Imriel – Tome 3 : La Grâce de Kushiel – Jacqueline Carey

Imriel – Tome 3 : La Grâce de Kushiel – Jacqueline Carey

Coup de cœur d’un coup de cœur ? C’est possible. Jacqueline Carey signe la fin de sa trilogie Imriel avec un tome 3, la Grâce de Kushiel, qui dépasse de loin les deux premiers tomes en terme de qualité. J’ai littéralement été aspirée dans cet univers du début à la fin.

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Quatrième de couverture :

Imriel et Sidonie renoncent enfin à la clandestinité.
Mais l’aveu de leur amour s’apprête à précipiter le royaume dans le plus grand tumulte. Car les D’Angelins n’ont pas oublié les crimes de la mère d’Imriel, la perfide Melisande. Aussi la reine Ysandre impose-t-elle une condition absolue à l’union des amants. Imriel doit accomplir un acte de foi : retrouver sa mère et la ramener en Terre d’Ange pour qu’elle y soit exécutée.
Mais tandis que Sidonie et lui se préparent à une nouvelle séparation, une force étrangère venue de loin étend son ombre sur le royaume.
Les deux amants survivront-ils à cette nouvelle menace ?

Avis personnel :

J’avais déjà couvert d’éloges la trilogie de Kushiel et vient maintenant le temps d’en faire de même pour la trilogie Imriel.

Faisons le point :

Le premier tome était amplement satisfaisant et signait un retour dans l’univers de Terre d’Ange sur une note passablement envoûtante et immersive.
Le deuxième tome m’avait plu d’avantage que le premier et j’avais été comblée par les intrigues politiques et mystiques qui avaient conduit Imriel au cœur la magie Albane et les étendues glacées de Vralia.
Ce tome-ci… Ce tome-ci est le paroxysme de la trilogie qui s’est construite en courbe ascendante au fil de ses trois tomes.

Sur la Grâce de Kushiel :

Jacqueline Carey ouvre son roman directement sur l’enjeu de la relation Imriel-Sidonie avec cette promesse de perspective intéressante : Imriel va devoir se mettre en quête de sa mère pour la traîner en justice et pouvoir aimer librement Sidonie.
L’auteur monte patiemment le début de cette intrigue en assemblant lentement des facteurs extérieurs qui vont modifier les attentes et mener vers quelque chose – si c’est possible – d’encore plus croustillant. Quand on sait comment fonctionne l’écriture de Carey, on ne pouvait que l’attendre… Néanmoins j’ai été prise au dépourvu par la nature de cette intrigue : cette fois-ci elle dépasse de loin tout ce qu’elle avait déjà entrepris. Les épisodes de Darsanga qui sont familiers aux lecteurs de Kushiel pâlissent en comparaison de ce à quoi est confronté Imriel…

Cette intrigue surnaturelle renoue avec une perspective intéressante de l’univers de Carey : la fantasy est distillée dans un ensemble crédible et fondé sur ce qui nous est familier sans l’être… et ce qui est évoquée est époustouflant. De Cythera à Carthage, puis de Carthage en Aragonia et enfin en Terre d’Ange, Imriel tente de démêler les sortilèges que Carthage a apposé sur la Ville d’Elua et tous ceux qui s’y trouvaient le jour où la délégation carthaginoise a voulu montrer certaines « merveilles célestes ».
Ces sortilèges maintiennent leurs victimes dans la croyance que les carthaginois sont les alliés de Terre d’Ange. Sidonie a été influencée par un sort plus pervers qui a retourné son amour pour Imriel en la personne du général Astegal. Elle est partie l’épouser à Carthage.

Imriel doit aller implorer l’amant de sa mère à Cythera pour l’aider. Finalement c’est avec plaisir que la quête première sur Melisande ne prenne pas le volume des 660 pages. Et le rôle qu’elle tient dans le dénouement est particulièrement intéressant. Carey a su donner une ultime profondeur à ce personnage et détourner le piège qui guettait la première perspective : le manichéisme. Au final la plus grande ennemie de Terre d’Ange est celle qui a réussi à sauver cette même contrée… Sa peine est commuée en exil et le couple Imriel-Sidonie semble enclin à adoucir leurs relations avec elle. Mais de cela le lecteur ne sait rien puisque le roman s’achève sur leur mariage.

