Méthode du commentaire littéraire

Méthode du commentaire littéraire

L’exercice du commentaire est une découverte que fait chaque élève de seconde au cours de son parcours scolaire. Cet exercice lui sera indispensable en fin de première, pour le baccalauréat de français. Pour certaines personnes, la première ne signe pas la fin de la pratique du commentaire. Ceux qui s’engagent dans des parcours littéraires en supérieur devront le maîtriser pour nombre d’examens et concours.
La méthode que je propose est une synthèse de ce que je sais et de ce que je pratique pour l’exercice. Elle n’est pas parfaite car je ne revendique aucune facilité. Mais cette méthode vous aidera peut être à comprendre certaines subtilités de l’exercice et à clarifier son intérêt.

But de l’exercice :

Le but de l’exercice du commentaire peut se décomposer en trois principes auquel je fais répondre une question. Ces questions ‘magiques’ m’ont été enseignées dans le secondaire. Elles me servent toujours car elles sont vraiment utiles dans l’approche du travail.

– Donner son sens au texte – De quoi ça parle ?
– Montrer ses caractéristiques et particularités – Comment ça en parle ?
– Le but du texte – A quoi ça sert ?

Un bon commentaire s’intéresse à ces trois approches du texte qui forment un tout dans l’élaboration du commentaire.
Il y a une certaine logique à faire se succéder ces notions entre elles : pour pouvoir parler du texte, il faut en comprendre le sens. Une fois ce sens compris, il s’agit de montrer de quelle manière il est amené (en s’intéressant aux procédés littéraires – figures de styles, etc. – au vocabulaire, à l’agencement d’un dialogue, aux tonalités, aux caractères des personnages et ainsi de suite). C’est aussi une manière de soulever les caractéristiques du texte. Il faut alors donner du sens à ce qui a été soulevé dans le cadre de la problématique qui guide la progression du commentaire : pourquoi trouve-t-on ceci de cette manière là ? qu’est ce que cela apporte au texte ? à l’œuvre dont est extrait le texte ? à tel personnage ? au genre littéraire dans lequel s’inscrit le texte ? … Ce but est différent d’un texte à l’autre, d’un lecteur à l’autre : tout dépend de la problématique qui a été associée au texte.

Attention : ces trois questions sont parfaites pour dégager les intérêts d’un texte, ses mécanismes et ses aboutissants. Mais elles ne forment pas une partie de commentaire chacune. Dans chaque partie (et/ou dans les sous-parties) du commentaire elles doivent être présentes toutes les trois pour former un outil logique et utile. Exemple : parler simplement du « de quoi ça parle ? » n’est pas intéressant, c’est de la paraphrase.

Introduction :

L’introduction est la première partie du devoir du commentaire. Elle doit informer le lecteur de ce qui est traité. Elle doit comprendre essentiellement une présentation du texte, la problématique et l’annonce du plan.

1-L’accroche et la présentation du texte :

L’accroche se doit d’être attractive. Elle peut être de toute sorte : en rapport avec le thème du texte, avec l’auteur, avec le siècle de l’auteur ; le principe étant de lui trouver un lien avec le sujet du commentaire. Mais si vous n’avez pas d’idée en matière d’accroche, mieux vaut ne pas tenter d’en faire une. Attaquez directement avec la présentation du texte.

La présentation du texte n’a pas non plus besoin d’être exhaustive ! Dire tout ce que l’on sait sur l’auteur, sur le texte ou sur l’œuvre de laquelle il est tiré n’a aucun sens et aucune valeur. A retenir qu’il est donc nécessaire de citer le titre du texte, l’œuvre de laquelle il est extrait – sans oublier de situer cet extrait dans l’œuvre (dire si c’est un incipit, un chapitre suivant telle ou telle action importante, un excipit, la première scène d’un acte, le poème d’ouverture d’un recueil, etc. et remettre le passage en situation par rapport à ce qui le précède dans l’œuvre si c’est nécessaire), enfin, citer le nom de l’auteur dans l’introduction. Tout ceci sert à situer l’objet du commentaire.
Une fois cette présentation effectuée, il est essentiel de savoir présenter le thème du texte et amorcer l’enjeu dont il est la question, enjeu qui sera clairement problématisé à la suite. Cette amorce est une transition entre la première partie de l’introduction et la problématique : elle doit en dire assez pour faire progresser le discours mais ne pas trop en dire pour ne pas provoquer d’effet de redondance avec la problématique.

