Moyen Age – Littérature édifiante

LA LITTERATURE DITE EDIFIANTE

Beaucoup de textes du Moyen âge font partie de la littérature dite édifiante. Ce sont des textes qui cherchent à instruire sur des sujets divers. Cette volonté encyclopédique rassemble des bestiaires, des lapidaires, des plantaires, des computs, des mappemondes et traités de géographie, des histoires universelles, des traités d’alchimie ou d’astrologie.

Speculum Majus

La Grande encyclopédie du Moyen Age c’est le Grand Miroir du Monde (le Speculum Majus) écrit par Vincent de Beauvais.
L’édification de cet ouvrage a pris 20 ans (de 1240-1260). Le Roi saint Louis a aidé cette entreprise. Le but est d’assurer la maîtrise des savoirs de son temps. On pense que le souverain influença réellement l’entreprise et s’y investit en donnant son avis sur les remaniements.

Le Speculum Majus est divisé en trois parties :
le Speculum naturale (Miroir de la nature)
le Speculum doctrinale (Miroir des sciences)
le Speculum historiale (Miroir de l’histoire)

The Capture of Acre, 1191. From 'Speculum Majus' - The Great Mirror - by French Dominican encyclopaedist Vincent of Beauvais, 15th century

The Capture of Acre, 1191. From ‘Speculum Majus’ – The Great Mirror – by French Dominican encyclopaedist Vincent of Beauvais, 15th century

Vies de Saints

Les récits de la vie des Saints fleurissent au Moyen Age et font l’objet d’un véritable enseignement.

La Cantilène de Sainte Eulalie est le plus vieux texte littéraire français. Ecrit aux alentours de 880, il raconte le martyre de sainte Eulalie.

Version romane

Buona pulcella fut Eulalia.
Bel avret corps, bellezour anima.
Voldrent la veintre li Deo inimi,
Voldrent la faire diaule servir.
Elle nont eskoltet les mals conselliers
Qu’elle De o raneiet, chi maent sus en ciel,
Ne por or ned argent ne paramenz
Por manatce regiel ne preiement.
Niule cose non la pouret omque pleier
La polle sempre non amast lo Deo menestier.
E por o fut presentede Maximiien,
Chi rex eret a cels dis soure pagiens.
Il li enortet, dont lei nonque chielt,
Qued elle fuiet lo nom chrest iien.
Ellent adunet lo suon element
Melz sostendreiet les empedementz
Qu’elle perdesse sa virginitét
Por os furet morte a grand honestét.
Enz enl fou lo getterent com arde tost.
Elle colpes non avret, por o nos coist.
A czo nos voldret concreidre li rex pagiens.
Ad une spede li roveret tolir lo chieef.
La domnizelle celle kose non contredist.
Volt lo seule lazsier, si ruovet Krist.
In figure de colomb volat a ciel.
Tuit oram que por nos degnet preier
Qued auuisset de nos Christus mercit
Post la mort et a lui nos laist venir
Par souue clementia.

Traduction

Eulalie était une bonne jeune fille.
Elle avait le corps beau et l’âme plus belle encore.
Les ennemis de Dieu voulurent la vaincre,
Ils voulurent lui faire servir le Diable.
Elle n’écoute pas les mauvais conseillers
Qui lui demandent de renier Dieu qui demeure au ciel là-haut,
Ni pour de l’or, ni pour de l’argent, ni pour des bijoux
Ni par la menace ni par les prières du roi.
Rien ne put jamais la faire plier ni amener
La jeune fille à ne pas aimer toujours le service de Dieu.
Et pour cette raison elle fut présentée à Maximien
Qui était en ces temps-là le roi des païens.
Il lui ordonna, mais peu lui chaut,
De renoncer au titre de chrétienne.
Elle rassemble sa force.
Elle préfère subir la torture plutôt
Que de perdre sa virginité.
C’est pourquoi elle mourut avec un grand honneur.
Ils la jetèrent dans le feu pour qu’elle brûlât vite.
Elle n’avait pas commis de faute, aussi elle ne brûla point.
Le roi païen ne voulut pas accepter cela.
Avec une épée, il ordonna de lui couper la tête.
La jeune fille ne protesta pas contre cela.
Elle veut quitter le monde, elle prie le Christ.
Sous la forme d’une colombe, elle s’envole au ciel.
Prions tous qu’elle daigne intercéder pour nous,
Afin que le Christ ait pitié de nous
Après la mort et nous laisse venir à lui
Par sa clémence.

Sagesse profane et didactique

Les hommes du Moyen Âge ont établi le goût pour les proverbes didactiques et les recueils les compilant.

On voit émerger un certain nombre de traités divers.
Les bestiaires sont une édification morale et religieuse qui traite des qualités des animaux et de leur hiérarchie dans la création. La curiosité de ces ouvrages c’est qu’ils traitent aussi bien des animaux communs, réels que des animaux imaginaires.

bestiaire renard

Guillaume le Clerc, Bestiaire divin
Grande-Bretagne, troisième quart du XIIIe siècle
Paris, BNF, département des Manuscrits, Français 14969, fol. 25

« Le goupil ne vit que de vol et de tricherie. Quand la faim le presse, il se roule sur de la terre rouge et il semble être tout ensanglanté : alors il s’étend dans un lieu découvert, retenant son souffle et tirant la langue, les yeux fermés et rechignant les dents, comme s’il était mort. Les oiseaux viennent tout près de lui sans défiance, et il les dévore. Ainsi le démon dévore l’imprudent qui ne se défie pas de ses ruses. Mais les hommes sages qui savent apprécier les moyens qu’il emploie, c’est à dire les beuveries, les ivresses et les lécheries, pour surprendre les insensés, n’ont garde de se laisser prendre dans ses pièges. »
Source : http://lesaintsepulcre.forums-actifs.com/t2528-le-renard

Phénix dans un bestiaire médiéval.

Phénix dans un bestiaire médiéval.

Les lapidaires traitent des propriétés médicinales et magiques des minéraux.
Les plantaires traitent des propriétés médicinales et magiques des plantes.

Les chroniques historiques

Les chroniques historiques se veulent récits d’Histoire. Cependant leur conception pose quelques problèmes au sens moderne. Les chroniqueurs du Moyen Âge peuvent commencer leur récit à partir de la création du monde biblique. Les descriptions des faits historiques peuvent être fidèles mais orientées politiquement et non objectifs. Ainsi, Joinville, dans Histoire de saint Louis, fait l’éloge flagrant du roi.

Sources :

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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