Retrospect 2015 : Mes coups de coeur classiques…

Je vous livre ici mon premier classement pour ce Retrospect 2015, le top 5 de mes lectures classiques !

Mes coups de cœur classiques sont…

Coup de cœur 5
Les Sonnets, de Shakespeare

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Shakespeare est beaucoup plus connu pour son théâtre, notamment pour les incontournables Hamlet et Roméo et Juliette. Mais ce serait occulter une grande part de son art : sa poésie. J’avais beaucoup apprécié Vénus et Adonis, ou même le Viol de Lucrèce, textes versifié magnifique, même par-delà la traduction. La magie a encore opéré avec les Sonnets que j’ai parcourus avec un grand plaisir et qui m’ont laissé un souvenir inoubliable !
Voici deux poèmes, extraits de cette oeuvre, que j’ai beaucoup aimés. Bonne lecture !

Sonnet 55

Ni le marbre ni l’or des plus fiers édifices
Ne survivront mes vers : dans lesquels ta splendeur
Brille de plus d’éclat que ces pierres que souillent
Les marques de ce Temps qui nous insulte.

La guerre dévastatrice peut renverser
Les statues, ou déraciner les murs : mais ni l’épée
De Mars ni la fureur des flammes des pillages
Ne ruineront ce temple de ta mémoire.

Contre ta mort, contre l’oubli hostile
Il te dresse ! Ton éloge aura sens
Même au regard des âges qui fibre à fibre
Déferont l’univers. Avant qu’au Jugement

Tu ne sortes de tombe, c’est dans mes vers
Que tu vivras : dans mes yeux, dans leur feu.

Sonnet 64

Quand je vois l’âpre main du Temps détruire
L’orgueilleuse richesse des siècles morts,
Et de hautaines tours jetées à terre,
Et l’airain éternel la proie de nos fureurs.

Quand je vois l’Océan vorace dévorer
Le royaume des rives, et la terre ferme
Ailleurs, vaincre les eaux, ainsi le gain
S’accroissant d’une perte, ou le contraire.

Eh bien, prenant mesure de tels échanges,
Où il n’est de grandeur qui ne se délabre,
Je suis instruit par ces désastres, je me dis
Que le Temps va me prendre mon ami.

Cette pensée ? Mourir déjà. Et ne pouvoir
Que déplorer d’avoir, craignant de perdre.

Coup de cœur 4
L’Atlantide, de Pierre Benoît

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Un classique qui présente une version bien personnelle du mythe de l’île engloutie. En effet, le royaume perdu existe bel et bien, perdu au cœur du désert et non au cœur de l’océan. Cette oeuvre met en scène un personnage que j’ai trouvé fascinant : Antinéa, la reine de l’Atlantide, une femme aussi envoûtante que cruelle, dans les griffes de laquelle tombent les personnages de l’histoire.
C’est très rapide et facile à lire. Mais ce que je tiens à souligner, c’est le bonheur de découvrir une version alternative du mythe.

Coup de cœur 3
La Dame pâle, de Alexandre Dumas

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Cette nouvelle fantastique se retrouve dans ce classement car elle m’a beaucoup plu. Je me suis laissée entraîner dans cette histoire sans trêve ni ennui. J’ai bien aimé son ambiance, son rythme, son dénouement. Un moment marqué par un plaisir de lecture certain que je tenais à marquer en le faisant entrer dans ce classement.

Coup de cœur 2
Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo

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Un grand classique oui ! Mais ce n’est pas uniquement ce qui motive sa présence en deuxième place dans le classement de mes coups de cœur classiques. C’est avant tout une question de goût personnel, d’affection que j’ai eu pour cette lecture. C’est une fresque des passions humaines qui relate l’histoire de personnages célébrissimes. Mais cette lecture m’a permis de saisir réellement l’essence de ceux-ci, distordant la vision que m’en avaient donné les œuvres dérivées ou bien tout simplement leur réputation. Il faut lire ce livre si ce n’est pas déjà fait, laissez-vous séduire par ce Paris du Moyen Age, laissez-vous emporter par Esmeralda, Frollo, Quasimodo, Gringoire et Phoebus. Et si vous n’aimez pas, vous aurez au moins essayé !

Coup de cœur 1
Vents – Chronique – Chant pour un équinoxe, de Saint-John Perse

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Ceci est ma dernière lecture de 2015… Elle n’est donc pas des moindres puisqu’elle entre dans ce classement, et en première place ! J’ai beaucoup aimé l’écriture de Saint-John Perse malgré le fait qu’elle me semble souvent hermétique. Mais le jeu sur les sons, le jeu sur les mots, le jeu sur les sens, le jeu sur les rythmes… Tout cela m’a séduite et je l’ai lu pour ce plaisir unique. Je n’ai, à ce jour, aucune comparaison dont pourrait souffrir Saint-John Perse sur ce point, même Rimbaud ou Mallarmé souvent obscurs et musicaux dans nombre de leurs textes ne l’égalent pas d’après moi.

Un extrait pour prolonger le plaisir :

Nocturne

Les voici mûrs, ces fruits d’un ombrageux destin. De notre songe issus, de notre sang nourris, et qui hantaient la pourpre de nos nuits, ils sont les fruits du long souci, ils sont les fruits du long désir, ils furent nos plus secrets complices et, souvent proches de l’aveu, nous tiraient à leurs fins hors de l’abîme de nos nuits … Au feu du jour toute faveur ! Les voici mûrs et sous la pourpre, ces fruits d’un impérieux destin. Nous n’y trouvons point notre gré.

Soleil de l’être, trahison ! Où fut la fraude, où fut l’offense ? où fut la faute et fut la tare, et l’erreur quelle est-elle ? Reprendrons-nous le thème à sa naissance ? Revivrons-nous la fièvre et le tourment ?… Majesté de la rose, nous ne sommes point de tes fervents : à plus amer va notre sang, à plus sévère vont nos soins, nos routes sont peu sûres, et la nuit est profonde où s’arrachent nos dieux. Roses canines et ronces noires peuplent pour nous les rives du naufrage.

Les voici mûrissant, ces fruits d’une autre rive. « Soleil de l’être, couvre-moi ! » —parole du transfuge. Et ceux qui l’auront vu passer diront : qui fut cet homme, et quelle, sa demeure ? Allait-il seul au feu du jour montrer la pourpre de ses nuits ?… Soleil de l’être, Prince et Maître ! Nos oeuvres sont éparses, nos tâches sans honneur et nos blés sans moisson : la lieuse de gerbes attend au bas du soir. —Les voici teints de notre sang, ces fruits d’un orageux destin.

À son pas de lieuse de gerbes s’en va la vie sans haine ni rançon.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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