2-La problématique :

– Qu’est ce qu’une problématique ?

La problématique est la question que vous vous posez par rapport au texte, celle à laquelle vous répondrez à travers les différentes étapes de votre développement. La problématique doit s’intéresser à une caractéristique du texte. Plus votre problématique est spécifique au texte (ou, dit d’une autre façon, moins elle pourrait être collée à plusieurs textes), mieux elle est !

– Comment construire une problématique ?

Afin de pouvoir construire une problématique, il faut déjà avoir repérer ce qui fait la particularité du texte. Pour cela il faut l’avoir bien lu, plusieurs fois, avoir repéré des éléments à partir des trois questions de base : De quoi ça parle ? Comment ça en parle ? A quoi ça sert ? C’est seulement après cette lecture assidue et ce repérage que vous pourrez avoir une idée de la question que vous allez attacher au texte pour en démontrer l’intérêt.

Souvent, vous allez élaborer une première version de votre problématique et arranger vos trouvailles de manière à composer un plan logique qui y répond. Si vous trouvez le bon agencement, l’agencement complet qui répond parfaitement à la question du premier coup, bravo ! Mais il arrivera aussi que votre plan ne convienne pas tout à fait à votre problème. Deux solutions sont alors envisageables. Si vous êtes certain de votre problème, ce sont les preuves qui ne vont pas, il vous en faut trouver d’autres dans le texte. Si vous tenez absolument à vos preuves, c’est votre problème qui ne va pas. Vous ne ciblez pas le bon aspect du texte. A vous de trouver la problématique qui conviendra à ce que vous voulez montrer dans le texte.

Attention : il ne faut pas forcer le texte à dire quelque chose qu’il ne veut pas dire ! Ce que vous voulez dire est présent dans le texte car ce sont les éléments du texte qui sont vos preuves.

– Exemples de problématiques ?

On trouve des problématiques sous forme de questions directes : « Comment l’auteur de ce conte, à partir d’éléments classiques du genre, parvient-il à renouveler les spécificités de ce genre littéraire qu’est le conte ? »

On trouve des problématiques sous forme de questions indirectes : « On peut se demander comment l’auteur de ce conte parvient à renouveler les spécificités du genre à partir d’éléments classiques. »

Attention : en question directe on procède à l’inversion sujet-verbe : « Comment parvient-il à…? » et on trouve un point d’interrogation final ; en question indirecte on n’inverse pas le sujet-verbe : « on peut se demander comme il parvient à… .» et il n’y a pas de point d’interrogation, juste un point.

3-Le plan et l’annonce du plan :

Le plan se compose idéalement de 3 parties. Mais passons cela, il en sera question dans la partie développement de cette méthode.
Afin de pouvoir annoncer convenablement le plan dans l’introduction du devoir – que vous rédigerez très certainement avant de rédiger le développement – il faut que vous ailliez la certitude de ce que vous allez démontrer tout au long de la composition. C’est pourquoi la partie « brouillon » de l’exercice du commentaire est extrêmement importante, c’est le squelette de votre écrit, la marche à suivre. Il faut donc y consacrer du temps. Sur une épreuve de 4h, vous pouvez compter minimum 1h de réflexion et de mise en forme de votre plan détaillé sur brouillon. (Maximum 2h, car ensuite il faut tout de même rédiger). Un plan détaillé comporte le titre de vos parties, de vos sous-parties (c’est mieux de les problématiser, comme ça vous êtes obligés de répondre à une question et vous risquez moins de décrire, c’est-à-dire de paraphraser, une dérive qui aboutit souvent à l’échec du commentaire). Chaque sous-partie doit être accompagnée de son enjeu, de son exemple et chaque partie d’au moins une conclusion partielle. Cette feuille de route détaillée établie, il sera peu probable que vous vous égariez dans des idées qui n’ont pas lieu d’être dans votre démonstration. En effet, l’ensemble ayant été mûrement réfléchi dans l’élaboration du plan, il devrait y avoir normalement peu d’idées annexes amenées à se greffer au cours de la composition. Ce sont soit des idées de génie que vous avez omises, soit – et c’est souvent le cas – des hors sujets qui peuvent être sanctionnés.

