Tous malades – Un recueil de sales poèmes – de Neil Gaiman et Stephen Jones

Le titre du recueil annonce à lui seul la couleur de ce qu’on va pouvoir trouver à l’intérieur. Tous malades – Un recueil de sales poèmes évoque tout un programme qui s’illustrera par le foisonnement de poèmes ancrés sur un humour noir, sadique et décalé. Ce livre sait, par cela, se rendre unique et déroutant. S’il a su parfois me faire rire, je crains néanmoins être restée hermétique à certains de ces poèmes malgré le soin qui leur a été apporté au moment de la traduction et la cohérence générale du projet.

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Quatrième de couverture :

Neil Gaiman et Stephen Jones ont réuni dans cet ouvrage exceptionnel une trentaine de poèmes humoristiques et effrayants par les plus grands maîtres de l’horreur, de la Fantasy et SF anglo-saxonne. Dans la plus grande tradition des comptines d’enfants, ces auteurs s’en donnent à coeur joie, et vous livrent leurs créations les plus macabres dans l’espoir de vous faire rire.

Si à des enfants vous aviez pensé
Que ce livre était en fait destiné
Veuillez nous en excuser platement
Et refermez-le immédiatement !
Ne prenez pas ceci comme une insulte,
Lorsqu’on vous dit : Réservé aux adultes !

Avis personnel :

Comme je l’évoquais dans l’introduction de cet article, cet ouvrage a su me faire rire à certains moments et m’a complètement déroutée à d’autres. Cela est certainement dû à la nature du projet et à mes goûts personnels.

Parlons d’abord du projet en lui-même, extrêmement bien défini dans le titre et la quatrième de couverture. Ce sont donc de sales poèmes qui jouent sur la tradition de la comptine pour enfant pour produire en ensemble de pièces macabres visant à faire rire un public adulte.
La forme de la comptine se ressent aisément dans les pièces qui parsèment le recueil. La traduction parvient à transmettre un rythme enfantin dans nombre de pièces, avec des vers cours, des répétitions qui jouent comme des refrains en apparence innocents. Le vocabulaire manifeste aussi ce côté enfantin, avec tous les jeux de langage et de coupures de mots qui se rapportent à une manière de parler familière et spontanée dans des chants d’enfants. Cela est également appuyé par les nombreuses illustrations qui parviennent à marier l’horreur et l’humour de façon subtile.
L’humour noir est le meilleur terme que l’on peut accoler à l’impression qui se dégage du recueil. Il est souvent macabre, mettant en avant les thèmes de la mort et de la souffrance. Il est parfois scatophile en abordant des thèmes touchant aux substances corporelles et aux déchets y attenants. L’arrière plan est toujours cruel, alliant le rire à la noirceur et à des situations qui ne prêtent normalement pas à rire : meurtre, viol, mort…
En somme les auteurs de ce recueil mènent un jeu déviant sur les normes et les frontières du rire. Ils manifestent l’envie de déverrouiller les contours de l’humour à des territoires de l’horreurs qui sont censés glacer l’âme. Pour cela c’est un projet étonnant, extraordinaire même qui mérite d’être parcouru.

Extraits :

 Introduction

Cher enfant, puissent nos comptines
Te fair’ joyeus’ment rigoler.
Qu’elles te donnent bonne mine
Sans jamais te traumatiser
Ni te rendre blême ou hagard
Ni peupler tes nuits de cauch’mars.

Nous serions vraiment désolés
Si ces récits abominables
Flinguaient ton cerveau à jamais !
Vois-tu, ce ne sont que des fables…

Les sorcières, les morts-vivants,
Les clowns-tueurs et les vampires
N’existent pas, c’est évident !
Non rien n’est vrai, dans ces délires.

Cependant, avant de les lire,
Un petit conseil : sois prudent !

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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