Le Prince Captif – Tome 1 : L’esclave – C.S. Pacat

Bien qu’éditée par Milady, cette lecture finit dans la toute nouvelle rubrique « Bric-à-brac » parce que ce n’est ni de la Fantasy, ni de la SF, ni de la littérature de jeunesse, ni de la littérature classique. Le Prince Captif est classé génériquement en romance. Mais qu’est-ce que c’est, plus concrètement ? Dans un monde médiéval on voit se dérouler une intrigue sur fond géopolitique. Le prince d’Akielos, Damen, est renversé par son demi-frère Kastor et envoyé comme esclave dans le royaume de leur ennemi héréditaire : Vère. Pourquoi l’étiquette « romance » ? Parce que la trame politique existe mais est devancée par l’évocation de la sexualité, des moeurs de la cour de Vère, et des sentiments du personnage de Damen à l’égard de tout ceci…

Le roman est une mise en place sur 300 pages de ce que nous décrit la quatrième de couverture :
Il devait être roi, il est devenu esclave.
Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d’Akielos. Mais lorsque son demi-frère s’empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave de plaisirs au prince d’un royaume ennemi. Beau, manipulateur et mortellement dangereux, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à Vère. Mais dans la toile mortelle de la politique vérétienne, les apparences sont trompeuses. Pris dans les manigances de la cour, Damen doit s’allier à Laurent pour sa survie et celle de son royaume. Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l’homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr…

Que penser d’une quatrième de couverture alléchante mais qui révèle l’intégralité de l’oeuvre ? Là n’est pas le propos mais je suis assez déroutée par cette pratique.

La situation de Damen se fixe rapidement et de manière efficace. Mais, ensuite, les péripéties qu’il vit en tant qu’esclave du prince de Vère, Laurent – bien qu’intéressantes – ne font pas revenir assez rapidement au premier plan l’intérêt politique de l’intrigue… Il se passe des choses mais je me suis demandée si elles n’étaient pas qu’un prétexte pour faire étalage des moeurs débridées de la Cour du Royaume de Vère, une manière de montrer différentes version de l’esclavage sexuel que subissent Damen et ses pairs auprès des courtisans. En effet, un schisme culturel existe entre Akielos et Vère. Les deux nations pratiquent l’esclavage mais de manières différentes. En Akielos l’esclavage est censé être empreint d’une marque de respect, alors qu’à Vère les esclaves ne sont que les moyens de satisfaire les besoins du corps. Et j’ai souvent eu l’impression que la situation de Damen n’était qu’un moyen de mettre en avant les besoins lubriques des êtres humains qui l’entourent dans la fiction. A signaler ici, certaines scènes réservent ce livre à un public averti et adulte.

Cette sensation n’a cependant pas gâché ma lecture. Les chapitres se lisent facilement et vite. J’ai suivi le personnage en me demandant ce qu’il allait devenir, si on allait découvrir qui il est vraiment à la Cour de Vère, si un lien allait se matérialiser entre lui et son maître, le prince Laurent. Ce qui fait lire ce livre, c’est le divertissement qui s’opère dans le récit et les enjeux progressifs qui s’installent (à défaut d’un enjeu majeur prédéfini qui guide le fil de l’histoire) : exploitation des moeurs et des pratiques sexuelles à Vère, réaction du personnage, tentatives d’évasion ou bien d’acceptation qui finissent (enfin !) par le plonger dans les intrigues politiques. La thématique de la captivité de Damen ouvre des possibles et ce sont ces possibles que l’on souhaite découvrir en tournant les pages de ce premier tome. Vous l’avez compris, j’ai été nettement soulagée de me retrouver face au noeud politique de l’oeuvre quand Damen apprend ce qui menace Laurent et qu’il se résout à faire quelque chose pour son maître – et ses terres d’origines, accessoirement. Cela promet nettement quelque chose de plus substantiel pour la suite.

Il me tarde donc d’attaquer le tome 2 afin de voir si le prince captif entre dans la lignée des romans qui mêlent érotisme et récit d’aventure captivant, ou bien pour me heurter à la déception de tenir entre mes mains un prétexte à l’exposé d’un certain nombre de fantasmes dont je ne jugerais pas ici le bien fondé… Alors, avis à venir ? Simple divertissement ou bon divertissement ?

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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