XIXe siècle – Le Romantisme

LE ROMANTISME (1820-1850)

Le romantisme marque l’entrée du « moi » en littérature. On voit naître le lyrisme personnel et la prise en charge du texte par la voix de l’auteur.
La nature, l’humanité, la religion, l’histoire et les sentiments sont les thèmes majeurs du romantisme. Le poète instruit les hommes à travers sa poésie, se fait instructeur ou visionnaire, prophète dira-t-on. Cette vision du « poète mage » répond à un idéal social et peut mener certains poètes (Lamartine, Hugo) à vivre leur art sur le terrain politique.

La révolution artistique du romantisme se fait en réaction au classicisme et à l’idéologie rationnelle du XVIIIe siècle.
Le romantisme chante ce qu’il y a de sublime dans l’homme. La figure du poète romantique est un mythe littéraire qui peut se définir de la façon suivante : « Mélancoliques, solitaires, ils souffrent du mal de vivre, du désordre de leurs désirs, de leur finitude, de la fuite du temps. L’âge romantique est le temps d’un moi inquiet en proie « au mal du siècle » » (Source : page 230 du Librio Littérature française, les Grands mouvements littéraires de Carole Narteau et Irène Nouailhac)

A noter que le romantisme est un courant qui naît d’abord à l’étranger, en Allemagne (Goethe et Schiller) et en Angleterre avant d’être importé en France. Il s’inspire également de l’œuvre de Rousseau. C’est un courant qui touche tous les genres littéraires : poésie, roman, théâtre et s’étend à d’autres domaines artistiques, la peinture par exemple.
Les figures principales du romantisme en France sont Chateaubriand, Lamartine et Hugo.

La chronologie du romantisme et ses limites prêtent à discussion. Certes le Romantisme commence avec Chateaubriand et Lamartine, mais sa date de fin, un peu avant 1850 ne laisse-t-elle pas Hugo écrire des œuvres romantiques au-delà ? Et que dire de la généalogie du romantisme ? Dans son ouvrage la Poésie, Alain Vaillant propose une analyse large mais intéressante quant à la généalogie des mouvements poétiques après le romantisme.
Il propose, en effet, quatre avatars – étapes dans son texte – du romantisme au cours du XIXe siècle.
« La première est celle du romantisme métaphysique et sentimental, magnifiquement représenté par la poésie abondante et harmonieuse de Lamartine. […] Immédiatement popularisée et galvaudée, elle sera rapidement caricaturée […] même refoulé et ridiculisé, ce romantisme ne cesse d’imprégner la sensibilité moderne. » Ce romantisme est le romantisme de Hugo (sauf en ce qui concerne les Orientales du point de vue de cette théorie d’Alain Vaillant), de Lamartine, de Musset, etc.
La deuxième étape est celui du « romantisme esthétisant ». « L’initiative de ce romantisme esthétisant, qui a enfin permis à l’art de la poésie de prendre clairement ses distances avec la rhétorique du discours versifié, revient au Victor Hugo des Orientales (1829). « L’art pour l’art » de Gautier et tout le mouvement parnassien, autour de Leconte de Lisle et de Théodore de Banville, peuvent être considérés comme des héritiers paradoxaux du romantisme hugolien, pour leur recherche passionnée et exclusive de la forme belle – de leur « idée fixe », selon le mot de Baudelaire. »
La troisième étape est incarnée par Baudelaire, le poète de tous les carrefours au XIXe siècle. « Baudelaire est, justement, le parfait représentant de ce qu’on pourrait nommer le « romantisme antiromantique », en lui associant Lautréamont, Rimbaud et tous les poètes scandaleux ou marginaux. Ceux-là sont toujours obsédés par l’idéal romantique de parfaite synthèse entre l’esprit et la matière, l’idéal et le réel. Mais ils n’y croient plus et tirent de leur désenchantement un matérialisme amer et provocateur […] [ils] disent la violence de leur déception et leur désir de révolte. »
La quatrième étape est celle de Mallarmé qui « incarne une forme exacerbée du romantisme. Puisque celui-ci vise à concilier le réel des mots avec l’idéalité de la pensée, autant débarrasser la poésie de toute visée descriptive, sentimentale ou réaliste, pour la cantonner à la manifestation artistique de l’Intelligence et à la représentation symbolique de l’Idée pure, à laquelle le poète doit parvenir grâce à la parfaite maîtrise des mécanismes textuels. Cette sublimation du romantisme renouerait avec l’idéalisme utopique du début et serait très proche du lyrisme lamartinien si Mallarmé n’était parfaitement conscient de l’irréalité d’une telle utopie et ne se gardait avec une parfaite lucidité de toute dérive spiritualiste. »

