Le Grand Meaulnes, d’Alain-Fournier

Le Grand Meaulnes est le seul roman qu’Alain-Fournier put achever et publier en 1913. En effet, il perdra la vie en 1914.

Récit de vie, ce roman est l’histoire de l’étrange amitié qui se noue entre Augustin Meaulnes et François Seurel, le fils de l’instituteur de Sainte-Agathe. Cette amitié est celle du partage, celle de la quête mystérieuse d’un lieu étrange, d’une fête passée et d’une femme.
Le narrateur est François Seurel qui nous partage cette histoire à travers son « je », un retour sur soi du moi présent sur le moi passé. Il s’efface souvent, sentiments et intérêts compris, au profit de son ami le grand Meaulnes et de la quête insensée, qui a rythmé leur jeunesse et le drame de leur entrée dans l’âge adulte.

Ce récit de vie construit comme une fiction est souvent inspiré de la vie d’Alain-Fournier, que ce soit par les noms de lieu, de personnages et les événements. L’auteur a mis un peu de son âme dans ce roman qui dessine la distance implacable qui sépare la merveille du souvenir d’enfance et la vie réelle telle qu’elle est. Fatalité destructrice et morbide.

Le-grand-Meaulnes---Alain-Fournier

Résumé

Première partie

Le grand Meaulnes, Augustin, arrive chez François Seurel. Il est en pension chez l’instituteur. Sa mère l’a envoyé là pour étudier. Très vite, François et Augustin se lient d’amitié, eux deux contre tous.

Au moment de Noël, il s’agit d’aller chercher les grand-parents de François à la gare. Augustin vole un cheval et un véhicule pour aller les chercher lui-même mais il se perd. Il disparaît quelques jours et revient changé, rêveur et obsédé par une carte qu’il tente de reconstituer. François est mis dans la confidence et nous livre le récit de la merveilleuse aventure du grand Meaulnes.

Il s’est retrouvé dans un domaine mystérieux qui était le lieu d’une fête grandiose auquel il a été convié bien qu’étant étranger à la maison. Là-bas il s’est rempli les yeux de merveilles et a fait la connaissance d’une jeune femme, Yvonne de Galais, qui lui a plu et qu’il rêve de retrouver pour pouvoir l’aimer.

Il est parti de cet endroit en hâte, sans d’autres renseignements que le nom des propriétaires car Frantz de Galais, qui devait ramener sa fiancée, met fin à la fête de manière tragique. Il disparaît du domaine pour ne jamais y revenir, faisant part de son désarroi et de son infinie tristesse. Il a tenté de se suicider et la dernière image qu’emporte Augustin de cet homme c’est un corps traîné par un bohémien qui animait la fête.

Ce lieu perdu devient l’obsession du grand Meaulnes et de Seurel au nom de cette femme qu’Augustin rêve de retrouver. Et au-delà de cette femme, il rêve surtout de retrouver la fête, cette atmosphère particulière qui a fait son bonheur.

Deuxième partie

Des bohémiens sont arrivés en ville et causent quelques soucis. Malgré l’agitation, ils proposent des spectacles qui sont faits pour ravir les habitants locaux.

Le plan qu’Augustin et François tentaient d’établir pour retrouver le domaine perdu est volé par une bande d’écolier à la tête de laquelle se trouve un mystérieux bohémien au visage bandé. Il leur restitue le plan avec quelques corrections, leur fait jurer de lui venir en aide s’il venait à émettre un signal bien particulier. Il donne également un renseignement précieux : une adresse à Paris où Yvonne de Galais se rendrait deux fois par an…

Les choses tournent mal lorsque les bohémiens sont obligés de fuir. L’un d’entre eux a volé et a été dénoncé. Pour échapper aux forces de l’ordre, ils quittent les lieux rapidement. Mais avant de partir, l’homme au visage bandé se découvre et Augustin le reconnaît : c’est Frantz de Galais…

Augustin Meaulnes se rend à Paris sous prétexte de finir ses études. Il y va surtout pour tenter de retrouver Yvonne. Il écrit des lettres, trois exactement, à son ami pour lui faire part de l’avancée de ses recherches. Le temps passe et le néant est tout ce que récolte le grand Meaulnes. L’espoir s’en va totalement lorsqu’il apprend, d’une source quelconque, que sa belle serait mariée.