Mes passages préférés sont au nombre de deux.
L’arrivée d’Imriel en tant que Léandre à Carthage et toutes les péripéties autour de la libération de Sidonie.
Puis leur retour en Terre d’Ange et leurs ultimes démêlés avec le sortilège.
Ce sont tous ces chapitres qui m’ont le plus tenue en halène. Mais cela n’est qu’une facette de cette lecture intense, car, au final, il était très difficile de refermer ce livre chaque fois que je le devais.

Les personnages, Imriel et Sidonie sont des êtres d’exception et c’est à regret que j’ai dû les quitter au sortir de ce livre.
C’est avec nostalgie que je vois s’éloigner Terre d’Ange, le temple d’Elua et la Cour de Nuit, les souvenirs des aventures de Phèdre, les exploits présents d’Imriel et les promesses d’un avenir sous le jour d’une couronne en paix et guérie de ses blessures.

Aime comme tu l’entends…

Conclusion :

Au final, je redis ce que j’ai déjà dit sur les livres de Carey, si j’ai une fantasy originale et époustouflante à vous conseiller, ce sont bien ses livres… Et Imriel tome 3 ne fait que confirmer cette impression.

Imriel

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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Un commentaire pour Imriel – Tome 3 : La Grâce de Kushiel – Jacqueline Carey

  1. Pierre dit :

    Magnifique et époustouflant, comme tu le résumes si bien. Des personnages inoubliables, une recréation du monde plus vraie que nature, un style aérien servi par un traducteur digne de la médaille de la valeur.

    Comme tu le soulignes à juste titre, Jacqueline Carrey évite superbement l’écueil du manichéisme qui fait sombrer tant d’œuvres de fantasy dans le médiocre. Ici point de héros de la lumière contre les forces des ténèbres, mais des humains luttant modestement pour conquérir leur bonheur. Et plus que tout autre, le dernier tome fait ressentir à quel point les apparences sont trompeuses ( Ysandre est-elle si éloignée de Mélisande lorsqu’elle se sert d’Imriel pour un mariage politique et refuse de lui céder sa fille ?)

    Il y aurait tant à dire sur les qualités de la série….

    L’idée de génie de faire cohabiter des fragments d’histoire multiples fondus dans un tout cohérent : la Venise de la Renaissance, l’Egypte ptolémaïque, la Rome du Bas-Empire, la Carthage des guerres puniques…une lecture possible du récit est d’ailleurs de s’amuser à relever les références culturelles au fil des lignes ( Imriel emportant Sidonie cachée dans un tapis comme Cléopâtre apparut devant César, et Carrey rappelant avec humour « l’histoire de la reine menekhetienne destituée, emportée au nez et à la barbe d’un général tibérien roulée dans un tapis » !)

    La profondeur psychologique des personnages, Imriel étant l’un des plus aboutis puisqu’on le suit depuis sa naissance. Extraordinairement attachant dans sa relation avec Phèdre puis Sidonie, même si l’auteure le couvre un peu trop de blessures à mon goût ! Heureusement que l’histoire se finit « bien » (abstraction faite de tous les morts), je ne l’aurais pas pardonné à Carrey dans le cas contraire ! (oui on peut détester le manichéisme et être un odieux sentimentaliste…)

    Mes passages préférés dans ce volume diffèrent un peu des tiens. Les retrouvailles d’Imriel avec sa mère sont un moment d’une rare émotion, et l’on a l’occasion d’en apprendre davantage sur Mélisande, assurément l’un des personnages les plus fascinants de la série de part sa relation quasi-incestueuse avec Phèdre. La libération de Sidonie bien sûr, et à peu près tout dans ce volume en y réfléchissant…Carrey traînait parfois en longueur lors des épisodes de voyage des tomes précédents (et c’est l’unique reproche que je lui fais), mais le dernier volume d’Imriel évite même cet ultime défaut.

    En conclusion : grâce soit rendue à ma bibliothèque municipale d’avoir acheté le premier volume de Kushiel et de m’avoir fait découvrir la série ! (si prenante que j’en ai achevé la lecture en une trop courte semaine…)

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