Le XVIe siècle – La Pléiade

LA PLEIADE

Le terme « Pléiade » est avant tout le nom d’une constellation de 7 étoiles. C’est en référence à cette constellation que 7 poètes, rassemblés autour des mêmes idées littéraires, se sont nommés ainsi. Menés par Ronsard, ils sont Du Bellay, Baïf, Jodelle, Pontus de Tyard, La Péruse (remplacé plus tard par Belleau), des Autels (remplacé par Peletier).

Cette école littéraire émerge vers 1549 et s’éteind au début des guerres de religion, vers 1560. 1549 est la date de parution de Défense et Illustration de la langue française, par Du Bellay.

Les membres de la Pléiade ont une haute opinion de l’art et de la poésie qui apporte gloire et immortalité. Ils veulent créer une poésie de langue française qui puisse rivaliser avec la poésie latine. Le français est revendiqué comme langue poétique. L’Antiquité est leur modèle, au même titre que Pétrarque.
Le poète est le réceptacle de l’inspiration qu’ils nomment « fureur divine », mais l’inspiration ne fait pas tout. Le style et le travail sont tout aussi importants.

Ronsard

Ronsard (1522 – 1560), surnommé « le prince des poètes », est le chef de file de la Pléiade.
Il touche à de nombreuses formes de poésie. Ses odes sont inspirées des modèles antiques de Pindare et d’Horace. Il a aussi écrit des hymnes, des discours, des élégies, des ballades, des madrigaux.
Son œuvre est marqué par le « Carpe Diem », philosophie que l’on retrouve dans nombre de ses textes.

Œuvres de Ronsard :
Les Odes (1550-1552)
Les Amours de Cassandre (1552), poésie amoureuse inspirée de Pétrarque.
Continuations des Amours, Nouvelle Continuation (1555), poésie amoureuse, mais en rupture avec Pétrarque. Ronsard se met à utiliser l’alexandrin et formule les sentiments dans un style différent.
Les Sonnets pour Hélène (1578), poésie amoureuse dont l’objectif n’est pas seulement de faire la peinture du sentiment. Le poète cherche à séduire par sa poésie.
Derniers Vers

Extrait des Odes : « Mignonne, allons voir si la rose »

A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

Extrait de Derniers Vers : « Je n’ai plus que les os »

Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ;
Adieu, plaisant Soleil, mon oeil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.

Du Bellay

Deuxième grande figure de la Pléiade, Du Bellay (1524-1585) est l’auteur de Défense et Illustration de la langue française (1549) qui place la poésie comme le meilleur moyen de hisser le français au niveau des langues nobles et anciennes.

Défense et illustration de la langue française

Ses autres œuvres, poétiques sont :
L’Olivie, un recueil de sonnets inspirés de Pétrarque. L’Amour est immortalisé dans la poésie.
Les Regrets sont une plainte personnelle liée à la nostalgie que le poète ressent lorsqu’il est contraint de séjourner à Rome. Cette Rome n’a plus rien de la grandeur antique, sa grandeur a sombré dans la décadence, et c’est cela qu’il médite dans les Antiquités de Rome en 1558.

Deux autres figures de la Pléiade

Jean Bastier de la Péruse (1529-1554) a écrit une Médée inspirée de Sénèque. Ce dramaturge sera surnommé « l’Euripide français ».

Etienne Jodelle, poète et dramaturge, s’illustre dans la poésie lyrique. Son œuvre, Œuvres et Mélanges, paraît en 1574. Quant au théâtre, il tentera l’Eugène, une comédie, mais brillera en matière de tragédie avec Cléopâtre captive.

Sources :

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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