Le Pacte du Hob – de Patricia Briggs

J’ai retrouvé dans ce tome, intitulé Le Pacte du Hob, les éléments qui m’avaient fait apprécier cette auteure l’an dernier : un one-shot divertissant, une héroïne sympathique et un univers assez riche pour rendre singulière une intrigue au schéma canonique dans le genre.

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Quatrième de couverture :

Haïe et redoutée, la magie avait disparu du pays. Libérée des sortilèges des mages de sang, elle revient à présent. Aren sent croître son pouvoir : la « vue », qui lui révèle des instants du passé comme d’obscurs éclats de l’avenir. Peut-elle s’en servir au profit de son village menacé par les maraudeurs qui ont tué son mari ? Le peuple sauvage, fées, farfadets, spectres et gobelins, qui se manifeste à nouveau, peut-il lui venir en aide ? Et, surtout, est-ce une bonne idée de signer le pacte du hob de la montagne en échange de son soutien ?

Ce que j’ai aimé…

Le personnage principal, une femme nommée Aren, nous livre son récit à la première personne. Elle devient très vite agréable et complice. Je l’ai suivie avec plaisir. C’est un personnage bien construit, sa psychologie tient la route et l’action n’est pas biaisée d’actes incohérents avec elle-même. J’avoue que j’ai également aimé son don, sa « vue » et sa médiumnité, qui sans être innovants se sont montrés assez originaux pour enrichir le récit.

J’ai beaucoup aimé le Hob également. C’est un personnage à dessein complexe qui m’a souvent fait sourire. On s’y attache facilement et il dynamise le récit. C’est lui qui fait avancer notre héroïne.

Il y a beaucoup de choses à dire sur l’univers.
J’ai  apprécié le côté folklorique du roman. L’auteure convoque des éléments surnaturels que l’on peut qualifier de folkloriques : des fées, des hobs, des gobelins, des spectres, etc. Le petit peuple comme on l’appelle en général et qui, au final, n’apparaît pas toujours sous cette forme pastorale et ancestrale.
J’ai beaucoup aimé la restriction géographique dans laquelle se déroule l’intrigue. Pour une fois il ne s’agit pas d’une quête au bout d’un long voyage. Si notre héroïne n’est pas statique – elle se déplace beaucoup – elle reste dans l’espace isolé que représente sa vallée et les monts alentours depuis que les cols ont été bloqués par un séisme. Le bouleversement magique a provoqué cette catastrophe. Dans cet espace restreint, les villageois doivent affronter les maraudeurs qui viennent tuer et piller après la catastrophe. Les puissances séculaires qui s’éveillent entrent en conflit avec les valeurs et les idéologies des villageois. Ces affrontements, l’un sur le plan physique, l’autre sur le plan moral, articulent toute l’intrigue. C’est un choix qui m’a plu et j’ai suivi le récit avec satisfaction.

J’ai aussi apprécié le côté original donné à une intrigue qui semble canonique. Notre héroïne se retrouve avec le devoir de sauver les siens du danger d’invasion et d’un mage fou. Ce qui rend tout cela original, c’est le croisement de la personnalité de notre héroïne et de l’univers folklorique particulier à ce roman.

Je tiens à souligner également le souci de construction du roman. L’auteur l’a appuyé sur l’idée de cycle. Elle a tenu à développer un cycle entier partagé entre les différentes parties de son roman. L’on commence par la fin de l’hiver, puis le printemps, puis l’été et enfin l’automne. Les semailles et les récoltes sont le point d’ancrage distillant le passage du temps. Le côté rustique et rurale de l’environnement est un facteur qui assoit d’autant plus le caractère folklorique des éléments surnaturels du roman.

Ce que j’ai moins aimé…

J’ai beaucoup moins accroché à certains personnages secondaires tel que Kitt. Pourquoi ? J’ai trouvé son mystère trop pesant et le personnage n’était pas assez présent ou précis pour que je m’y attache. Pour justifier les motivations personnelles de l’héroïne il est parfait, mais je ne vois pas de plus, rien pour me toucher réellement. Il est peut-être simplement trop classique.

Oserai-je dire que c’est trop court ? J’ai éprouvé énormément de plaisir au cours de cette lecture et j’ai donc été attristée de ne pas avoir pu la prolonger. Néanmoins, si je n’ai pas aimé finir si vite, il ne faut pas le prendre comme un défaut. Le roman reste parfaitement calibré… Il se suffit à lui même pour être un bon divertissement.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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Un commentaire pour Le Pacte du Hob – de Patricia Briggs

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