Dans cet article, nous aborderons les grandes figures et œuvres romantiques après avoir présenté les genres littéraires touchés par ce mouvement, c’est-à-dire tout d’abord la poésie lyrique, puis le drame romantique et enfin les formes romanesques liées à ce courant. Les romans noirs et fantastiques peuvent être considérés comme des dérivés du romantisme et clôtureront donc le balayage de ce mouvement.

LA POESIE LYRIQUE

Le lyrisme au sens premier du terme se rapporte à la poésie chantée. Le terme est issu de l’instrument dont jouait Orphée, la lyre. Le lyrisme est également une tonalité en poésie qui désigne l’expression des sentiments. Est donc lyrique la poésie qui se rapporte au chant, par son mode de déclamation sinon par ses sonorités, et qui parle des sentiments. Ce type de poésie prend un sens plus profond avec le romantisme puisqu’il s’agit d’ajouter à cette définition la présence et l’importance d’un « moi » poétique, ce qui n’était pas une évidence auparavant. En effet, le lyrisme romantique met en avant la figure du poète qui s’exprime en tant que sujet et non plus en tant que médian poétique.
Le mythe du poète romantique met en avant la confusion des passions, la mélancolie, la solitude et la retraite de la nature. Mais le poète romantique c’est aussi celui qui prend le parti des causes justes et qui se dresse dans l’histoire.

LE DRAME ROMANTIQUE

Le drame romantique renverse le théâtre classique. Les romantiques abolissent la règle des trois unités par exemple, ils étendent leurs pièces dans le temps et dans l’espace de la fiction – Shakespeare, auteur anglais baroque, est leur modèle. Outre cela, Hugo est célèbre pour son trimètre romantique, un alexandrin qui n’a rien de classique et qui a heurté les bonnes âmes. Pire encore pour les classiques, il le morcelle à l’excès, comme dans la célèbre ouverture d’Hernani.
Les romantiques manifestent de l’intérêt pour les sujets tirés de l’histoire récente et abandonnent les sujets antiques et mythologiques.
Le manifeste du drame romantique est la préface de Cromwell de Victor Hugo, en 1827 : « Le drame mêle l’ombre à la lumière, le grotesque au sublime, en d’autres termes le corps à l’âme, la bête à l’esprit »
L’arrivée du drame romantique dans l’espace littéraire ne s’est pas fait sans heurt. La bataille d’Hernani est la célèbre lutte entre les classiques et les romantiques.

LE ROMAN

Le roman va peu à peu s’imposer comme grand genre au XIXe siècle. Il est diffusé en feuilletons dans la presse et se démocratise.
Dans le courant romantique, on le trouve sous diverses formes : psychologique, autobiographique, social, historique, féminin, fantastique…
Les romans psychologiques analysent l’intimité et peuvent convoquer l’expérience personnelle et l’autobiographie.
Le roman social et historique se place dans la lignée de Walter Scott. C’est la peinture des mœurs, du caractère, des coutumes et des événements. La trame historique convoquée par l’auteur sert à replacer les préoccupations sociales. Ces romans à veine romantique précèdent les romans réalistes qui veulent rendre plus réfléchie l’analyse sociale.

LES FIGURES ROMANTIQUES

François-René de Chateaubriand (1768-1848)

C’est l’homme de Lettres né « un jour de tempête » comme le veut la légende. Grand voyageur, ses écrits seront inspirés constamment de cette expérience sensible de l’ailleurs et de l’exotisme. C’est aussi un homme politique. Il est nommé pair de France par Louis XVIII.
Atala est son premier roman en 1801. Tout comme René (1802), ce roman est un récit de voyage qui met en scène un héros romantique au cœur de démêlés religieux, amoureux sur fond de solitude.
Génie du christianisme (1802) est un essai qui fait l’apologie du christianisme.
Il rédige les Mémoires d’Outre-tombe pendant 30 années. Il souhaite faire un monument à sa mémoire et l’épopée de son temps.