L’annonce du plan est très controversée. Mon parcours m’a fait me confronter à trois manières de faire différentes. Aucune ne semble mieux qu’une autre car elles annoncent toutes ce dont il va être question, ce qui est la seule chose essentielle.

Sous forme argumentative : « Tout d’abord… ensuite… enfin » ; « Premièrement… deuxièmement… troisièmement » ; « En premier lieu… en deuxième lieu… en troisième lieu » ; et ainsi de suite.
Exemple : « En premier lieu il est nécessaire de s’intéresser à la nature du merveilleux dans le texte pour cerner la définition qu’il donne de ce conte. En deuxième lieu il convient de montrer en quoi le personnage principal se démarque de la figure du héros traditionnel. En troisième lieu il est alors possible de montrer la manière dont a procédé l’auteur pour renouveler le genre du conte. »

Sous forme de question : Il s’agit de présenter les trois axes sous forme de problématiques.
Exemple : « Comment la nature du merveilleux définit-elle le conte ? En quoi le personnage se démarque-t-il de la figure traditionnelle du héros ? Quels éléments du texte montrent que l’auteur souhaite se démarquer du genre et le renouveler ? »

Sous la forme d’une phrase qui relie les enjeux de chaque partie par des verbes qui tissent des liens logiques tels que : « amener », « provoquer », « inspirer », « entraîner », « créer », « révéler », …
Exemple : « Définir le conte à partir du merveilleux permet de s’intéresser à la particularité de la figure du héros, pour enfin montrer le désir de renouvellement du genre du conte présent dans ce texte. »

Le principe est d’annoncer au lecteur quelle va être la direction et les étapes de votre raisonnement. Il ne s’agit pas de détailler toutes les sous-parties de votre plan. Si les titres de vos parties reflètent suffisamment le raisonnement qu’ils comprennent, ils peuvent suffire à annoncer le plan à condition que vous les formuliez de manière à les intégrer au discours.

Développement :

1-Structure du développement :

Le développement du commentaire se fait le plus souvent en 3 parties composées chacune de 3 sous-parties. C’est le schéma canonique de l’exercice. Il est possible de faire des commentaires en 2 parties, 4 parties, avec un nombre de sous-parties inégales, mais lors d’un examen officiel (ou selon le professeur que vous avez), le non respect de la forme canonique sera peut être mal perçu. Il est donc recommandé de se plier à la règle : 3 parties, 3 sous-parties.

Le développement d’un commentaire doit être intégralement rédigé. On ne fait pas figurer les I, II, III, 1, 2, 3, que l’on aurait inscrits sur le brouillon pour structurer le travail. Si vous êtes fier des titres que vous avez trouvés et que vous tenez absolument à les mettre, formulez-les en accroche de vos parties sans pour autant en faire explicitement un titre qui se démarque du discours.

2-Progression du développement :

Le développement doit être construit de façon logique. Chaque partie doit découler de la précédente de manière à former une progression continue entre les sous-parties de vos parties et les parties entre elles. On doit comprendre pourquoi on passe de telle explication à l’autre.

