Les lectures du mois de Mars 2014

Les lectures du mois de Mars 2014

Ce mois-ci je comptabilise une succession de 9 lectures mêlant Classiques et Fantasy. Il est temps de faire le bilan.

Les Classiques

Beaucoup de théâtres et beaucoup de relectures prennent place dans cette catégorie. Mais il y a également quelques œuvres romanesques pour clore la rubrique : deux œuvres incontournables que je n’avais pas encore lus, deux classiques séparés par les siècles, par la langue et par le fond…

Le Misanthrope, de Molière
C’est un Molière que je n’avais pas encore lu – et oui ! Mais on ne peut pas avoir lu tous les classiques à 21 ans, n’est-ce pas ? – Voilà donc une nouvelle pierre à l’édifice de mes lectures.
Alceste, le misanthrope, se heurte à la société mondaine. Dans cet univers hypocrite, il désespère de pouvoir formuler et recevoir la vérité, la sincérité et la fidélité de la belle Célimène. Ecoeuré, il abandonnera le monde et se retirera totalement dans sa solitude.
Grande Comédie, en 5 actes, cette pièce m’a plu d’une manière bien différente des autres Molière que j’ai lus. J’ai beaucoup aimé la réflexion sur le système mondain et la possibilité de dialoguer de manière transparente. De même que les considérations sur l’être et le paraître, le non-dit et le dit… Autant de thèmes qui peuvent être transposés d’une manière ou d’une autre à nos problématiques contemporaines. Du moins est-ce mon humble avis.

Misanthrope 2

La Mariane, de Tristan l’Hermite [RELECTURE]
Ma première impression perdure toujours. J’aime énormément l’esthétique générale de cette pièce, située entre le baroque et le classicisme.
Tristan l’Hermite met en scène la folie d’Hérode poussée au crime par les manigances de sa sœur Salomé.
NB : Cette Salomé n’est pas celle de la danse aux sept voiles, et cet Hérode est le père de celui qui livrera la tête de Saint Jean-Baptiste à la danseuse.
Hérode tue Mariane, faussement accusée de tentative d’assassinat. Tandis qu’elle expire, gracieuse et pure, telle une martyre, Hérode s’enfonce dans un délire lyrique que j’ai trouvé fascinant.

Les Mamelles de Tirésias, d’Apollinaire [RELECTURE]
Cette pièce est toujours aussi étrange, déroutante, …surréaliste. J’en ai déjà parlé dans cet article.

Couleur du temps, d’Apollinaire [RELECTURE]
Cette expédition théâtrale se poursuit et s’achève avec l’une de mes œuvres préférées d’Apollinaire. Couleur du temps est une magnifique pièce qui m’interpelle toujours autant par son fond et par sa forme poétique. J’en avais parlé dans cet article.

La Princesse de Clèves, de Madame de la Fayette
D’un point de vue strictement personnel et subjectif ça ne m’a pas vraiment plu… En termes de passion amoureuse et de question de vertu, puisque c’en est la peinture la plus précise et la plus fidèle, j’ai d’autres préférences dans mes références, comme les tragédies de la même époque… Plus vivantes et moins… assommantes à mon goût. Par assommant je renvoie à la mise en place du récit qui se fait par d’interminables passages descriptifs sur les personnages, leurs relations dans la cour et les faits. Et quand enfin certains passages s’illustrent par une pointe de discours direct, c’est pour débiter de longues tirades… Non je ne me suis pas amusée… dans les deux premières parties du récit qui font à peu près la moitié du roman.
Quand les choses sérieuses commencent, que la passion entre M.Nemours et Mme de Clèves commence à jouer sur la vertu et la dissimulation, le rythme du récit devient supportable. Il y a malgré tout des longueurs intermédiaires qui ralentissent considérablement ce que je considère comme étant le plus important. Je pense notamment aux récits entre amis, d’untel qui raconte à truc en dix pages, par exemple le ‘pourquoi il faut absolument que sa lettre ne soit pas vue par l’une des reines’… ou passages de ce genre qui peut se faire en dix lignes… ou au moins dans un échange rhétorique plus vivant que ‘je vais te raconter une histoire’.
Malgré cela, je ne nie pas m’être intéressée à l’évolution psychologique et aux enjeux de la passion entre les deux protagonistes principaux. Il y a des passages qui m’ont plu et que garderai en mémoire : le vol du tableau, les aveux de Mme de Clèves à son mari qui sont sublimes, les tentatives de M. de Nemours pour l’approcher de nuit, et la scène qu’il surprend avec le tableau. Sans compter la mort du mari et l’ultime échange entre Némours et elle. Mais ce ne sont que des îlots noyés dans une trame qui ne m’a pas transportée… Car sous d’autres formes les intrigues et les jeux de cour m’inspirent nettement et donc ce n’est pas le sujet qui me pose problème.
Ce n’est que mon humble avis, j’ai conscience d’être en face d’un monument littéraire. C’est pourquoi je vais en venir à l’autre versant de la lectrice que je suis : mon moi littéraire bouille de contentement en ayant enfin lu le roman psychologique classique par excellence, et a même trouvé des axes et des faits littéraires hautement intéressant : les personnages, la peinture de la passion amoureuse, le déroulement psychologique, l’idéal courtisan et mondain du XVIIe siècle qui font échos à d’autres références et qui s’inscrivent dans un univers qui me parle assurément.