Extrait : fin des Mémoires d’Outre-Tombe (4ième partie, livre XII, 10, extrait)

Grâce à l’exorbitance de mes années, mon monument est achevé. Ce m’est un grand soulagement ; je sentais quelqu’un qui me poussait ; le patron de la barque sur laquelle ma place est retenue m’avertissait qu’il ne me restait qu’un moment pour monter à bord. Si j’avais été le maître de Rome, je dirais comme Sylla que je finis mes Mémoires la veille même de ma mort ; mais je ne conclurais pas mon récit par ces mots comme il conclut le sien : « J’ai vu en songe un de mes enfants qui me montrait Métella sa mère, et m’exhortait à venir jouir du repos dans le sein de la félicité éternelle. » Si j’eusse été Sylla, la gloire ne m’aurait jamais pu donner le repos et la félicité.
Des orages nouveaux se formeront ; on croit pressentir des calamités qui l’emporteront sur les afflictions dont nous avons été comblés ; déjà, pour retourner au champs de bataille, on songe à rebander ses vieilles blessures. Cependant je ne pense pas que des malheurs prochains éclatent : peuples et rois sont également recrus ; des catastrophes imprévues ne fondront pas sur la France : ce qui me suivra ne sera que l’effet de la transformation générale. On touchera sans doute à des stations pénibles ; le monde ne saurait changer de face (et il faut qu’il change) sans qu’il y ait douleur. Mais, encore un coup, ce ne seront points des révolutions à part ; ce sera la grande révolution allant à son terme. Les scènes de demain ne me regardent plus ; elles appellent d’autres peintres : à vous, messieurs.
En traçant ces derniers mots, ce 16 novembre 1841, ma fenêtre, qui donne à l’ouest sur les jardins des Missions étrangères, est ouverte : il est six heures du matin ; j’aperçois la lune pâle et élargie ; elle s’abaisse sur la flèche des Invalides à peine révélée par le premier rayon doré de l’Orient : on dirait que l’ancien monde finit et que le nouveau commence. Je vois les reflets d’une aurore dont je ne verrai pas se lever le soleil. Il ne me reste qu’à m’asseoir au bord de ma fosse, après quoi je descendrai hardiment, le Crucifix à la main, dans l’Eternité.

Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Lamartine, élu député de 1833 à 1851 est un grand orateur politique et s’investit socialement. Ses discours sont particulièrement représentatifs de ce qu’est l’éloquence romantique.
Il est le premier poète romantique avec les Méditations poétiques en 1820. Il écrira ensuite Harmonies poétiques et religieuses en 1830, Recueillements poétiques en 1839.
Sa poésie traite principalement des thèmes de l’amour, de la mort, de la foi religieuse. Les angoisses du poète sont grandement liées à la nature.
Voyage en Orient (1835) n’est pas un recueil de poèmes mais un récit de voyage qui traite poétiquement de son aventure en orient.

Lien vers quelques poèmes de Lamartine :
« A Némésis »
« Le vallon »
« Le lac »

Victor Hugo (1802-1885)

Victor Hugo est une figure complète et le grand nom du romantisme. Il a été poète, romancier, dramaturge et homme politique engagé. On le considère comme le chef de file des romantiques. En 1816, il aurait déclaré : « Je veux être Châteaubriand ou rien », Chateaubriand étant alors le modèle romantique car l’un des pionniers.
C’est au salon de Nodier qu’il rencontre Vigny et Lamartine. Le célèbre « Cénacle romantique » sera formé en 1820 par Vigny, Dumas, Mérimée, Balzac, Nerval, Gautier et Sainte-Beuve. Sa création marque la date officielle du début du mouvement romantique.
Son action politique lui vaut d’être nommé pair de France en 1846 et député en 1848. Il est exilé en Belgique puis à Jersey suite au coup d’Etat de 1851. Son retour à Paris est triomphal et il est élu Sénateur en 1871.

Quelques œuvres poétiques :
Odes et ballades, 1826
Les Orientales, 1829
Les Feuilles d’automne, 1831
Les Châtiments, 1853
Les Contemplations (1870) est un recueil de poésie lyrique écrit entre 1856 et 1870. Ce recueil est séparé en deux parties « Autrefois » et « Aujourd’hui » qui encadrent la page de la mort de Léopoldine, sa fille.
La Légende des siècles est une forme de poème épique qui reprend des figures mythiques et héroïques au nom du progrès.