Le commentaire est une progression, un cheminement, un raisonnement. Il ne s’agit pas de raconter ce que raconte le texte, ce serait stagner sur le sens et non progresser. Le commentaire appelle à s’intéresser au sens du texte, à déterminer comment ce sens fonctionne pour enfin lui donner un but. On progresse à chaque fois d’un point A vers un point C en passant par un point B (puisse cette image vous permettre de vous rappeler ces deux notions essentielles : progression et logique). D’où l’avertissement énoncé en début de cette méthode : on ne peut pas consacrer une seule partie au « de quoi ça parle ? » car pour avoir progression il faut aller plus loin. On peut partir de ce « de quoi ça parle » mais il faut le creuser et aboutir à un « à quoi ça sert [dans la résolution de la problématique] ? » en passant par un « comment ça en parle ? », le mécanisme qui permet de tirer la conclusion, de déceler la preuve dans l’exemple.

3-Deux types de développement pour l’exercice du commentaire :

Il y a deux écoles dans l’approche du commentaire de texte. La première est celle du commentaire composé, la seconde est celle du commentaire linéaire. Quelle est la différence ?

Le commentaire composé réfléchit sur l’ensemble du texte et tire ses preuves dans l’ensemble du texte pour le I, pour le II, pour le III. On ne fera pas un grand I concentré sur le premier paragraphe, un II sur le deuxième paragraphe du texte et le III sur le troisième paragraphe du texte car les exemples doivent provenir de l’ensemble du texte ! Schématiquement, on aurait trois lignes, chacune d’entre elle représentant une partie, qui traverseraient le texte verticalement, ce qui symboliserait le fait qu’elles puisent leurs exemples dans l’ensemble du texte. C’est mon professeur de seconde qui avait donné cette image et elle m’est restée.

Le commentaire linéaire procède autrement. On va réfléchir sur un morceau de texte (exemple la première strophe d’un poème) dans un I, et éplucher ses parties l’une après l’autre dans un 1, 2 et 3… A chaque fois il faut explorer le texte, la manière dont il se présente, ce qu’engendrent les caractéristiques que l’on découvre au fur et à mesure. C’est une méthode que j’ai toujours trouvée plus compliquée, car au fur et à mesure il faut mettre en relation de plus en plus de choses entre elles. Alors que dans le commentaire composé, on s’intéresse à un aspect du texte dans un I, à un autre dans un II, etc. on n’est pas amené à traiter de l’un et de l’autre dans la même partie comme cela peut arriver dans le commentaire linéaire.

De toute façon, la forme canonique admet plus facilement le commentaire composé ! Il vaut mieux savoir maîtriser cette forme là plutôt que celle du commentaire linéaire !

4-Construction d’une partie :

– Introduction de la partie : enjeu de la partie (peut être sous forme d’une problématique propre à la partie dont la réponse contribue à répondre à la problématique de l’ensemble du commentaire), point de départ de la réflexion (le point A).
– La première sous-partie, on élucide le point A
– La deuxième sous-partie, le point A nous amène à élucider un point B
– La troisième sous-partie, le point B nous amène à élucider un point C
– Conclusion partielle : on conclue vis-à-vis de l’enjeu de la partie : qu’est ce qu’on a démontré, en quoi cela entre dans la résolution de la problématique du devoir.

5-Construction d’une preuve de sous-partie :

– Présentation de l’idée à prouver : le point A (ou le point B, ou le point C à élucider)
– Exemple qui sert à élucider le point A, à montrer ce que l’on cherche à prouver
– Explication du choix de l’exemple si nécessaire et/ou explication de l’exemple
– Exploitation de l’exemple : comment peut-il amener à prouver l’idée qu’on avance ? Elargissement de la preuve à d’autres éléments si nécessaire pour lui donner un aspect irréfutable.
– Conclusion partielle : synthèse de l’idée trouvée et ce qu’elle implique pour la question de la partie et/ou la problématique du devoir
– Transition – logique du passage de la démonstration de A à la démonstration de B

6-Les transitions entre les grandes parties du devoir :

Les transitions ne représentent pas énormément de matière dans la composition. Cependant elles constituent des éléments très importants. Le fait est que la transition sert à relier deux parties entre elles : donc elles participent à l’unité du devoir, à la progression logique des choses.
Il s’agit de définir ce que l’on a exposé dans le I par exemple et de l’interroger afin d’amener le II.
Exemple : « Dans cette première partie nous avons vu comment le merveilleux définissait le texte en tant que conte, on peut maintenant se demander comment l’appartenance à ce genre est nuancée par une figure de héros atypique. »
Et là on commence le II en introduisant l’idée que le héros de ce texte n’a rien à voir avec le héros classique d’un conte, etc. etc. Il s’agira de le prouver.

