Les lectures du mois de janvier 2013 et du mois de février 2013

Les lectures du mois de janvier 2013 et du mois de février 2013

Ces deux mois sont passés vite et j’ai l’impression de ne pas avoir lu grand-chose. Voici tout de même l’article rituel de la liste de lecture. Peut-être trouverez-vous quelque chose à lire là-dedans… Bonne lecture !

Côté théâtre

Tite et Bérénice, de Corneille :

J’ai fait cette lecture suite à la suggestion d’une internaute sur l’article Bérénice de Racine. C’est un parallèle très intéressant.

Tite et Bérénice est une comédie héroïque. Elle met en scène des personnages nobles dans une intrigue amoureuse sur fond épique et politique. Il ne s’agit donc plus de tragédie. Le quatuor amoureux mis en scène par Corneille est celui de Bérénice (la reine que nous connaissons bien), Tite (l’empereur de Rome également familier), Domitian (un personnage neuf, le frère de Tite) et Domitie (un autre personnage neuf, une noble promise à Domitan). Ces personnages évoluent dans une intrigue qui pourrait être la suite de celle de Racine. L’action se situe alors que Tite et Bérénice se sont déjà dit adieu. Bérénice est censée être partie. Mais même si la pièce donne cette impression de continuité, c’est une idée qui ne peut être valable. Le caractère de la plupart des personnages est en décalage. L’intrigue a un but presque trivial auprès de la tension passionnelle que l’on trouve chez Racine. Domitie joue avec l’amour pour accéder au trône : elle remet en question l’amour, le donne à un autre, le rend avant d’obtenir ce qu’elle souhaite en forçant les choses par ses combines. Bien entendu, il y a tout de même de la noblesse et de la prestance dans les caractères de Corneille, mais ce n’est pas avec la même intensité que chez Racine.
Je ferai un article complet sur cette lecture, à suivre donc…

Iphigénie, de Racine :

Iphigénie est un des mythes les plus cruels de la mythologie grecque. C’est aussi l’un des plus beaux par la grâce accordée à la victime. Il faisait une bonne matière de tragédie, matière dont s’est emparé Racine au XVIIe siècle. J’ai beaucoup aimé cette tragédie qui fait jouer des caractères captivants dans les personnages d’Iphigénie ou d’Eriphile. Une lecture que je conseille !
Pour plus de détails voir cet article.

Hernani, de Victor Hugo :

Après une comédie héroïque et une tragédie, voici l’illustration d’un drame romantique. Que dire ? Après l’immersion dans le théâtre du XVIIe siècle, la rupture que symbolise Hernani est évidente. J’aime beaucoup le changement dans la manière de construire les personnages, dans la manière de concevoir le jeu sur scène, dans la teneur de l’intrigue. Hernani n’est pas un roi, c’est un bandit. Un bandit doué d’honneur qui vit d’amour et de vengeance. Cette présentation du personnage très romanesque éclipse d’autres innovations interrogées par l’œuvre, mais je trouve qu’elle montre bien le changement dans la nature du héros posé par Hugo.
Pour plus de détails voir cet article.

Côté romans du XIXe siècle

Les Misérables, de Victor Hugo – tome 1 :

C’est une bonne découverte. Une lecture fascinante et troublante. A lire !
Pour plus de détails voir cet article.

La Fortune des Rougon, d’Emile Zola :

Ceci est le premier tome de la célèbre fresque naturaliste des Rougon-Macquart. J’avais lu l’Assommoir il y a quelques années et je dois dire que remonter aux origines de cette œuvre est plaisant. Comprendre les racines apporte un peu plus de force aux démonstrations naturalistes dont il avait alors été question. Et puis le fait de retrouver certains personnages (Gervaise et Lantier, par exemple), même de manière fugace, a été comme de retrouver de « vieux amis ».

Même si je ne suis pas d’accord avec les théories de l’hérédité de Zola, théories tant aimées, je dois reconnaître que c’est admirablement orchestré. C’est également une prose fluide, bien écrite et plaisante à lire. On se sent transporté dans les élans de Miette et de Silvère. On se sent touché par la ruine d’Adélaïde, mère des Rougon et des Macquart. On rit autant que l’on déplore le sort de Pierre Rougon et de sa femme Félicité. Et ainsi de suite… Il y a une force prenante par-delà l’aspect naturaliste de l’œuvre. Une force épique se dégage de tous les passages qui parlent de l’insurrection.

Les Misérables se posaient comme une première balade dans le XIXe siècle. La Fortune des Rougon en est une deuxième. Elle dépeint aussi la misère et la gloire de l’âme humaine. Mais si Hugo se pose en défenseur, je trouve que Zola le fait nettement moins. Il mène le récit avec cette indifférence scientifique propre au naturalisme qui transforme certains détails en cynisme grinçant. Ce cynisme fait penser à une accusation dans certains contextes. Il y a donc une différence dans le positionnement des auteurs. Elle est légitime puisqu’ils appartiennent à deux courants littéraires différents. Mais la comparaison peut être intéressante si on veut se faire une idée de la manière dont le siècle peut être représenté.

Côté Poésie

Poésies, de Mallarmé :

C’est une poésie très hermétique, souvent frustrante à cause de son obscurité. C’est comme un jeu de comprendre ce qui est dit. Mais jamais il n’est possible de savoir avec certitude si nos idées sont légitimes ou illégitimes. Il vaut mieux lire cela à tête reposée avec une imagination particulièrement vivace.

Sonnets à Orphée et Elégies de Duino, de Rilke :

La poésie de Rilke n’a rien à envier à celle de Mallarmé. Elle est aussi obscure le plus souvent. Mais j’apprécie l’illusion de comprendre plus facilement. Je pense que c’est une illusion car le vers garde toujours sa part de mystère. Le sens n’est jamais net et reste souvent diffus. J’aime particulièrement les Elégies de Duino.

Côté Fantasy

Dune 2, Frank Herbert :

Dune 2 est la suite de Dune 1. Ces deux tomes n’en font qu’un seul dans la réédition pocket de 2012. En soi c’est plus logique de les rassembler mais je les traiterai séparément, tel que je les ai lus, avec l’ancienne édition.

Paul Atréide est désormais Muab’Dib parmi les fremens et Usul dans son sietch. Il prépare la guerre qui lui rend le fief de Dune. Pour ce faire il impose son règne sur le désert et le peuple fremen. Il écrase les coutumes lorsque cela est nécessaire, bouleversant l’ordre ancestral qui s’était établi. Mais cela est accepté. Paul, en tant que messie, leur fait miroiter le rêve de toujours : changer le climat de Dune pour un faire un monde plus tendre. Seulement, l’omniscient Muab’Dib sait très bien que cela ne peut pas être. Il sait aussi qu’après sa victoire sur le fief d’Arrakis, une grande guerre de religion naîtra de sa légende et de sa position sur le trône de l’Empire. Malgré tous ses efforts, jamais cette prédiction ne s’effacera des possibles ouverts à sa vision. Le livre se clôt sur la victoire de Paul contre les Harkonnens qui occupaient Arrakis. On apprend que Paul va épouser Irulan, l’héritière de l’Empereur. Les troubles annoncés par les visions seront l’objet des tomes suivants. A suivre donc….

Les thématiques qui font la complexité et l’intérêt de Dune sont reprises et développées dans ce tome 2. Ce sont les thématiques politiques, religieuses, écologiques et familiales. Je détaillerai cela dans un article à venir. En attendant, très bonne lecture !

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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