Quelques œuvres théâtrales :
Cromwell et sa célèbre préface en 1827 se posent en manifeste du drame romantique. C’est dans cette préface que Hugo revendique qu’il faut mélanger les genres, les tonalités pour imiter la nature et sa complexité. Il veut faire du drame bien plus que la comédie et la tragédie tout en reprenant ces deux genres et leurs tonalités.
Hernani (1830) met en scène un banni ténébreux qui cherche sa vengeance.
Ruy Blas (1838)

Quelques œuvres romanesques :
Ses textes romanesques sont axés vers la lutte contre les inégalités sociales.
Le dernier jour d’un condamné (1829) est un plaidoyer contre la peine de mort. Le narrateur est le condamné qui nous narre ses derniers jours à la première personne.
Notre-Dame de Paris (1831)
Les Misérables (1862) est certainement l’œuvre la plus connue de Victor Hugo. C’est la démonstration des conséquences de la misère et de l’injustice. Victor Hugo propose des remèdes dans cette œuvre dans la justice et la charité. Jean Valjean, la figure majeure, est le forçat « devenu saint homme » et fait office de modèle.
Les travailleurs de la mer (1866)
L’homme qui rit (1869)
Quatrevingt-treize (1873)

Extraits : Quelques poèmes de Victor Hugo
« Rêverie » tiré des Orientales
« O gouffre l’âme plonge et rapporte le doute », tiré des Contemplations
« Nuit », tiré de Toute la lyre
« A un poète », tiré de Les rayons et les ombres
« A une jeune fille », tiré des Odes et ballades

Extrait du Dernier jour d’un condamné :

Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids ! Autrefois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’étaient des jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C’était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre. Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort ! Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on m’adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m’obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d’un couteau.

Extrait d’Hernani : Acte III, scène 4

[…]

Hernani

Monts d’Aragon ! Galice ! Estramadoure !
– Oh ! je porte malheur à tout ce qui m’entoure ! –
J’ai pris vos meilleurs fils, pour mes droits, sans remords ;
Je les ai fait combattre, et voilà qu’ils sont morts !
C’étaient les plus vaillants de la vaillante Espagne.
Ils sont morts ! ils sont tous tombés dans la montagne,
Tous sur le dos couchés, en braves, devant Dieu,
Et, si leurs yeux s’ouvraient, ils verraient le ciel bleu !
Voilà ce que je fais de tout ce qui m’épouse !
Est-ce une destinée à te rendre jalouse ?
Dona Sol, prends le duc, prends l’enfer, prends le roi !
C’est bien. Tout ce qui n’est pas moi vaut mieux que moi !
Je n’ai plus un ami qui de moi se souvienne,
Tout me quitte, il est temps qu’à la fin ton tour vienne,
Car je dois être seul. Fuis ma contagion.
Ne te fais pas d’aimer une religion !
Oh ! par pitié pour toi, fuis ! – Tu me crois, peut-être,
Un homme comme sont tous les autres, un être
Intelligent, qui court droit au but qu’il rêva.
Détrompe-toi. Je suis une force qui va !
Agent aveugle et sourd de mystères funèbres
Une âme de malheur faite avec des ténèbres !
Où vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussé
D’un souffle impétueux, d’un destin insensé.
Je descends, je descends, et jamais ne m’arrête.
Si parfois, haletant, j’ose tourner la tête,
Une voix me dit : Marche ! et l’abîme est profond,
Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond !
Cependant, à l’entour de ma course farouche,
Tout se brise, tout meurt. Malheur à qui me touche !
Oh ! fuis ! détourne-toi de mon chemin fatal,
Hélas ! sans le vouloir, je te ferais du mal !

[…]

Alfred de Vigny (1797-1863)

Alfred de Vigny est un militaire issu de la noblesse. Poète, il écrit en 1826 Poèmes antiques et modernes. En 1863 paraît à titre posthume les Destinées qui traitent de la religion, de la solitude et du silence.
Il est également connu pour un roman historique : Cinq Mars (1826) ; et pour ses drames historiques : La Maréchale d’Ancre (1831) et Chatterton (1835).

