Le lai de Leithian – de J.R.R. Tolkien

Le lai de Leithian est un long poème inachevé de 14 chants qui relate une histoire centrale dans l’archéologie de la Terre du Milieu : l’histoire d’amour entre le mortel Beren et l’Elfe Leithian. On trouve ce poème dans le recueil les Lais du Beleriand, après le Lai des Enfants de Hurin et les Poèmes tôt abandonnés. Il est suivi du Nouveau lai de Leithian, une autre version, plus courte – et aussi inachevée – du poème.

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Le caractère archéologique de l’oeuvre…

Je n’ai pas lu cette oeuvre pour son caractère archéologique, parce que je n’ai ni lu le Conte de Tinuviel auquel le fils de Tolkien fait référence dans les commentaires, ni le morceau du Silmarillion qui s’y rapporte. Je reviendrai certainement à la richesse des commentaires et des variantes proposés par l’édition de ce texte au moment d’aborder ce récit dans le Silmarillion.

Pourquoi ai-je donc lu cette oeuvre ? Pour le plaisir du récit et la beauté du poème.

Avis sur le lai en lui-même…

Un lai est une forme poétique issue du Moyen-Âge que Tolkien a repris pour composer son poème. La traduction française de ce poème respecte une versification stricte qui essaie de retranscrire la richesse lexicale et sonore du texte d’origine. Le rendu est plutôt bon dans l’ensemble même si le cadre fait parfois souffrir certaines tournures stylistique, il faut bien l’admettre.

J’ai beaucoup aimé cette forme poétique et j’ai vraiment pris plaisir à lire ce lai de 4224 vers jusqu’au bout. Sans oublier l’histoire qui est sublime. Bien sûr c’est une histoire d’amour semée de défis et d’embûches. Mais une belle histoire d’amour… Pleine de grâce, de sortilèges, de sacrifices…

De quoi parle le Lai de Leithian ?

Leithian est la fille de Melian, la Maia, et Thingol, un roi Elfe. Ils vivent ensemble au Doriath (voir cet article sur le Silmarillion). Leithian est d’une beauté sans pareilles. Son chant et sa grâce lui valent d’être aimée et convoitée de beaucoup. Dairon le musicien est son secret admirateur.

Beren est un mortel, fils de Barahir, issu d’une lignée qui a combattu Morgoth et a été l’alliée du royaume elfique de Nargothrond pendant très longtemps. Il arrive par hasard au Doriath et tombe sous le charme de Leithian qu’il surnomme Tinuviel. L’elfe lui rend son amour et le couple commence à passer beaucoup de temps ensemble.

Dairon, jaloux, dénonce cette intrusion et les sentiments de la fille de Thingol à ce même roi. Thingol devient hargneux et défie Beren de mériter sa fille en trouvant Morgoth et en lui dérobant les Silmarils qui ornent sa couronne. C’est une fois les bijoux rapportés qu’il pourra avoir Leithian. Les Silmarils sont des bijoux créés par l’Elfe Fëanor au temps où la Lumière des Arbres de Valinor brillait encore. Morgoth les a autrefois dérobés avec l’aide de la terrifiante Ungoliant.

Beren accepte ce défi même s’il sait devoir y perdre la vie. Il veut essayer par amour. Il quitte donc le Doriath et s’en va chercher de l’aide à Nargothrond.

Pendant ce temps, Leithian est prisonnière du Doriath car son père craint qu’elle ne tente de s’enfuir à la suite de Beren.

A Nargothrond, Beren reçoit l’aide du roi Felagund. Ils vont défier Thû, serviteur de Morgoth, en sa demeure pour pouvoir se rapprocher d’Angband. Leur troupe est massacrée, ils sont faits captifs. A Nargothrond, Celegorm et Curufin, fils de Fëanor, le créateur des Silmarils, complotent pour empêcher le sauvetage de Beren et de Felagund. Pourquoi cette traîtrise? En tant que fils de Fëanor, si les Silmarils doivent être repris ce doit être par eux et non par un autre. C’est leur héritage et la convoitise leur obscurcit l’esprit.

C’est Leithian qui va libérer Beren en s’échappant du Doriath grâce à ses sortilèges. Elle le libère, frêle elfe mais puissante magicienne. Grâce au concours du chien magique des Valar, Huan, ils défient Thû et le mettent en déroute.

Leur route croise Celegorm et Curufin, arrogants fils de Fëanor qui ne veulent pas qu’ils poursuivent la quête des Silmarils. Mais ils sont chassés.

Beren reconduit Leithian en Doriath pour qu’elle soit en sécurité. Il se rend seul à Angband. Là-bas, il se prépare à mourir et chante ses regrets. Seulement c’était sans compter sur l’obstination de Leithian qui le rejoint en compagnie de Huan. Le chien leur propose un moyen de s’introduire dans Angband. Par sortilège, Beren est changé en Loup, et Tinuviel en Chauve-souris. Ils passent le gardien de la demeure de Morgoth et accèdent à la salle du trône.

Là-bas Leithian endort toute l’assemblée par la magie de son chant. La couronne portant les Silmarils tombe et Beren commence à les détacher du diadème. Seulement le sortilège de sommeil n’est pas assez puissant et le monstrueux Loup Carcharoth, gardien de Morgoth, dévore la main de Beren qui tient un Silmaril.

Le Chant XIV s’arrête ici mais les notes et commentaires qui suivent – et que j’ai parcourus par curiosité – permettent d’avoir une idée de ce qu’aurait donné la fin du lai.

Beren et Leithian parviennent à s’enfuir de la demeure de Morgoth. Ils racontent leur histoire à Thingol qui accepte de se lancer à la poursuite de Carcharoth pour retrouver le Silmaril qu’il a avalé en mutilant Beren. Au cours de cette chasse Cacharoth meurt, Huan et Beren aussi. Le Silmaril était bien là, dans les entrailles de la bête, mais il est trop tard pour que Thingol tienne son serment. Leithian meurt pour rejoindre Beren dans le Royaume de Mandos…

Sur le Nouveau Lai de Leithian…

Je n’ai fait que le parcourir, aussi je ne puis en donner un avis arrêté. C’est une seconde écriture que Tolkien aurait fait de ce poème. Parfois très proche et parfois divergente. C’est également très travaillé au niveau du style poétique.

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Morgoth contre Fingolfin – Combat mentionné dans le chant XII du Lai de Leithian

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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