L’Âge des Cinq – Trudi Canavan

L’Âge des Cinq est une série de Fantasy écrite par Trudi Canavan. Trois tomes composent cette trilogie : La prêtresse Blanche, la Sorcière Indomptée et la Voix des Dieux. Parfait équilibre entre fraîcheur, complexité, génie et surprises. C’est à découvrir…

De quoi s’agit-il ?

Le tome 1 débute par une scène d’invasion. Un village est pris en otage. Dans ce village, une jeune prêtresse nommée Auraya tient tête à l’ennemi et se lance dans des négociations. Une Blanche arrive au village et finalise les négociations entreprises par la jeune femme. La Blanche repère ainsi Auraya et lui propose une place importante dans le clergé Circlien. Promotion qui s’achèvera par sa nomination dans le cercle des cinq dirigeants du royaume de l’Ithanie du Nord.
Le continent de l’Ithanie est divisé entre son nord et son sud. Le nord est gouverné par le clergé Circlien qui croit en cinq dieux. A la tête de ce clergé règnent cinq personnages appelés les Blancs. Auraya sera la cinquième. Opposé à ce nord, il y a le sud du continent gouverné par les Pentadriens, un autre culte qui est l’ennemi mortel des Circliens. Les pentadriens croient aussi en cinq dieux et sont gouvernés par cinq puissants sorciers qui sont appelés les Voix. L’un ou l’autre camp croit que son adversaire est un imposteur, que les dieux de l’autre n’existent pas et cela sert de prétexte aux invasions et aux conflits qui déchirent alors toute l’Ithanie.
Le tome 1 narre le lent rassemblement des alliés des Circliens parmi des peuples différents qui sont marqués par les conflits passés et dont toute la difficulté est de les faire passer au-dessus de ces considérations. En parallèle s’accroit l’exacerbation de l’opposition entre les deux cultes et tout se termine par une bataille finale.
Le deuxième tome s’ouvrent à la suite du conflit du premier tome. Les deux camps pansent leurs blessures et les Pentadriens rêvent de vengeance. Ils veulent convertir les Circliens qu’ils considèrent comme hérétiques.
Le troisième et dernier tome remet en scène une guerre, mais avant d’en arriver là, Auraya, qui a quitté son clergé et qui œuvre avec un groupe d’individus appelé Indomptés, découvre la vérité sur les dieux. Son but est de mettre fin aux conflits en la révélant. C’est ce qui adviendra à la fin de l’œuvre. Il y a alors mise en lumière de toute l’ineptie des conflits qui ont eu lieu, mise en valeur de la dimension tragique les massacres inutiles au nom de la religion.


Avis personnel

Il s’agissait de ma première lecture de la plume de Trudi Canavan et c’est une découverte qui m’a convaincue de me tourner vers ses autres écrits.
Le style est bon. Pas trop lourd, pas trop complexe tout en restant à un niveau très satisfaisant. De fait on ne se casse pas la tête en lisant, c’est très fluide et ça se dévore tout seul. C’est l’un des talents de cet auteure car ce fait se retrouve dans une autre série que je présenterai sous peu : la Trilogie du Magicien Noir.

L’intrigue est prenante. Elle se complexifie progressivement. Ainsi on peut entrer petit à petit dans le livre et on n’est pas confrontés d’emblée à un paquet de quêtes inextricables. Ca a ses avantages. Petit aperçu de l’évolution de l’intrigue : au premier tome elle reste simple et linéaire, l’Ithanie du Nord rassemble ses alliés pour affronter les pentadriens et tout cela finit en une guerre bien prévisible qui nous tient tout de même en halène car on ne sait pas qui va gagner. Au tome 2 les choses se compliquent. Les personnages changent de trajectoire et nous avons alors à faire à trois intrigues : celle d’Auraya, celle des Indomptés et celle des Pentadriens. La découverte du tome 2 embraye sur une intrigue qui n’est plus que double : la guerre entre pentadriens et circliens, et la découverte du secret des dieux. Cette progression du simple au complexe pour aboutir à la chute de la révélation m’a laissé un agréable souvenir. C’est bien mené et prenant !