Exemples de poèmes de Vigny :
« L’âge d’or de l’avenir »
« Les destinées »
« La neige »

Alfred de Musset (1810-1857)

Musset est la figure romantique ténébreuse. Il est l’image même du mythe du poète romantique, retiré en lui-même, l’expression pure de la mélancolie et de la souffrance ressentie à l’égard du « mal du siècle ».
Il est l’auteur de quelques pièces de théâtre. Parmi les plus célèbres :
Les Caprices de Marianne (1833)
On ne badine pas avec l’amour (1833)
Lorenzaccio (1834)
Ses aventures douloureuses avec George Sand inspireront ses poèmes et son roman d’autofiction : La Confession d’un enfant du siècle. Ce roman est aussi connu pour mettre en scène le « mal du siècle », cet ennui, cette désillusion du poète face à son propre temps.
Son recueil Poésies Nouvelles contient les quatre « Nuits », « la Nuit de Mai » , « la Nuit d’Août », « la Nuit d’Octobre »  et la « la Nuit de Décembre » .

Gérard de Nerval (1808-1855)

Nerval est connu pour être le traducteur du Faust de Goethe et de nombreuses poésies allemandes.
Son œuvre personnelle est marquée par son obsession pour le féminin. Il est sans cesse à la recherche de l’idéal féminin dans le rêve et la folie poétique. Ses voyages et passion pour les mystères antiques et ésotériques sont un autre versant de son esthétique. Cela est marqué dans Voyage en Orient (1851) récit de son périple en orient qui mêle à la fois expérience personnelle et fantasme.
Ses principales œuvres poétiques sont Aurélia, les Filles du Feu, les Chimères.

Je ne peux pas résister, je propose ce poème en extrait :

El Desdichado

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Et celui-là :

Artémis

La Treizième revient… C’est encor la première ;
Et c’est toujours la Seule, – ou c’est le seul moment :
Car es-tu Reine, ô Toi ! la première ou dernière ?
Es-tu Roi, toi le seul ou le dernier amant ? …

Aimez qui vous aima du berceau dans la bière ;
Celle que j’aimai seul m’aime encor tendrement :
C’est la Mort – ou la Morte… Ô délice ! ô tourment !
La rose qu’elle tient, c’est la Rose trémière.

Sainte napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au coeur violet, fleur de sainte Gudule,
As-tu trouvé ta Croix dans le désert des cieux ?

Roses blanches, tombez ! vous insultez nos Dieux,
Tombez, fantômes blancs, de votre ciel qui brûle :
– La sainte de l’abîme est plus sainte à mes yeux !

Alexandre Dumas père (1802-1870)

Il est l’auteur de drames historiques qui mêlent sentiments et politiques. Il appartient donc plus au romantisme investi dans l’histoire qu’au romantisme purement lyrique et sentimental.
Quelques textes théâtraux :
Henri III et sa cour (1829)
Kean (1836)
Quelques œuvres romanesques :
Les Trois mousquetaires (1844)
Vingt ans après (1844)
Le Vicomte de Bragelonne ou l’Homme au masque de fer (1848)
La Reine Margot (1846)
La Dame de Monsoreau (1846)
Les Quarante-cinq (1848)
Le Comte de Monte-Cristo (1845)

Germaine de Staël (1766-1817)

Disciple des Lumières, elle soutient la Révolution. C’est elle qui analyse l’état d’esprit romantique et l’importe en France via l’Allemagne.
De son œuvre on retient :
De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations (1796)
De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800)
De l’Allemagne (1810)
Et deux romans :
Delphine (1802)
Corinne (1807)

George Sand (1804-1876)

George Sand est un pseudonyme pour une femme répondant au nom d’Aurore Dupin. C’est une femme d’envergure qui côtoiera des noms célèbres. Sa liaison la plus célèbre est celle qu’elle a vécu avec Musset.
Ses romans sont tour à tour champêtres, psychologiques, sentimentaux.
La Mare au Diable (1846)
La petite Fadette (1849)
Indiana (1832)

LE ROMAN NOIR ET FANTASTIQUE

S’inscrivant dans la lignée des romantiques mais revendiquant plus de liberté créatrice, certains auteurs s’inspirent du gothique anglais et édifient le roman noir, « sanglant et terrifiant ». Les intérêts pour l’occultisme inspirent le fantastique, l’irrationnel.
Les figures majeures de cette veine sont Nodier, Gautier, Lautréamont ou Mérimée.

