Les Enfants de l’Atlantide – Tome 1 : Le Prince déchu – de Bernard Simonay

Bernard Simonay entre sur ce blog par le biais d’une lecture sympathique : le premier tome de la tétralogie les Enfants de l’Atlantide. Le Prince Déchu pose les bases d’un univers intéressant. Cette principale force est servie par un style fluide et efficace qui permet au lecteur d’avancer rapidement dans l’histoire sans avoir l’impression que ça va trop vite. Un divertissement plaisant en somme, et bien mené.

Quatrième de couverture :

La tribu de Jehn a été réduite en esclavage par une peuplade de démons. Sur les terres de Bretagne, soixante-cinq siècles avant notre ère, le jeune chasseur se lance dans un voyage extraordinaire, semé de périls et de révélations. Détenteur de puissants pouvoirs, il doit découvrir ses origines pour mener à bien sa quête. Que signifie cette tache en forme de trident qu’il porte sur l’épaule ? Aux portes de l’antique cité d’Yshtia, Jehn voit son destin basculer à jamais.

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Avis personnel – Attention spoilers :

Dans ma petite introduction, j’ai cité en premier l’univers du roman comme sa principale force. Pourquoi ? Nous sommes dans ce qui semble être d’abord l’aube de l’humanité. Jehn, le héros, fait partie d’une communauté de cueilleurs et de chasseurs qui vivent dans un clan allié à d’autres clans. Cet embryon de nation s’appelle la Petite Mer. la manière dont l’auteur expose cette enfance de l’humanité est sympathique et intéressante. Ce mode de pensée se heurte au désir régalien du chef qui est censé réguler tout cela de manière communautaire. Jehn se pose alors comme figure maîtresse contre cette oppression naissante. Le premier cœur de l’intrigue est donc dans cet embryon de lutte politique.

Où est la Fantasy dans tout cela ? Chez Jehn évidemment ! Tout ne se limite aux affaires de la Petite Mer qui oscille entre la douceur de la vie en communauté et le désir d’asservissement qui naît dans le cœur de leur chef symbolique. Jehn se découvre rapidement des capacités hors du commun. Il se rend compte qu’il peut entrer dans l’esprit des animaux, comme des Loups et des Chevaux. Par extension, il peut déplacer les objets en s’y amalgamant par la pensée comme il le fait pour les êtres vivants. Il croit longtemps que ce don lui vient de la divinité de la Terre, Gwanea. Mais au fil du récit, Jehn apprend un certain nombre de faits qui relèguent ses pouvoirs à une origine mystérieuse, peut-être divine… en lien avec l’empire de l’Atlantide !

On en arrive donc au contraste des civilisations proposé par l’oeuvre et que je trouve excellent. Si la nation de la Petite Mer représente l’aube de l’humanité, elle ne l’est pas tout à fait. Autrefois il existait de nombreuses cités développées qui savaient naviguer et faire commerce entre elles. Jehn rêve d’ailleurs de cette époque merveilleuse sans comprendre pourquoi tout au long du roman. Au Nord de la Nation de la Petite Mer vit l’un de ses royaumes perdus. Perdu car décadent, témoin de l’agonie d’une civilisation antérieure, ravalant l’histoire à une idée de retour en arrière, de recommencement. Yshtia a perdu sa grandeur passée et beaucoup de ses savoirs ou technologies au fil du temps. Ses habitants disent vivre sous le joug d’une malédiction venue de l’océan qui finira par les engloutir. Jehn est mené à trouvé Yshtia lorsque son village est enlevé par ces voisins dont tous ou presque ignoraient la véritable nature. En effet, ils les prenaient pour des démons, les Khress…
Évoluant dans cette atmosphère décadente et malsaine, Jehn trouve un moyen de parvenir à ses fins : libérer les siens. Il embrasse alors sa véritable nature, celle d’un prince de l’Atlantide comme il le découvrira à la toute fin, grâce à l’intervention de la reine d’une autre cité… Il est en effet l’avatar d’un prince qui a traversé les âges. Il se nomme Astyan et n’a qu’un seul désir, retrouver la femme qui hante ses rêves depuis le début du roman.
Dans cet univers, l’intrigue se développe donc peu à peu sur plusieurs niveaux qui peuvent se superposer : les querelles au sein de la Nation de la Petite Mer, la quête de Jehn pour retrouver les siens, la volonté de sortir Yshtia de son isolement, la fuite d’Yshtia, puis le besoin de découvrir qui il est…

Parlons des personnages. Ils sont plutôt sympathiques dans leur ensemble. Bon, si Jehn semble parfois avoir la raison obscurcie par sa masculinité (vous m’avez comprise bien sûr !) il est agréable à suivre. Volontaire, étonnant, mystérieux, on suit avec plaisir le fil de ses aventures en espérant avoir – tout comme lui – les réponses à ses nombreuses questions quant à son identité. La révélation que l’on a à la fin du tome n’altère en rien l’envie d’en savoir toujours plus et en cela, c’est un cycle prometteur que je continuerai à lire avec plaisir.
Myria est la compagne que Jehn s’est choisi dans son clan, celle pour qui il entreprend le voyage jusqu’à Yshtia dans l’espoir de libérer les siens. En soi elle est donc centrale, mais apparaît très peu en comparaison d’autres personnages. Simple, c’est la figure de la douceur et de l’intuition féminine. Elle a un rôle de révélateur auprès de Jehn et lui ouvre les yeux sur sa nature innée de chef par exemple. Son destin – tragique – met le point final aux événements d’Yshtia avec un soupçon d’horreur parfaitement employé.
La princesse du domaine d’Yshtia et son frère sont les symboles de la décadence de cette civilisation antérieure à la Petite Mer. Leur cruauté signe leur perte. Et si la perversité de ces personnages semble facile et archétypale parfois, elle n’en reste pas moins logique dans l’organisation de l’oeuvre et ne crée pas un effet de ‘trop’. Ils contrebalancent la figure du roi faible et dépassé qu’est leur père.
Reste Callisto en figure principale, la reine de l’île de feu et de glace qui révèle à Jehn qui il est vraiment quand ils ont quitté Yshtia et rejoint son domaine… Elle est fascinante mais j’ai bien peur que son rôle s’achève avec ce tome 1… J’espère que ce n’est qu’une crainte, j’ai comme l’impression qu’elle avait bien plus de potentiel que cela.

Pour résumer mon avis sur cette oeuvre : C’est une oeuvre facile à lire, dotée d’un univers fascinant qui révèle peu à peu son étendue, détrompant la vision étroite que l’on en a en début d’oeuvre, à l’image du personnage principal, Jehn. On suit ce dernier avec plaisir, et cela est aussi un point positif !

Une petite info : cette tétralogie est en cours de réédition chez Folio SF. Voici la couverture qui a été choisie à cette occasion :

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Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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