Conclusion :

1-Pourquoi une conclusion ?

Le devoir part d’une question induite par le texte à laquelle on est censé avoir répondu à ce stade du devoir. A chaque I, II, III on est partie d’un point A pour arriver à un point C, l’élucidation de tous ces points amenant une conclusion qui représente un élément de résolution sur la question. La conclusion sert à rapporter la synthèse de cette progression d’un point A à un point C de chacune des parties du texte. Ce n’est ni plus ni moins que la réponse organisée à la question, permise par l’argumentation détaillée du développement et de ses exemples.

2-La conclusion idéale ?

La conclusion idéale reprendrait tous les points du devoir permettant de répondre efficacement à la problématique sous une forme concise, précise et irréfutable. La conclusion idéale commencerait d’ailleurs par rappeler la problématique qui a guidé le commentaire.
La conclusion idéale permet de constater la logique argumentative, la progression entre les différentes pistes, idées et intérêts dégagés par ces mêmes pistes de réflexions.
La conclusion idéale ne se charge pas d’exemples : tout ce qui a été nécessaire à l’argumentation doit être présent dans le développement. Il ne s’agit pas de recopier le développement.

3-Une ouverture ou pas d’ouverture ?

L’ouverture est une question qui doit servir à ouvrir des perspectives.
Faut-il une ouverture ou non ?
Il vaut mieux ne pas tenter l’ouverture si on n’a pas d’idée précise de ce que l’on pourrait mettre.
Il vaut mieux ne pas tenter l’ouverture si l’on part dans une question qui n’a rien à voir avec le devoir.
Il vaut mieux ne pas tenter l’ouverture si l’on pose une question sur le texte qui aurait pu être traitée car importante dans sa compréhension… Une telle ouverture serait le point final sur un échec, sur quelque chose que l’on a omis de dire.
L’ouverture n’est pas obligatoire, personne ne vous en voudra si vous n’en mettez pas.

Pièges à éviter :

Les pièges du développement :
– La paraphrase : répéter ce que dit le texte d’une autre manière, sans rien apporter à l’argumentation.
– Le contre-sens : faire dire au texte ce qu’il ne veut pas dire. Cela peut se produire quand on exploite des exemples exagérément, qu’on trouve des choses qui ne sont pas là, quand on associe des éléments du texte qui n’ont rien à voir ensemble.
– Le hors sujet : cela se produit lorsqu’on n’a pas cerné l’enjeu du texte et qu’on parle de quelque chose qui n’a rien à voir avec le texte et sa problématique.

Les pièges de la citation :
– Eviter à tout prix le catalogue, la succession d’exemples de même type qui ne font pas avancer l’argumentation. Un ou deux exemples suffisent, il s’agit de les développer par la suite.
– Ne pas citer de morceaux de texte trop gros. Si vous citez beaucoup de texte, il faudra développer l’exemple suffisamment longtemps pour ne pas donner l’impression de citer parce que « je ne sais pas quoi dire. » Il faut exploiter les exemples à leur juste mesure.
– Même si vous ne citez qu’un mot du texte, n’oubliez pas les « » qui encadrent toute parole qui ne vient pas de vous.

