L’Atlantide – de Pierre Benoit

L’Atlantide de Pierre Benoit m’a été recommandée par un ami. J’ai donc essayé, et je ne l’ai pas du tout regretté ! Cette oeuvre s’apprécie d’abord pour son contenu fascinant, mais elle peut l’être aussi pour son âge… Datant de 1919, c’est certainement un beau fossile de ce qui sera la Fantasy – ou du moins le genre de l’imaginaire – si je peux m’exprimer ainsi.

albin-atlantide1919

Résumé :

C’est le récit d’un homme dont le destin ne lui appartient plus. Il en fait la confession à un subalterne, relatant des faits que personne n’a jamais entendu, des faits qui éclairent le meurtre supposé d’un dénommé Morhange.

En plein Sahara, le capitaine de Saint-Avis et Morhange ont été capturés par Antinéa, la reine de l’Atlantide… Ils sont ses captifs, condamnés à mourir d’amour pour cette reine qui a juré de se venger des passions volages qui ont brisé le coeur à d’autres reines (pensez à l’histoire de Didon et d’Enée par exemple). Mais si Morhange plonge dans sa tombe d’orichalque, Saint-Avis se débattra entre les griffe de son sort.

Avis personnel :

Je l’ai dit, c’est curieux de lire cette oeuvre qui peut sembler ancienne. Le style transmet d’ailleurs cette écriture « d’avant » avec un certain nombre de tournures et une manière de rythmer le récit qui ont vieilli. Mais ce n’en est pas moins agréable… Au fond cela fait beaucoup plus littéraire que ce dont on peut avoir l’habitude. C’est donc plaisant.

Que dire du fond ? L’interprétation du mythe Atlante et de sa relation avec le désert est un point fort de l’ouvrage. On sait par le titre que l’on va être confronté au mythe, mais l’action se déroule en plein désert. Le mystère est entier et lorsque je suis arrivée enfin à la compréhension de cette situation, je me suis sentie adhérer immédiatement à cette idée.

Le charme de cette interprétation est appuyée par l’exotisme de la cité, et surtout la personnalité de la reine, Antinéa. Personnage féminin voilé de mystère et de grandeur, elle semble presque irréelle, désincarnée, surnaturelle. L’auteur a pris soin de mettre autant de distance entre le lecteur et elle que doit en ressentir le personnage, longtemps écarté de ses aspirations par la présence de Morhange. Je retiendrai ce personnage à coup sûr.

Le récit fonctionne donc sur la mise en captivité de Saint-Avis et de Morhange, puis sur le passage dans la fabuleuse cité Atlante et sa crypte d’orichalque, pour en venir à la tentative d’évasion de Saint-Avis après le meurtre Morhange. Tout cela est raconté par Saint-Avis à une tierce personne qui ne connaît pas l’histoire. Nous sommes donc comme ce personnage, à découvrir, à s’étonner et à adhérer. L’oeuvre est une mise en abyme de son propre récit. Cette confession, ce témoignage tire sa force de cette construction. Elle n’est certes pas neuve, mais elle est bien orchestrée, jusqu’au point final qui achève le cercle en bonne et due forme, laissant au lecteur l’impression de savoir ce qui va se produire, tout en n’en ayant pas la certitude.

Un très bon moment, une agréable curiosité dans les bras d’un mythe fascinant.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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4 commentaires pour L’Atlantide – de Pierre Benoit

  1. valdomir dit :

    Bonjour,
    Puisque nous sommes en plein passé de la fantaisie et de la sf, une nouvelle que j’avais trouvée sympa à l’époque: la mort de la terre de Rosny ainé (la guerre du feu etc.) né en 1856. Je ne l’ai pas relue depuis longtemps mais à l’époque, elle m’avait plu.
    valdo

    • Je viens de la terminer… Elle est terrible… Je trouve… Non pas terrible au sens de mauvaise, loin de là ! Terrible au sens de foudroyante, perturbante. Son sens est terrible, son intrigue terrible, son dénouement terrible.
      Il va me falloir quelques temps pour décanter cette lecture je crois.

      Merci pour ce partage !

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