Les personnages sont créés avec talent. Ils vivent, se respectent, sont fidèles à eux-mêmes, sont attachants et sont capables d’évoluer. J’ai bien sûr de l’affection pour Auraya, l’héroïne du roman. Mais celle que j’ai préféré était l’indomptée qu’ils surnomment la Mégère. Fière, libre, puissante mais tout de même plongée dans des situations grotesques pour quelqu’un de son rang (surtout au tome 1), elle m’a émue et m’a fait enrager contre les circliens !

Au-delà de l’aspect divertissant du roman j’ai été frappée par la dimension réflexive de l’œuvre. Je ne sais pas si c’est moi qui aie interprété à outrance cette trilogie mais j’y ai vu une invitation à réflexion en matière de religion. Le récit nous présente deux peuples qui se déchirent pour des questions religieuses. Cela entraîne beaucoup de maux et au final on se rend compte que tout ceci n’avait aucun sens… Ce serait donc un message de prudence en matière de religion, une invitation à se tolérer, à se respecter parce qu’au final personne ne peut comprendre la vérité, personne ne détient la vérité. Toute cette réflexion me pousse à apprécier d’autant plus l’œuvre.

Extrait du Tome 1 : La prêtresse Blanche, page 183.

Elle fit quelques pas vers la porte latérale et se heurta à une force invisible.
– Non, non, la réprimanda le sorcier. Tu ne vas nulle part. Je veux voir si tu appelles tes dieux. Apparaîtront-ils ? Ce serait intéressant. Ca répondrait à mes questions.
« Y a-t-il une fenêtre derrière-toi ? » demanda Dyara.**
« Oui, mais si je m’en approche, il me bloquera. »
« Dans ce cas, tu devras lui résister. Il lui faudra du temps pour faire de nouveau sauter ton bouclier. Profites-en pour atteindre la fenêtre. »
Auraya recula devant le sorcier. Le sourire de l’adversaire s’élargit. Il pensait qu’elle avait peur de lui et cela le ravissait.
« Cela dit il a raison. J’ai peur de lui. Très peur, même. »
Auraya pénétra dans le carré de lumière projeté par la fenêtre brisée et sentit le soleil lui réchauffer les mollets. Le sorcier baissa les yeux vers les pieds de la jeune femme et fronça les sourcils. Son regard se braqua sur la fenêtre et il plissa les yeux.
Une force invisible percuta le bouclier d’Auraya. La jeune femme résista, mais elle ne put empêcher le Pentadrien de la plaquer contre le mur du fond, à une longueur de bras de la fenêtre. Le sorcier s’avança et vint se planter devant elle.
– Où sont tes dieux ? lui lança-t-il au visage. Je connais ta force. Il ne me faudra pas longtemps pour te vaincre. Appelle tes dieux.
La fenêtre était tout près, mais Auraya ne pouvait pas bouger. Le Pentadrien secoua la tête.
– Ils n’existent pas. Les Blancs sont des charlatans. Vous méritez de mourir.

**Conversation mentale exécutée en parallèle par Auraya avec les autres Blancs afin de trouver un moyen d’échapper à l’autre sorcier qui est plus fort qu’elle. Cette télépathie est permise par les pouvoirs que les Dieux Circliens ont accordés aux Blancs. Le choix de placer les répliques télépathiques entre guillemets est personnel. Dans le texte d’origine, ces répliques sont en italique mais le choix de la mise en forme de cet extrait ne me permet pas de les différencier ainsi, d’où cette convention.

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
Cet article a été publié dans AUTEURS & OEUVRES, Fantasy et Science-Fiction, Trudi Canavan. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour L’Âge des Cinq – Trudi Canavan

  1. Snotra Grey dit :

    J’avais déjà repéré ces livres au Furet… Tu présentes super bien !
    Tu devrais être critique de roman ^^

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