Princesse de Clèves

1984, de George Orwell

WAW ! C’est du lourd ! Je n’avais pas accroché quand j’étais plus jeune, rebutée par sa noirceur et son aspect descriptif hautement pesant et déprimant quand on n’a que 15 ans…
Seulement, maintenant que je l’ai lu, je suis certaine que j’en suis marquée à vie et je le place sans hésiter parmi les grandes œuvres que j’ai lues…
Les descriptions des rouages du régime de Big Brother m’ont totalement fascinée et glacée ! Tout le regard sur les relations humaines, familiales, le langage, le but de l’existence… tout est décrit en détail et en le lisant on ne peut pas s’empêcher de penser : « c’est tellement possible, tellement vrai… Tellement… » C’est angoissant !
Je me sens également idiote – à l’image du personnage – d’avoir pu croire en une échappatoire, une Fraternité… Mais au final il y a tellement de choses qui projetaient l’échec de cette possibilité… Le passage de sa captivité et de ses tortures est celui que j’ai lu avec le plus de terreur et d’intérêt…

1984

En Fantasy

Commençons par le coup de cœur du mois avant de parler de deux Patricia Briggs simples mais sympathiques.

L’Echiquier des Dieux, de Richelle Mead
Fantastique ! Époustouflant ! Phénoménal ! Grandiose ! sont autant de termes qui me sont venus lorsque, la 517e page tournée, j’ai refermé l’Echiquier des Dieux. Il y a dans cette œuvre l’équilibre parfait entre intrigue, personnages et univers pour conquérir la lectrice que je suis. Plus de détails dans cet article.

dieux11

L’épreuve du Loup, de Patricia Briggs
L’épreuve du loup est clairement inscrit dans la lignée de Masque, le premier tome de l’ensemble « Sianim » : pas trop compliqué dans la structure, facile à lire et divertissant.
Au fond l’intérêt de ce tome est de continuer à suivre la relation entre Loup et Aralorn. Je dirais même que j’avais parfois l’impression que l’intrigue supposée principale – le coma du Lion – n’est que le prétexte pour nous ramener les deux personnages et continuer à écrire sur eux. Malgré cette impression, j’ai adoré notre duo Loup-Aralorn, toujours aussi attachant. Les membres de la famille – personnages secondaires – ne sont pas développés plus que nécessaire et je trouve qu’ils se suffisent à eux-mêmes pour laisser notre duo en valeur. Nevyn et Kisrah font objet de plus de détails et ils entrent activement dans le jeu de révélation autour du coma du Lion.
Concernant l’intrigue, je trouve que le jeu des révélations est plutôt bien mené et aboutit à un fait que l’on n’a pas vu venir – en tout cas moi je ne l’ai pas vu venir…
Le retour final sur le Rêveur est intriguant, mais je me demande s’il en sera question dans les tomes suivants… J’ai presque peur qu’il n’en soit pas ainsi en fait et je regrette de l’espérer. C’est ça le problème avec ce genre de livres, de ceux qui plaisent mais qui sont plaisants parce qu’ils sont simples, on en arrive à avoir peur d’exiger quelque chose dans la lecture.
Dans l’ensemble c’est un très bon moment.

sianim tome 2

Le Voleur de Dragon, de Patricia Briggs
Mon impression générale fait de ce livre « un bon petit livre… » Mais sans le plus qui en fait un coup de cœur.
Encore une fois c’est simple, agréable à lire et divertissant… Le style de l’auteur est fluide, elle pose bien les cadres, les décors et dose subtilement narration, descriptions et dialogues de sorte à ne pas lasser le lecteur… Mais… C’est toujours les mêmes défauts qui reviennent malgré cette qualité de forme…
Sur le fond je suis déçue par le personnage de Rialla. Je l’ai trouvée plus convaincante qu’Aralorn d’une certaine manière car plus humaine et plus faible… Mais elle manque malgré tout de profondeur. Je ne commenterais même pas Tris… Pâle copie du rôle que jouait Loup auprès d’Aralorn, un peu grossièrement posé et peu convaincant. Sa seule originalité ? Introduire une nouvelle créature surnaturelle dans l’univers de Sianim, le Sylvain.
Par contre je n’ai rien à redire sur les ponts posés entre le diptyque sur Aralorn et ce tome-ci (sachant que j’étais prévenue d’avance qu’il n’y aurait pas de continuité directe, donc pas de mauvaise surprise sur ce point) : magie verte, magie humaine, empathie (nouveauté agréable à découvrir), l’Archimage, les dégâts causés par Geoffrey Ae’Magi, Daran et Reth, Sianim et le maître espion. Donc malgré un nouveau personnage on trouve son compte en matière de liens et de nouveautés sur le territoire de Sianim… Et que penser de l’élu d’Altis ? Aurons-nous droit à la suite de cette histoire dans le tome suivant ? Comme nous pouvons toujours attendre le sort du Rêveur depuis le tome précédent ?
En somme ces interrogations et ces dernières impressions ne témoignent que d’une chose : même si je suis déçue par le duo Rialla/Tris, je me suis tout de même divertie en lisant ce tome et j’ai bien envie de continuer, histoire de découvrir si on aura enfin ces réponses… ou si on sera face à d’autres énigmes… Imagination tu es reine.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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