Charles Nodier (1780-1844)
Charles Nodier est celui qui réunit le premier cénacle romantique en son salon. Il est connu pour ses nouvelles noires qui convoquent la puissance du rêve.
Snarra ou les Démons de la Nuit (1821)
Tribly ou le Lutin d’Argail (1822)
La Fée aux miettes (1832)

Théophile Gautier (1811-1872)
Maître du mouvement du Parnasse il s’illustre néanmoins par ses affinités avec le romantisme. Il faisait partie du Cénacle et a pris part à la bataille d’Hernani. Il est aussi auteur de la veine fantastique où l’irrationnel fait irruption dans la vie quotidienne.
La cafetière (1831)
La Morte amoureuse (1836)
Le pied de momie (1840)

Prosper Mérimée (1803-1870)
Il est l’auteur de l’œuvre fantastique La Vénus d’Ille (1837)

Paul Féval (1816-1887)
Le Vampire (1856)
Le chevalier de ténèbres (1860) parodie de roman fantastique.
La Ville-vampire (1875)

Guy de Maupassant (1850-1893)
Le Horla (1887) est une œuvre fantastique de Maupassant, oeuvre typique du doute et du trouble de l’univers fantastique.

A SAVOIR

Stendhal est un auteur qui a pris la défense du romantisme dans Racine et Shakespeare, « pamphlet en faveur de la modernité en littérature et dans tous les arts ». Mais il ne se revendiquait pas lui-même romantique, même lorsqu’il met en scène des héros malheureux et sombres, comme dans Armance, qui font penser aux âmes aux prises avec le « mal du siècle ». Stendhal se revendique réaliste, même si son réalisme, très romanesque diffère du réalisme tel qu’on l’entend. L’esthétique de Stendhal est souvent qualifiée de réalisme subjectif. Pourquoi ? « Stendhal pense que chacun est enfermé dans sa subjectivité et ne peut percevoir le monde que dans les limites de son regard. La grande originalité de Stendhal est l’usage important de la « focalisation interne » (pour reprendre la terminologie de Gérard Genette) pour raconter les événements. Les événements sont vus en grande partie par les protagonistes voire par un seul d’entre eux. Stendhal refuse donc le point de vue du narrateur omniscient, mais pratique la « restriction de champ ». Dans Le Rouge et le Noir et dans Lucien Leuwen les événements sont vus dans le rayon de Julien Sorel et Lucien. » (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Stendhal#Romantisme)

Edmond Rostand (1868-1918) n’est pas à proprement parler romantique puisqu’il écrit bien des décennies après la fin officielle du mouvement. Néanmoins, ses œuvres sont qualifiées de néoromantiques et c’est à signaler. Il est l’auteur des Romanesques (1894), Cyrano de Bergerac (1897) et l’Aiglon (1900).

_________________________________

Sources :
Littérature française, les Grands mouvements littéraires de Carole Narteau et Irène Nouailhac, chez Librio
La poésie, Alain Vaillant, collection 128 chez Armand Colin
http://www.etudes-litteraires.com/romantisme.php
http://www.etudes-litteraires.com/drame-romantique.php
http://romantis.free.fr/chateaubriand/html/chaindex.html
http://www.lescorriges.com/article-12737–chateaubriand__memoires_doutre_tombe__derniere_page_des_memoires.php
http://www.poetes.com/lamartine/
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alphonse_de_lamartine/alphonse_de_lamartine.html
http://bacinfos.com/index1.php?id=104
http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/victor_hugo.html
http://www.inlibroveritas.net/oeuvres/2480/le-dernier-jour-d-un-condamne
http://www.bacfrancais.com/bac_francais/540-hugo-hernani-acte-3-scene-4-tirade.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Romantisme_fran%C3%A7ais
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alfred_de_vigny/index.html
http://www.poetes.com/nerval/
http://romantis.free.fr/vigny/html/vignindex.html
http://www.poetica.fr/categories/alfred-de-vigny/
http://www.poetes.com/vigny/
Préface de Cromwell, Victor Hugo
http://fr.wikipedia.org/wiki/Stendhal#Romantisme
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Dumas
http://bacinfos.com/index1.php?id=157
http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Th%C3%A9ophile_Gautier/120969
http://www.alalettre.com/merimee.php
http://www.linternaute.com/biographie/guy-de-maupassant/
http://www.alalettre.com/maupassant-bio.php

____________________

[Je décline toute responsabilité quant à la présence des publicités imposées par le serveur wordpress, sur cette page ou toute autre]

Publicités

A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
Cet article a été publié dans 19e - XIXe, Mouvements littéraires, THEORIE LITTERAIRE. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour XIXe siècle – Le Romantisme

  1. Ping : Le XIXe siècle – Sommaire | Havre de pensées & de mots

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s