Pièges divers :
– Il ne faut pas mettre de titres I, II, III, 1, 2, 3 : il faut tout rédiger intégralement.
– Ne pas oublier les transitions entre chaque partie.
– Ne pas coller une problématique trop large au sujet, la problématique doit pointer une ou des spécificités du texte qui font que c’est sa problématique et non celle d’un autre texte.
– Quand vous parlez de ce que vous trouvez dans le texte, ou de ce que le texte nous dit, ne jamais dire quelque chose comme : « Baudelaire dit que… », « Baudelaire pense que… ». Au pire dites « L’auteur dit que… », « L’auteur pense que… », au mieux « Le texte dit que… », « Le texte donne à penser que… ». Quand on a affaire à un récit dans lequel le narrateur est identifié, on peut parler de la vision du narrateur.

Conseils :

Toujours expliquer ce que l’on fait peut mettre en valeur la logique d’un devoir. Cela peut aussi éviter de faire de la paraphrase. En effet, si on cherche toujours à expliquer que ce que l’on fait, on montre qu’on a un but et qu’on aboutit à quelque chose et il est presque impossible de reformuler bêtement le texte.
Expliquer convenablement ce que l’on fait peut passer par l’attention portée à une multitude de choses : définir correctement ce qu’on cherche à montrer, mettre en valeur les liens de causalités qui entraînent chaque partie, conclure dès que cela semble nécessaire pour synthétiser ce que l’on a prouvé, et ainsi de suite.

L’introduction est la première chose que votre lecteur lira… et la conclusion est la dernière chose qu’il lira. Pour donner envie de lire votre travail, veillez à soigner l’introduction. Pour terminer le devoir sur une note positive, veuillez soigner votre conclusion.
Le développement doit lui aussi être soigné, bien entendu, mais il est extrêmement important de faire attention aux introductions et aux conclusions.

Le temps que vous porterez à construire un brouillon solide est important. Cependant, il ne faut pas trop en faire non plus : ne rédigez pas tout votre devoir au brouillon ! Faites un plan détaillé (titres de parties et de sous parties qui indiquent l’idée que vous allez insérer au devoir sous forme rédigée, exemples, ce qu’il y a à tirer de l’exemple choisi, conclusion), rédiger votre introduction au brouillon, puis à la fin du devoir, votre conclusion. C’est bien suffisant ! Pour indication pensez que vous pouvez consacrer un quart voire la moitié du temps imparti à votre réflexion au brouillon.

Pour les citations : j’ai évoqué ci-dessus les pièges à éviter lorsqu’il s’agit de citer. J’aurais un conseil à formuler sur le sujet. Il est possible de faire des citations de la façon suivante : « Page 45 nous avons : « il se trouva sur le bord d’une petite rivière, toujours déplorant sa destinée et se regardant comme le modèle du malheur. ». Dans cette citation nous apprenons à quel point le personnage est affecté par les aventures qu’il a subies. Cette affectation pathétique donne une certaine image du héros qui est toute autre que celle que l’on a d’ordinaire. En effet, le héros traditionnel ne « déplore » pas, il… blablabla, etc. etc. » Mais ce n’est pas la meilleure manière de faire. Plutôt que de couper votre discours par la citation, intégrez-la au discours qui sert à l’expliquer. Exemple : « Page 45, le héros « déplore » son sort au bord « d’une petite rivière », il est affecté par ce qui lui est arrivé et projette une image de lui-même qui n’est pas celle du héros traditionnel. Il se voit « comme le modèle du malheur » alors que le héros traditionnel est le modèle de la gloire et de la réussite. Il n’est classique, en cette manière de se présenter, que par l’idée de « modèle ». Cette inversion nous propose une figure tout à fait nouvelle qui blablabla, etc. etc. »

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
Cet article a été publié dans Méthodes des exercices littéraires, PARCOURS LITTERAIRE, THEORIE LITTERAIRE. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Méthode du commentaire littéraire

  1. sf38 dit :

    Merci de faire profiter de votre expérience! je pense qu’un élève pourra en tirer une fiche pratique…
    oups petite coquille vers la fin : « Exemple : « Page 45, le héros « déplore » sont sort […] » Je vois là une grosse faute…

  2. Merci pour cette méthode, bien pratique 🙂

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