Moyen Age – La littérature épique

En littérature, on peut dater le Moyen Âge du XIe au XVe siècle. Les formes littéraires qui caractérisent cette période sont multiples et de tout horizon. Ce sont les chansons de geste, les textes courtois, les romans, les contes satiriques, les jeux dramatiques, les vies de saints, les contes dévots, les poèmes de la mort, les bestiaires, les lapidaires, les chroniques et la naissance de la poésie récitée et non chantée.

LA LITTERATURE EPIQUE

Les récits traitant de la vie de grands personnages, d’exploits guerriers et des légendes arthuriennes appartiennent à la littérature épique. C’est un grand domaine dont l’inspiration a survécu à travers les siècles dans un ensemble de motifs littéraires.

La chanson de geste

Pour la forme, la chanson de geste est écrite en vers, en décasyllabes. Les vers sont rassemblés en laisses construites et assonancées autour d’un son vocalique qui se répète en fin de vers.

Les sujets de la chanson de geste sont inspirés de « la matière de France ». Elles relatent les hauts faits et les exploits guerriers.

On compte quatre grands cycles de chansons de geste entre le XIe et le XIIe siècle :
– Cycle de Charlemagne duquel est extrait la célèbre Chanson de Roland.
– Cycle de Guillaume d’Orange.
– Cycle de Godefroy de Bouillon.
– Cycle des révoltés.

Extrait de la Chanson de Roland :

CLXV
Li arcevesques quant vit pasmer Rollant,
Dunc out tel doel unkes mais n’out si grant.
Tendit sa main, si ad pris l’olifan:
En Rencesvals ad un ewe curant;
Aler i volt, sin durrat a Rollant.
Sun petit pas s’en turnet cancelant.
Il est si fieble qu’il ne poet en avant;
N’en ad vertut, trop ad perdut del sanc.
Einz que om alast un sul arpent de camp,
Falt li le coer, si est chaeit avant.
La sue mort l’i vait mult angoissant.

« La matière de Bretagne »

D’autres textes de littérature épique sont inspirés de la « matière de Bretagne ». Ce sont tous les récits celtiques autour de la légende du Roi Arthur et de Merlin. Le plus célèbre de ces textes est le Roman de Brut, écrit par Wace aux alentours de 1155.

« La matière Antique »

Toute une littérature se construit dans l’adaptation des épopées romaines antiques dans les romans du Moyen Âge. Les auteurs adaptent les récits aux mœurs de leur temps.
On a d’un côté les reprises des épopées grecques :
Le Roman de Thèbes (vers 1150)
Le Roman d’Enéas (vers 1156)
Le Roman de Troie (vers 1165)
Et d’un autre côté on trouve une littérature érigée autour de la figure d’Alexandre le Grand. Il s’agit notamment du Roman d’Alexandre (écrit vers 1180), premier texte en alexandrins.

Le motif des neuf preux et des neuf preuses

Dans le texte les Vœux du Paon (vers 1312), on trouve les neufs preux, modèles de prouesses et de faits d’armes. Ils sont trois triades, la première liée à l’antiquité païenne : Hector, Alexandre le Grand, César ; la seconde liée à l’univers biblique : Josué, Judas Maccabé, David ; la troisième liée à l’histoire chrétienne : Charlemagne, Godefroi de Bouillon et Arthur. Ces personnages vont devenir incontournables et donner lieux à d’autres productions artistiques.

Construite parallèlement à cette tradition masculine, on trouve également le motif des neufs preuses, les femmes fières, audacieuses, courageuses et vertueuses. Elles seraient issues du Livre de Lëesce (vers 1373) et sont : Semiranis, Sinope, Hippolyte, Menalippe, Lampeto, Penthésilée, Tomyris, Teuca et Déiphyle.

Les neufs preux

Fresque du château della Manta, illustration du cycle des neuf preux et des neufs preuses.

Sources :

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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