A la découverte de Nerval – Première étape : Biographie

J’ai décidé de me tourner maintenant vers Gérard de Nerval. Ce n’est pas le poète Romantique que j’ai le plus lu. L’intérêt est motivé par le fait qu’il sera objet d’étude au cours du semestre à venir. Peut être découvrirai-je un nouveau favori dans le paysage des vers français ? Paysage restreint sur le blog pour le moment mais je fais de mon mieux pour le compléter en parallèle de mes obligations personnelles.
De même que pour la découverte d’Apollinaire, il s’agit d’abord de dresser une biographie de l’auteur avant de s’intéresser aux œuvres et d’en proposer des extraits commentés ou non.
Les sources sont précisées en fin d’article.

« Si Gérard de Nerval n’est pas ce « fol délicieux » qu’évoquait Maurice Barrès, il n’est pas non plus un héros de la connaissance, un porteur de message. Sa quête fiévreuse à travers les mythologies et les théosophies ne révèle que l’inquiétude de son esprit. Sa grandeur est de s’y être engagé jusqu’à en mourir, et d’en avoir figuré les épisodes avec une lucidité pathétique, contrôlée par un art vigilant. » (Encyclopédie Universalis)

Gérard de Nerval naît en 1808 à Paris. Il se nomme alors Gérard Labrunie, Nerval étant son pseudonyme littéraire. En 1810 il n’a que deux ans. Sa mère meurt alors qu’elle avait rejoint son mari, médecin-adjoint de la Grande Armée, en Silésie. L’enfant Gérard est recueilli par son grand-oncle maternel, Antoine Boucher à Mortefontaine, dans le Valois.
Son père prendra sa retraite quatre ans plus tard, c’est-à-dire en 1814. Il emmène Gérard à Paris. Il est scolarisé au lycée Charlemagne et y prépare son baccalauréat. Il se lie d’amitié avec Théophile Gautier.
L’article Universalis met en valeur les éléments qui marqueront les rêveries Nervaliennes suite à cette période de sa vie. Il s’agit d’abord de la perte de sa mère, qu’il n’a pas connue mais qu’il révérera toujours en tant que figure féminine ; puis de la demeure de Mortefontaine et ses forêts, paysages qui forment un cadre idéal à plusieurs de ses fictions ; et enfin d’une cousine qu’il a aimé lors d’une visite chez sa famille à Saint-Germain-en-Laye qui représente la première image de femme et les premiers sentiments amoureux pour Nerval.

En 1826, il écrit Les Elégies nationales, inspirées par l’épopée Napoléonienne. En parallèle il commencera à traduire le premier Faust de Goethe. En 1828, lors de la publication de cette traduction, Gérard est présenté à Victor Hugo. Il fréquente le « cénacle » de ce dernier. Le « cénacle » est une communauté d’écrivains. A cette époque, Gérard travaille en tant que journaliste et, aux côtés de son ami Théophile Gautier, il prend part à la bataille d’Hernani.
Ses premiers essais dramatiques sortent en 1831. Ils sont intitulés Le Prince des sots et Lara. En 1932, Gérard fait partie du « petit cénacle », une petite communauté romantique qui rend hommage par son nom au « cénacle » de Victor Hugo. Il écrit alors un poème : « Fantaisie » qui marque la naissance de la veine sentimentale et mythique qui apparaîtra dans ses œuvres majeures.

En 1834 il rencontre Jenny Colon, une actrice, de laquelle il tombe amoureux. Mais elle est inaccessible. En effet, lorsqu’il se déclare à elle, elle préfère un autre à Nerval. Elle est à l’origine de toutes les figures féminines inaccessibles qui parsèment l’œuvre de Nerval, la quête de « l’Eternel féminin » du poète. Quand cette actrice se marie en 1838, le jeune homme voyage en Allemagne et en Autriche pour tenter de se consoler.

C’est en rentrant en France en 1841 qu’il est victime de sa première crise d’hallucinations et de délires. Il se déclare souverain d’un monde imaginaire dans lequel il peut voir sa mère. Il est interné du mois de février au mois de novembre de cette même année, d’abord chez Madame de Saint-Marcel, puis chez le docteur Blanche. Plus tard, Nerval déclare que cet événement représente une expérience poétique.
A partir de ce moment, le poète porte un intérêt particulier pour les sciences occultes. C’est après son voyage en Orient qu’il commence de sérieuses recherches sur le sujet et qu’il publie sur le sujet dans des revues occultistes.
En 1843, il se rend en Orient. C’est à cette époque qu’il rédige les Voyages en Orient (de 1848 à 1851). Il visite notamment l’Egypte, le Liban, Constantinople, les côtes Grecques. Sa vision de la femme aimée se double d’un manteau religieux. Il la confond avec les visions que lui ont inspirées ses voyages. C’est un mélange formant une Déesse universelle à partir de « la Vénus païenne », « d’Isis l’égyptienne » et de « la Vierge Chrétienne » qui lui rappelle les êtres qu’il a aimé. (Interprétation tirée de l’article de l’Encyclopédie Universalis). Mais il est bon de garder à l’esprit que ce n’est qu’une infime partie de la richesse de ces récits de voyages.

Ses crises de folies sont de plus en plus fréquentes. En 1851, après la publication des Voyages en Orient, il est victime d’une crise nerveuse et d’une chute. Il est à nouveau transporté chez le docteur Blanche pendant un petit moment. En 1852, il entreprend un voyage en Hollande. Il rédige les Illuminés.

En 1853, Nerval écrit Sylvie. Dans cette œuvre, Nerval retourne vers ses émotions passées, les premiers élans de son cœur et le souvenir du Valois. Deux figures s’opposent dans cette œuvre. La figure de Sylvie, « à la grâce rustique » et « le prestige rayonnant » d’Adrienne, destinée au couvent. Le personnage délaisse Sylvie, poursuit en vain Adrienne et perd les deux. Il rencontre Aurélie qu’il ne parvient pas à atteindre non plus. Eclatent, dans cette œuvre, les thèmes de la solitude désespérée et de la femme inaccessible.

Le poète connaît d’autres crises de folie et se retrouve interné entre février et mars 1853 à la maison de Santé Dubois. Puis entre août 1853 et mai 1854 chez le docteur Blanche. C’est au cours de cet internement qu’il écrit le célèbre poème « El Desdichado ». « Dans « El Desdichado », il se remémore les illusions d’un passé disparu et prend conscience d’une fatalité redoutable : il se décrit sous l’aspect d’un chevalier noir, hanté par le malheur ; non pas tout à fait désespéré, car certains souvenirs conservent une vertu apaisante, mais déshérité et envahi par la mélancolie. » (Encyclopédie Universalis). A la suite de ce poème, il publie les Petits Châteaux de Bohême, les Contes et Facéties. Il termine les Filles du feu et les Chimères. Il travaille aux Nuits d’Octobre. On constate que les deux dernières années de sa vie sont celles au cours desquelles il écrit le plus. Suite à un nouveau voyage en Allemagne, une grave rechute le saisit en juin 1854 et il reste chez le docteur Blanche jusque fin 1854.
En 1855, Gérard de Nerval publie la première partie d’Aurélia, la seconde partie paraîtra après sa mort.
Dans la nuit du 25 au 26 janvier, il se pend rue de la Vieille Lanterne.

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Sources :

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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