Valisar – Tome 3 : La Colère – de Fiona McIntosh

Valisar
Tome 3 : La Colère
de Fiona McIntosh

La Colère est le tome 3 de la trilogie intitulée Valisar. Cette lecture laisse une amère déception en comparaison du plaisir que m’avaient procuré les tomes 1 et 2 de la trilogie. L’univers est toujours très intéressant mais je trouve – à titre personnel – que l’intrigue et les personnages se détériorent fortement…

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Quatrième de couverture :

Loethar a certes conquis son trône dans la violence et dans le sang, mais, depuis, il gouverne Penraven avec une sagesse inattendue.
Pourtant, Leonel, le roi en exil, rêve de se venger de l’homme qui a usurpé son trône, ignorant qu’un autre possède la magie qu’il convoite : son propre frère.
Piven est désormais un jeune homme puissant dont l’intelligence n’a d’égale que son implacable envie de s’emparer du pouvoir à son tour…
Cependant, les efforts des trois hommes pour garder ou reprendre le contrôle de Penraven risquent de se révéler vains. Car la véritable héritière de l’enchantement Valisar vient d’être appelée chez elle pour revendiquer sa couronne…

Avis personnel :

Si j’ai parlé de déception dans l’introduction de l’article, ce n’est pas sans peser mes mots… C’est tel que je le vis depuis que j’ai refermé le livre… Voyons quels sont les points forts que je dois reconnaître au livre, puis voyons les points faibles qui n’ont pas fait de ce livre un moment plaisant…

La majeure partie des points forts de l’ouvrage se trouve toujours dans la nature de l’univers dans lequel évoluent les personnages.
Tout d’abord la nature des Valisar et leurs démêlés avec une magie qu’ils ne comprennent qu’à moitié est sympathique. Même si les histoires d’égide tendent à l’horreur, j’aime beaucoup cette idée, notamment le parallèle effectué entre Piven et Léo avec Loethar et Geneviève. Les premiers lient leur égide dans la douleur et le sang, les seconds avec respect et tendresse, donnant une opposition symbolique évidente et pleine de promesse pour le lecteur…
Ensuite, je mentionne un plus du côté du personnage de Ravan, qui fait le pivot entre tous les héritiers depuis le début (sous sa forme de raven puis sa forme humaine) est très charismatique ; la conclusion de l’Epilogue achève de le relier à la mystérieuse Cyrena et aux raisons mystiques de son existence même.
Enfin, le versant politique de cette histoire est également une bonne idée. Même si je trouve que ces enjeux politiques sont sabrés par le traitement qui est fait des personnages et des noeuds de l’intrigue, il n’empêche que l’idée de montrer que le règne de Loethar est bienfaisant – et met en péril les revendications sanglantes de Léo – est intéressante.

A mentionner du côté des points forts : le style simple et fluide de l’auteur permet une lecture divertissante et facile, accessible à tout lecteur.

Passons aux faits qui ont créé mon sentiment de déception.

Tout d’abord le traitement psychologique… Dans la critique tome 2, j’avais émis quelques critiques envers le traitement de Piven… Là je n’ai plus de critique à formuler seulement envers ce personnage mais quasiment envers tous… L’auteur qui avait posé quelque chose de satisfaisant dans le tome 1, et l’avait affirmé chez plusieurs personnages dans le tome 2, massacre son propre travail. Nos héros sont de véritables girouettes qui se tournent vers une forme de personnalité selon le vent qui passe…. Quelquefois, sur une même double page un personnage va pouvoir se contredire deux ou trois fois… Résolu, puis confus, puis abandonnant comme Loethar ; en détresse, monstrueux et cynique comme pour Léo… Quelque chose me dérange vraiment… Non pas parce que les personnages évoluent… Je tiens à souligner que plusieurs évolutions sont probables… mais pas en si peu de temps, pas en si peu de mots et sans réel déclencheur. Nombre de fois je me suis retrouvée perdue face à leurs réactions et à leurs décisions. Nombre de fois j’ai eu l’impression d’un changement arbitraire, nécessaire pour expliquer un retournement, mais sans cause apparente ou trop peu explicite. Pourtant l’auteur ne lésine pas sur les longs discours entre personnages et le ton explicatif de son récit… mais pas aux bons endroits… pas assez souvent ou pas utilisé assez logiquement pour être convaincant… Pour lister : Léo, Gavriel, Loethar, Elka, Piven sont – et c’est mon avis – totalement discrédités… La palme revient au couple Faris et Geneviève… En soi l’on découvre Geneviève et on ne peut pas lui reprocher une incohérence avec ce qui précède… Elle est plutôt charismatique et cohérente… sauf quand elle tombe amoureuse (je parle d’un amour fou et inconditionnel, le genre d’amour pour lequel un lecteur attend un certain nombre d’événements qui en prouve la raison et la force afin d’en être convaincu) en trois pages de Kilt Faris au point de vouloir lui donner sa vie… et que lui accepte de devenir son égide alors qu’il a fui toute sa vie cette condition avec tant de fougue… Là une seule chose… Trop gros, trop grand… trop incohérent… Trop… what the fuck ! Bon je me calme… … … Je pourrais parler de Léo qui devient un tyran rapidement et qui, en tant que personnage central par la ligne donnée dans le tome 1, n’est plus du tout central et apparaît peu. Je pourrais parler de Loethar qui devient un ‘gentil’ sans réelle explication. On sait qu’il en a assez du trône, mais ensuite… depuis quand ressentit-il de la compassion et pense aux autres ? Gavriel et Elka sont, à la manière de Kilt Faris, discrédités par une histoire d’amour ratée…

Liée à ce traitement psychologique un peu malmené, l’intrigue prend un coup sévère. Retournements en masse, effet girouette pour les actes des personnages, sensation de lourdeur ou, au contraire, sensation de vide selon les moments… On avance rapidement dans le livre parce que c’est facile à lire… Mais tous ces effets ont gâché mon plaisir. On a aussi la sensation d’avoir trop d’explication là où il n’en faut pas, trop peu de lumière là où il en faudrait… C’est une constante frustration de se dire que ça aurait pu être ficelé autrement et ressembler à l’oeuvre qui faisait éprouver un réel plaisir de lecture dans les tomes 1 et 2.

Je suis déçue mais je tiens à dire que c’est là mon avis personnel. Peut-être avez-vous un rapport différent à cette oeuvre ? Peut-être avez-vous trouvé que ce que je reproche à sa progression est en fait une manière de faire tout à fait convenable  ? Je le respecte, d’autant plus que l’auteure est reconnue et publiée, cela doit bien vouloir dire qu’elle n’a pas fait que du mauvais dans cet ouvrage. Mais j’espère que vous serez également compréhensifs à l’égard de mon point de vue.

Conclusion sur Valisar :

En somme, si je veux conclure sur l’ensemble de la trilogie je dirais que j’ai ressenti une baisse de qualité au cours du tome 2 qui aboutit à une déception pour le tome 3… L’univers est satisfaisant, mais ce qui est fait de la psychologie des personnages, des phases d’action et des phases de dialogue finissent par donner une sensation de surface et d’incohérence à certains moments. Malgré ces défauts qui m’ont fait grincer des dents, cela est toujours resté une lecture facile… Les centaines de page défilent grâce au style simple de l’auteur.

Je suis d’autant plus déçue que la lecture du Dernier Souffle, autre trilogie de cette auteure m’avait laissé un très bon souvenir… Je me souviens que l’auteur utilisait le même genre de ficelles mais sans tomber dans tous les travers décrits plus haut…

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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