confirme, vous avez ici affaire à un roman appartenant au genre de la Bit-lit. Mais je vais effectuer une distinction des romans de Bit-lit selon l’expérience que j’en ai fait. Pour moi il y a trois sortes de Bit-lit. Le premier niveau de romans, pour lesquels on pourrait parler de romans érotiques fantasy avec une légère couche d’intrigue pour donner le change et ne pas ennuyer le lecteur (Les Dragons de l’Eternité). Le deuxième niveau, avec une intrigue plus solidement ancrée et plus intéressante, mais avec encore une composante érotique envahissante – attention je n’ai pas dit désagréable ! (Les Cavaliers de l’Apocalypse). Puis le troisième niveau auquel correspond Cygne Noir : une intrigue passionnante et une composante érotique qui ne semble pas surajoutée ou envahissante.

Vous l’avez donc compris, mon opinion sur la lecture précédente a souffert de la comparaison avec le roman de Richelle Mead, que je place au troisième niveau et non au premier.

Attention, à partir de ce point mes dires seront agrémentés de quelques spoilers malheureusement… Je ne pouvais pas parler des points positifs de ce roman sans argumenter un peu, mais je ne révèle rien de sensible pour autant.

Notre héroïne, Eugénie Markham, alias Odile, alias Cygne Noir est une puissante chamane élevée par son père adoptif. Son occupation principale ? Renvoyer les êtres de l’Outremonde chez eux ou les condamner à l’Inframonde. Forte de caractère, cette jeune femme est intéressante et j’ai pris plaisir à la suivre même si je dois avouer que la première scène, dans le premier chapitre, m’a fait craindre qu’on ait affaire à une tête-brûlée insupportable… En effet, il s’agit d’un combat contre un Kèr, une créature peu sympathique. Dans ce passage on prend la mesure des talents de guerrière chamane dont est dotée l’intéressée. Cette impression subsiste quelques temps… Mais elle s’estompe enfin peu à peu jusqu’à disparaître totalement, au fur et à mesure que la psychologie du personnage est approfondie… Premier point gagnant pour le roman, j’ai apprécié l’héroïne qui doit se débattre avec les implications de ses origines nouvellement découvertes. Fille du Seigneur de l’Orage, mi-humaine, mi-noblaillonne, elle est à la fois ce qu’elle défend et ce qu’elle combat… Sans compter la menace d’une prophétie sur sa potentielle descendance…

Concernant les autres personnages, ils sont appréciables à divers degrés, qu’il s’agisse d’alliés ou d’ennemis. Les antagonistes ne manquent pas, rappelons-le, tous les Noblaillons veulent coucher avec Eugénie pour donner naissance au petit-fils du Seigneur de l’Orage. Mais parmi les antagonistes, il y a Aeson, le Roi de Terre-d’Aulne. On le voit peu mais c’est celui qui a enlevé la jeune Jasmine, la jeune fille que va tenter de sauver Eugénie jusqu’au moment où tombe le couperet d’une révélation sur celle-ci que je tairai bien sûr… au cours d’un combat dont je tairai également l’issue et les conséquences. C’est une figure menaçante, toujours en retrait mais qui ne laisse jamais la possibilité de la paix.
Concernant l’aspect relationnel de l’héroïne avec les deux personnalités masculines qui gravitent autour d’elle (Kiyo et Dorian), le versant de sa relation avec le Kitsune m’agace un peu, mais je trouve que le côté Dorian propose un angle d’approche plus intéressant. En fait j’ai beaucoup aimé ce personnage.

L’univers de ce roman est curieux au premier abord, puis il apparaît plutôt riche et intéressant. On distingue le monde terrestre, royaume des humains duquel les chamans comme Eugénie bannissent les créatures de l’Outremonde qui y font une incursion. L’Outremonde est le Royaume des faes que l’on appelle aussi Sidhes, Etincelants ou Noblaillons. Ils y gouvernent des royaumes de magie pure et possèdent diverses monarchies (Terre-de-Saule, Terre-de-Chêne, etc.). Dans ce monde vivent aussi des créatures surnaturelles (Kitsunes, Nixies, esprits divers, etc.). Le rêve d’une partie des Etincelants est de regagner le royaume terrestre duquel ils ont été bannis il y a fort longtemps… Pour cela la descendance du Seigneur de l’Orage et la Prophétie sont un espoir fort… Sous l’Outremonde existe l’Inframonde, le royaume des Morts dans lequel Eugénie expédie les âmes des créatures qu’elle combat grâce à son lien privilégié avec Perséphone. Elle a pour l’assister le concours de deux autres Déesses, Hécate et Séléné. On comprend que cela est lié à ses pratiques de chamane et n’a rien à voir avec la magie pure des Etincelants.
Ce système des trois mondes, la richesse du bestiaire, l’aspect immersif de cet univers m’ont conquise…

Reste à parler de la plume. On ne peut pas la comparer à celle que j’ai découverte dans l’Echiquier des Dieux. En introduction je vous disais que je trouvais Cygne Noir moins bon. Et c’est le cas malgré tous les points que je dis avoir appréciés ci-dessus. Là où l’Ere des Miracles propose un style classique dans sa narration, à la troisième personne et omniscient, Cygne Noir plonge dans un récit à la première personne et confronte donc le lecteur en vis-à-vis avec la façon de penser de son héroïne. On ne retrouve pas le côté posé de la narration à la troisième personne, mais on plonge dans le fil des pensées d’un personnage, et dans sa personnalité. Ainsi on a une narration vive et donnant l’illusion de la spontanéité, alternant des moments de profondeur avec des moments de style plus léger, humoristique, décomplexé. Ce n’est pas moins bien, mais ce que je cherche à dire c’est que ça donne une toute autre tonalité au roman et question de goût personnel, la narration classique me laisse une impression de plus grande envergure. Après ce style a des conséquences positives : il renforce le lien de sympathie avec le personnage, permet une progression rapide et intense dans le récit, permet une immersion complète dans cette intrigue au rythme effréné.

Pour résumer : J’ai beaucoup aimé cette lecture : l’héroïne m’a convaincue malgré des doutes au début du roman, l’univers est riche et merveilleux, l’intrigue progresse vite et met en place une trajectoire romanesque que j’ai suivie facilement et avec intérêt. Le style décomplexé et immersif n’est pas aussi enlevé qu’une narration classique mais il a ses avantages.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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Un commentaire pour Cygne Noir – Tome 1 : Fille de l’Orage – de Richelle Mead

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