Dune – Tome 3 : Le Messie de Dune – de Frank Herbert

Dune – Tome 3 : Le Messie de Dune – de Frank Herbert

La promenade dans le monde de la Science-Fiction se poursuit avec Frank Herbert. Le Messie de Dune est le troisième tome de la saga de Dune dans l’ancienne édition Pocket (le deuxième dans la nouvelle édition). Ce tome présente la chute de l’Empereur, Paul Atréide. Destin, politique, rébellion sont autant de composants qui entrent dans la formule. Néanmoins le sort de Dune n’est pas scellé, la planète est encore au centre de toutes les convoitises car l’épice, le Mélange, demeure la ressource essentielle de l’Univers.

Plan de l’article :
– Résumé
– Avis personnel
– Extrait

Dune tome 3

Résumé :

Le roman s’ouvre sur la mise au point d’un complot contre Paul. Parmi les conspirateurs on retrouve Irulan, épouse impériale méprisée et délaissée, le Bene Gesserit, la guilde spatiale et les Tleilaxu, organisme représenté par un Danseur-Visage, Scytale. On apprend les rôles de chacun et on assiste aux tensions qui codent les enjeux de la conspiration.

Paul est conscient de sa chute imminente. C’est une certitude qui lui est apportée par son don de prescience. Une malédiction plutôt qu’un don d’ailleurs. Malgré cette conscience, l’Empereur continue à diriger son Empire. Il est entouré de ses fremens, de sa concubine, Chani, et de sa soeur, Alia. On apprend que leur mère a quitté Dune et regagné son monde natal depuis un bon moment, les laissant livrés à leur sort.

Dans le climat du palais impérial, questions politiques, Jihad, amertume et rancoeur oubliées se succèdent dans la machine de la conspiration. Les pions avancent sur l’échiquier. Mais des revers surprennent la bonne marche du plan initial. Contre toute attente, l’agent ghola qui devait éliminer Paul résiste à son conditionnement et redevient le fidèle Duncan Idaho, ami de Paul. De même, l’usage d’un atomique n’a pas l’effet escompté. L’empereur n’est pas réduit à la cécité et renforce sa légende en devenant celui qui peut voir en étant aveugle. Mais le pire pour la bonne marche de la conspiration est la subite grossesse de la concubine. Chani donne à l’empire un héritier Atréide qui n’est pas issu d’Irulan.

L’échec des conspirateur se profile et menace. Pourtant les visions de Paul annoncent toujours sa chute. Tout est tel qu’il doit être pour conduire à cette chute. Ce qui détruit Paul finalement, c’est la mort de Chani alors qu’elle met au monde leurs deux enfants. Suite au décès de son aimée, l’empereur devient définitivement aveugle et il se retire dans le désert. Il laisse ainsi l’Histoire à ses nouveaux nés, Leto et Ghanima, qui seront élevés par Alia et Irulan.

Le récit progresse donc vers la chute par paliers. Ce qui pouvait donner de l’espoir est déjoué par une forme de fatalité. C’est une courbe descendante, exacte contraire de l’ascension de Paul dans le tome précédent.

Avis personnel :

J’ai bien aimé cet ouvrage. J’ai trouvé très intéressante la manière dont il évoluait, défaisant point par point les conquêtes précédentes.
Néanmoins on reste sur notre fin par rapport à certains éléments, notamment sur le personnages d’Alia. Il y a des passages qui lui sont consacrés, essayant de l’éclairer, mais il y a toujours une zone trouble en elle.

Je pense que ce tome n’est que l’amorce du quatrième. Il est autonome car il relate bien un fait du début à sa fin, la chute de Paul. Mais ce fait dépassé, reste à savoir ce qui va advenir de Dune et des deux jumeaux nouveaux-nés à qui revient l’héritage de Dune.

Extrait :

Début du premier chapitre, pages 10 et 11 dans mon édition.

Sans cesse les pensées de Scytale, le Danseur-Visage tleilaxu, le ramenaient à la pitié, une pitié imprégnée de remords et qui s’opposait à la nature meurtrière du complot qu’il essayait de former.
La mort ou le malheur de Muad’Dib ne m’apportera que des regrets, songeait-il.
Bien sûr, il se devait de dissimuler de telles pensées à ses conjurés. C’était là, cependant, une qualité caractéristique des Tleilaxu : ils s’identifiaient à la future victime.
Dans un silence maussade, il se tenait à l’écart des autres. Depuis quelques temps, ils discutaient de l’emploi éventuel d’un poison psychique. Avec véhémence, avec chaleur, mais aussi avec cette politesse aveugle et soumise que les adeptes des Grandes Ecoles adoptaient pour tout ce qui touchait de près à leur dogme.
« Alors que vous croyez l’avoir embroché, vous vous apercevez qu’il n’est même pas blessé ! »
C’était la vieille Révérende Mère Gaius Helen Mohiam du Bene Gesserit qui venait de parler ainsi. Elle était l’hôtesse des conjurés sur Wallach IX. Sa silhouette roide, drapée de noir, immobile dans le fauteuil à suspenseur, à gauche de Scytale, évoquait celle d’une sorcière. Elle avait rejeté son aba en arrière et, sous une mèche de cheveux argent, son visage était un masque de cuir sombre où seuls vivaient ses yeux, au fond des orbites profondes.
Ils conversaient en mirabhasa, le langage des émotions subtiles, fait de consonnes élidées et de voyelles mêlées. Edric, le Navigateur de la Guilde, répondit à la sentence de la Révérende Mère par un sourire marqué de courtoisie et de politesse dédaigneuse. il flottait dans une cuve de gaz orange à quelques pas de Scytale, au centre du dôme transparent que le Bene Gesserit avait fait dresser spécialement pour cette entrevue. Le représentant de la Guilde Spatiale avait une apparence vaguement humanoïde. Sa longue silhouette pouvait tout aussi bien être celle de quelque poisson. Chacun de ses lents mouvements faisait apparaître les nageoires de ses pieds, les membranes de ses mains, tandis qu’une pâle émanation orangée s’élevait des évents ménagés dans la cuve, faisant flotter dans le dôme le parfum du Mélange… Etrange poisson en un étrange océan.
« Si nous continuons de la sorte, nous paierons notre stupidité de notre mort ! »
Le quatrième conjuré venait d’intervenir. Epouse de l’ennemi commun, elle n’était en fait admise qu’à titre de potentiel dans la conspiration. De plus, se dit Scytale, elle était l’épouse mais non la compagne de Muad’Dib. Elle se tenait non loin de la cuve où dérivait Edric. Elle était blonde, grande et belle, revêtue d’une robe de fourrure de baleine bleue. De simples anneaux d’or brillaient à ses oreilles. Il émanait d’elle une certaine grandeur aristocratique mais Scytale pouvait lire dans la tranquillité étudiée de son visage les effets du contrôle Bene Gesserit.
Il détourna ses pensées des nuances du langage pour se préoccuper de celles de leur situation.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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Un commentaire pour Dune – Tome 3 : Le Messie de Dune – de Frank Herbert

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