Dune – Tome 4 : les Enfants de Dune – de Frank Herbert

Dune – Tome 4 : les Enfants de Dune – de Frank Herbert

La série va en se bonifiant ? Du moins est-ce l’impression que me laisse la lecture de ce quatrième tome. Dans l’ensemble, j’ai trouvé que le livre développait un récit plus prenant que le précédent qui, lui, était essentiellement centré sur le personnage de Paul Atréide au coeur de sa défaite. On a ici le développement de tout un réseau d’intrigues et de figures qui renouvellent et ramènent le souffle des deux premiers tomes. Ceci avec un retour marquant sur les problématiques du pouvoir, de l’économie, de la tradition, de la religion et de l’écologie évoquées lors de la lecture du premier tome.

EnfantsDeDune

Résumé :

Les jumeaux Atréides, Leto et Ghanima, sont des pré-nés. Ils ont en eux la conscience de la multitude de leurs ancêtres. Tout comme leur tante Alia, Régente de l’Empire. Cette dernière n’a pas su échapper au piège de cette nature particulière obtenue par le programme de reproduction Bene Gesserit. Elle est devenue l’Abomination, la victime de la possession et sa folie menace la santé de l’empire.
Les jumeaux sont conscients de ce qui arrive à leur tante et craignent que cela ne leur arrive. Ils chercheront à tout prix un moyen d’échapper à ce sort.

Dame Jessica, leur grand-mère, revient de son exil de Caladan sous l’ordre du Bene Gesserit. Elle est là afin d’évaluer l’état d’Alia, mais aussi pour juger et tester les jumeaux… et voir ce qu’il est possible d’obtenir d’eux. Le personnage est partagé entre son devoir et sa nature de grand-mère… Les jumeaux ne sont pas dupes. Leto la prévient subtilement qu’ils ne sont pas forcément ce à quoi elle pouvait s’attendre. Finalement il la mettra en échec.

Sur Salusa secundus, Wensicia Corrino forme son fils Farad’n pour le trône de l’Empire qui lui revient de droit car il est le petit fils de l’empereur déposé par les Atréides. Wensicia complote pour provoquer la mort des jumeaux et son plan semble en bonne voie. Sur Dune on a accepté des présents, des vêtements spécifiques qui feront des deux enfants la cible de tigres tueurs surentraînés.

Le peuple fremen est divisé en deux parties. Les nouveaux fremens sont les fils de l’eau qui peu à peu change le visage de Dune. Le désert recule, des rivières prennent vie, des champs sont semés, des arbres poussent. Les anciens fremens, nostalgiques de la tradition, n’acceptent pas le changement et maudissent le gouvernement de Muad’Dib. Ces rebelles vivent dans le désert. Ils semblent représentés par le Prêcheur, un mystérieux aveugle qui vient blasphémer régulièrement dans la ville d’Arrakeen, sur les marches du temple d’Alia. Le mystère qui entoure ce personnage ne dure pas longtemps, la plupart des personnages, même s’ils refusent d’y croire, comprennent très vite que c’est Paul, Muad’Dib, que le désert n’a pas emporté. Il est guidé par un enfant de Jacurutu, le sietch maudit…

La tension augmente progressivement et au cœur de ces luttes de pouvoir intra-planétaire ou extra-planétaire, Leto et Ghanima fondent leurs propres projets pour échapper à l’Abomination et évoluer. Ils décident de se laisser prendre dans le piège de la maison Corrino. Une nuit ils quittent le sietch Tabr, déjouant la vigilance de Stilgar et de Jessica. Les tigres les attaquent. Ghanima est sérieusement blessée mais Leto vient à bout des animaux. Un drôle de procédé a alors lieu. Une sorte de verrou mental est apposé dans la conscience de Ghanima qui croit que son frère est mort. Leto, lui, s’enfonce dans le désert est disparaît  Le récit de Ghanima fera loi, tout le monde croira Leto mort, même Ghanima qui ne pourra accéder à la vérité que si son frère prononce le terme de « Sentier d’Or » à son oreille.

Le Sentier d’Or, telle est la vision que Leto a de l’avenir à travers la conscience de son père, vivace parmi tous les ancêtres qui le composent. Pour accéder à cet avenir qui promet 4000 ans de paix dans l’Empire, il va devoir se sacrifier, sacrifier son humanité… Leto tombe dans le piège de Jacurutu et on lui fait absorber des quantités importantes d’épice. Dans le délire de la vision, Leto parvient à accéder à l’état de conscience nécessaire à son élévation. Seulement, l’Abomination le guette s’il fait un seul faux pas.

