Hunger Games de Suzanne Collins (tome 1)

Hunger Games est une fiction devenue extrêmement célèbre après le succès du premier film, sorti en mars 2012, et du deuxième, en novembre 2013. Je ne fais pas partie des lecteurs d’avant l’explosion médiatique autour de ce succès… je viens après les jeux et je me suis tournée vers le livre pour avoir plus de détails sur un univers qui m’a fascinée, horrifiée et travaillée mentalement suite au film.

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Quatrième de couverture

« Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur. Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l’arène : survivre, à tout prix. Quand sa petite sœur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n’hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. À seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature… »

L’oeuvre 

Terreur, misère, oppression, Hunger Games a tout de la dystopie qui montre le triomphe dCollins, Suzanne - Hunger  Games 1‘un système rigide et cruel envers une population amoindrie. Les habitants des districts – hormis pour les districts 1, 2 et 4, m’ont fait penser à des camps de travail en plus grand et à perpétuité… Dans cet univers médiocre, Katniss, enfant de la mine dans le district 12, lutte chaque jour pour nourrir sa famille en enfreignant les lois. Etre placée dans l’arène ne lui semble pas différent de ce qu’elle doit faire chez elle : chasser, braconner… Elle se dit être une survivante, ce qu’elle sera, illustrant les horreurs de ce système qui réduit l’être humain à une pièce de bétail dont la vie n’est pas très précieuse. Voilà pour le premier aspect de l’oeuvre qui m’a interpellée.

L’autre aspect de cette oeuvre qui m’a saisie et laissée pantoise c’est la nature même des Hunger Games. Que ce soit une punition pour la rébellion passée passe encore puisque ça fait partie de la nature dystopique de l’oeuvre… Mais que ce soit un divertissement national auquel les peuples libres de Panem s’adonnent à coeur joie en visionnant et revionnant les meilleurs moments des massacres et de l’agonie des tributs m’a révulsée. Je suis de ceux qui pensent qu’il y a une sévère critique de l’abus de la ‘télé réalité’ derrière ce texte… Ca fait également penser au ‘panem et circenses’ latin (littéralement, du pain et des jeux) où la supposée société raffinée romaine se réjouissait dans le sang des jeux du cirque. Qui a-t-il de plus barbare que de se distraire de cette manière là ?

Tout au long de l’oeuvre nous sommes dans les pensées de Katniss, à la première personne et au présent de sorte qu’on assiste à ses actes et ses pensées en direct. Nous sommes dans la tête de celle qui est vouée à mourir, sacrifiée pour le plaisir d’une masse populaire superficielle et sur-nourrie, tandis que les habitants des districts sont forcés à regarder l’extinction de leurs tributs en souffrant de la faim et du manque, cela sous prétexte d’un forfait commis par leurs ancêtres, 74 ans auparavant. Très souvent lui revient ce dégoût pour sa situation présente, pour les frivolités auxquelles elle est livrée, pour le Capitole qui ne voit en aucun d’eux des êtres humains mais des pions. L’abomination est à son comble quand les prédateurs génétiquement modifiés sont lâchés contre Katniss, Peeta et Cato lors du final. Katniss se rend compte qu’ils ont tous les attributs (yeux, couleur et taille) des 21 tributs qui sont morts. Apparenter ces bêtes aux êtres humains qu’ils ont été ne dérange pas les Juges et relève d’un esprit pervers sans bornes.

La situation dans laquelle se trouvent les personnages est désastreuse. Il y a ceux qui veulent rester qui ils sont, ceux qui veulent en finir à tout prix, ceux qui luttent, ceux qui se cachent. Nul est égal à l’autre, les événements retournent notre héroïne dans tous les sens… Elle lutte pour la vie, pour sa soeur à qui elle a promis de gagner… Mais au final la lassitude est suprême et le salut semble se présenter dans une poignée de baies. Mais les plus forts comme les plus faibles sont soumis au bon vouloir des instances qui animent les Hunger Games… Dans ces jeux de la faim, seule la ruse d’Haymitch consistant à fonder la légende des Amants maudits du district 12 vaut le salut aux deux héros. Peeta et Katniss s’en sortent parce que le public veut du sensationnel… Personne ne se soucie de savoir si c’est de la comédie, tout le monde y croit et se complet… Et surtout, personne ne se soucie de ce que vit psychologiquement un tribut à l’issue des jeux… ne compte que le plaisir du public.

L’adaptation cinématographique et le livre 

hunger games 1Dans l’ensemble l’adaptation est très fidèle et suffisante pour comprendre les enjeux et les points qui m’ont interpellée ci-dessus. Malgré tout il manque tout de même quelques points de détails qui renforcent la profondeur du personnage de Katniss et qui prolongent l’épreuve de l’arène… et surtout la fausse romance entre Peeta et notre héroïne, rendant la comédie plus crédible.

Certaines carences du film sont rattrapées dans les séquences qui ne sont pas présentes dans le livre. Je parle des intermèdes qui se focalisent sur les prises de décision des Juges et des discussions entre Snow et Seneca… Elles se focalisent sur les tensions et les enjeux de l’arène… Dans le livre, Katniss, qui est une fille intelligente, est consciente de la manière dont fonctionnent les Juges et nous éclaire sur ces points là à divers endroits.

Le principal détail que l’on a en plus sur Katniss c’est l’importance de son père. Il y est fait allusion dans le film, mais je n’avais pas compris à quel point c’était profond. Dans le film on ne voit pas non plus à quel point c’est la combinaison ‘ce que m’a appris mon père’ et ‘ce que j’ai vu ma mère faire’ qui assure sa survie et celle de Peeta à certains moments. Dans le film, on a l’impression que la jeune fille est totalement indépendante de ces dimensions là et qu’elle agit uniquement par elle-même. Mais dans le livre on comprend que c’est beaucoup plus complexe que cela et cette complexité renforce la profondeur du personnage.

La description de ses ressentis face à Peeta est également un plus. Par l’expression de son visage – parce que l’actrice est brillante – on devine le tracé de ses sentiments sur leur comédie (rage après la première interview, puis acceptation, puis trahison lorsqu’elle le voit avec les carrières, incertitude après l’épisode des nids de guêpe, puis résignation, et enfin… acception complète du rôle et brouillage final), mais même si cette progression apparaît, c’est par le livre que les détails sont donnés et que le sens est vraiment donné à ce qui se passe. Dans le film, l’action a tendance à se resserrer à partir du moment où Rue meurt, mais dans le livre la chronologie est plus vaste, permettant d’inclure des actes et des réflexions qui étoffent grandement ces points là.

D’autres points sont développés également : la relation de Rue et de Katniss, le comportement de Thresh, l’épisode des baies empoisonnée avec la Renarde, l’affrontement final avec Cato et l’angoisse finale d’être encore dans le viseur du Capitole même si les jeux sont techniquement finis.

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Avis personnel

Vous l’aurez compris, je suis fascinée par l’oeuvre de Suzanne Collins. Le film m’avait secouée, mais lire le livre réactive cet effet et le renforce avec les détails que nous n’avons pas dans le film, ou ceux qui se devinent seulement. Je compte bien finir la trilogie, si possible avant de voir les deux derniers films qui sont prévus pour projeter à l’écran le tome 3…

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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