Troisième partie

Le temps passe. François finit par découvrir de nouvelles pistes. Le domaine perdu s’appelle le domaine des Sablonnières. Il a été vendu et rasé suite à la faillite de la famille de Galais. Le père et la fille vivent encore à proximité dans une petite ferme. François la rencontre. Il apprend qu’elle n’est pas mariée et que ce qu’a appris Augustin n’est qu’une rumeur. François Seurel se voit convié à « une partie de plaisir » en compagnie de son ami Augustin que la jeune femme n’a pas oublié.

François s’empresse d’aller chercher son ami pour lui faire part de ses découvertes et de l’invitation. Il le convainc de venir avec eux malgré l’imminence d’un mystérieux voyage que l’ombrageux était en train de préparer. Les retrouvailles ne se passent pas bien. Augustin n’arrive pas à être à l’aise, pas plus qu’Yvonne. Finalement ils se séparent sur le coup d’un drame : le vieux cheval d’Yvonne est blessé et elle ne le montera plus jamais. C’était la dernière chose qui lui restait de son domaine vendu. Meaulnes, effaré par la tournure des événements se repend et la demande en mariage.

Les noces s’avérèrent paisibles. Mais un appel retentit près de leur demeure. L’appel de Frantz de Galais, le bohémien, à qui Meaulnes et François ont promis de répondre. Meaulnes est rattrapé par une noirceur qui l’empêche d’être heureux. Il parle de fautes à réparer, de promesses à tenir. Il fuit son épouse qui l’a autorisé à partir quelques temps si cela peut l’aider à aller mieux. Il fuit. Il fuit retrouver Frantz et lui restituer sa fiancée perdue, celle avec qui il n’est jamais revenu le soir de cette fameuse fête. Il considère qu’il le lui doit.

Pendant l’absence de Meaulnes, Yvonne de Galais découvre qu’elle est enceinte. C’est l’enfant du grand Meaulnes.
François Seurel lui tient compagnie tant qu’il peut pour pallier à l’absence de son ami. C’est lui qui assiste à l’agonie de la mère après un enfantement difficile. C’est lui qui assistera à l’extinction du père suite à la mort de sa fille. C’est lui qui prendra soin de la fille du grand Meaulnes en attendant son retour, en compagnie des nourrices qui l’entourent.

Dans les affaires qui dorment dans la maison, François Seurel découvre un journal qui appartenait au grand Meaulnes. Il y raconte son séjour à Paris. Il y avoue avoir rencontré Valentine Blondeau, la fiancée disparue de Frantz et l’avoir courtisée. Puis il l’a chassée, horrifié par ce qu’il considère être une trahison. La vérité éclate. Les pièces du puzzle se mettent en place. Le bonheur a toujours été là pour chacun, mais enfoncé dans la rêverie de l’enfance, aucun n’a su la saisir à temps. C’est ce goût de cendre qu’expérimentera Meaulnes lorsqu’il sera enfin de retour. Sa fille a un an, elle sera son seul bonheur. Yvonne est morte. Mais enfin, Frantz et Valentine vivent dans leur maison promise…
Seurel, comme le spectateur qu’il a toujours été se retrouve en marge de ces dénouements, à la fois spectateur et confident de tous ces drames qu’il a contribué à résoudre.

Extrait du chapitre « La rencontre » – Première partie du roman

Mais il se promena longtemps seul à travers le jardin et la cour. Là-bas,dans le bâtiment principal, rien ne remuait, ni aux fenêtres, ni à la tourelle. On avait ouvert déjà, cependant, les deux battants de la ronde porte de bois. Et, dans une des fenêtres du haut, un rayon de soleil donnait, comme en été, aux premières heures du matin. Meaulnes, pour la première fois, regardait en plein jour l’intérieur de la propriété. Les vestiges d’un mur séparaient le jardin délabré de la cour, où l’on avait, depuis peu, versé du sable et passé le râteau. A l’extrémité des dépendances qu’il habitait, c’étaient des écuries bâties dans un amusant désordre, qui multipliait les recoins garnis d’arbrisseaux fous et de vigne vierge. Jusque sur le Domaine déferlaient des bois de sapins qui le cachaient à tout le pays plat, sauf vers l’est, où l’on apercevait des collines bleues couvertes de rochers et de sapins encore.Un instant, dans le jardin, Meaulnes se pencha sur la branlante barrière de bois qui entourait le vivier ; vers les bords il restait un peu de glace mince et plissée comme une écume. Il s’aperçut lui-même reflété dans l’eau,comme incliné sur le ciel, dans son costume d’étudiant romantique. Et il crut voir un autre Meaulnes ; non plus l’écolier qui s’était évadé dans une carriole de paysan, mais un être charmant et romanesque, au milieu d’un beau livre de prix…

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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