Alia devient de plus en plus folle. La possession se renforce, l’esprit du défunt Baron Harkonnen change son règne en règne de terreur. Son époux Idaho ne la reconnait plus et décide d’agir pour le bien de la maison Atréide en la fuyant. Il détourne ses ordres et emmène Dame Jessica sur Salusa Secundus pour qu’elle instruise Farad’n des arts Bene Gesserit. Ainsi, il sera digne d’épouser Ghanima et de sauver la lignée impériale. Cet état de fait bouleverse les plans d’Alia mais elle tire avantage. Elle attise la haine de Ghanima envers le prince Corrino. Elle l’incite à accepter les fiançailles et lui promet des noces de sang. La jeune fremen, toujours prisonnière du verrou mental, voit là une manière de venger son frère et accepte.

Leto s’enfuit et réalise le sacrifice de sa chair et de son humanité. Il se mélange aux truites des sables, les larves qui donnent les puissants vers des sables, vers qui sont de plus en plus rares étant donné que le désert recule… Et conséquemment l’épice lui aussi est de plus en plus rare puisque c’est le cycle de vie du vers qui le génère. Leto et les truites se fondent l’un dans l’autre, il devient une créature vouée à évoluer de manière spécifique au cours de millénaires à venir. Il devient un immortel doté d’une force surhumaine, invincible.

Le Démon du désert, ainsi est-ce la manière dont les fremens appellent la manifestation de Leto, sabote les installations, canaux et plantations, visant à changer le climat de Dune. Le récit nous indique qu’une année s’écoule avant que les efforts de Leto ne parviennent à freiner l’élan de l’évolution. Le pouvoir est paralysé par les tensions de plus en plus fortes entre rebelles et citadins. C’est le moment que choisit Leto pour rencontrer le Prêcheur et lui proposer d’en finir une bonne fois pour toute.

Lorsque Farad’n débarque sur Arrakis pour rencontrer Ghanima, Leto réapparaît. Il déverrouille la mémoire de sa sœur, empêchant ainsi le meurtre du Prince Corrino. Alia est acculée par ses neveux. Elle se livre au triste spectacle de sa possession. Leto la conduit à se suicider en imposant la réalité aux fragments de conscience qui subsiste en elle. Ainsi finit la triste régence d’Alia du couteau.

Leto II prend possession du trône qui lui revient et instaure les grandes lignes de l’ordre qui régira désormais l’empire, sous un double pouvoir basé sur sa divinité et la lignée de Ghanima et de Farad’n. Si Leto croit au Sentier d’Or, ce n’est pas le cas de tous… De nombreuses factions restent indécises, craignant que l’échec du rêve de Muad’Dib se répète une nouvelle fois… La boucle et bouclée, mais pour quel recommencement ?

Avis personnel :

Comme je l’ai dit en introduction, c’est un regain de vigueur dans l’écriture de cette saga. L’intrigue du tome 3 apparaît grandement appauvrie à côté de ce tome 4. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle n’a pas sa raison d’être… Sans ses jalons préalables, le développement aurait été impossible et les nombreux renvois qui y sont fait en font une étape indispensable.

Les Enfants de Dune est riche par le nombre d’intrigues croisées qui sont mises en scène. Elles sont essentiellement des complots et des manœuvres de chacune des forces en présence afin de garder la vie et/ou le pouvoir. Ces forces s’affrontent en un tourbillon incessant. Qu’il s’agisse de la rancœur de la grande maison Corrino ou de la sensibilité singulière du pauvre Idaho, cherchant un salut à son abominable mariage, le récit explore en profondeur la richesse d’un univers complexe qui ne cesse de fasciner.
Cet intérêt est doublé par le retour aux problématiques politique, économique, écologique, métaphysique et culturelle. Je trouve que le développement de ces réflexions internes au récit est important. Il donne à cette œuvre une double fonction. Celle du divertissement en premier lieu, puis celle de la réflexion au second plan. Ainsi, comment ne pas vouloir réfléchir au tableau de Dune comme une ouverture sur des problématiques réelles, ce même à notre misérable échelle de lecteur anonyme ? A chacun de se fonder sa propre opinion sur le sujet et de le transposer ou non pour considérer des perspectives. Bien sûr je n’oublie pas qu’il ne s’agit que d’une fiction… Mais telle une fable, il y a peut être quelque chose à gratter sous le vernis du merveilleux.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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