Découverte d’Apollinaire – Première étape : Biographie & Bibliographie

J’ai décidé de consacrer une partie de ce blog à mes auteurs préférés. Le but est d’abord de présenter une biographie rapide avant de donner des textes divers afin de donner un aperçu de l’oeuvre.

Apollinaire est le premier dont je parlerai. Il s’agit d’un de mes poètes préférés et puisque je le lis en ce moment, ce sera plus facile pour en parler.

Avant de m’intéresser aux oeuvres et de vous en proposer des extraits, je vais d’abord retracer une petite biographie de ce poète. (Les sources qui m’ont permise de la réaliser sont en fin d’article). Bonne lecture !

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« Venu à la littérature alors que s’achevait le symbolisme, mort à la veille de l’arrivée de Dada à Paris et de la naissance du surréalisme, sensible à toutes les formes de la nouveauté sans pour autant repousser la tradition, tendant une main à Verlaine et l’autre à Breton, Apollinaire illustre la mutation qui s’est opérée dans la poésie française entre 1900 et 1920. »
(Encyclopédie Universalis)

Guillaume Apollinaire naît le 26 août 1880 à Rome. Il se nomme alors Guillaume Albert Valdimir Apollinaire de Kostrowitzky, car le nom sous lequel on le connaît aujourd’hui est un pseudonyme (on comprend aisément pourquoi…). Sa mère, Angelica Kostrowitzky, est issue de la noblesse polonaise. L’identité de son père est discutée, il pourrait être François Flugi d’Aspermont mais jamais il n’a reconnu ses enfants.

Apollinaire, sa mère et son jeune frère Albert, vivent seuls en Italie, abandonnés par François Flugi d’Aspermont. En 1887, ils quittent l’Italie et s’installent à Monaco. Le jeune Apollinaire entre au lycée de Nice mais il n’obtient pas son baccalauréat. Il écrit ses premiers poèmes en les signant « Guillaume Macabre ».

La famille déménage à nouveau et va s’installer à Paris en 1899. Guillaume fréquente la bibliothèque Mazarine. Il choisit à cette époque-là son pseudonyme définitif : Guillaume Apollinaire. Il tente alors de faire publier ses poèmes dans les revues de Paris mais il essuie de nombreux refus et échecs.
Il connaît un premier amour à Stavelot. La belle se nomme Maria Dubois et il la surnommera « Mareye ». Elle restera une source d’inspiration pour une part de son oeuvre.
Entre 1901 et 1902, Apollinaire parvient à publier ses premiers poèmes et il collabore à Tabarin, un hebdomadaire satirique.
Ces années sont marquées par un nouveau voyage : il est appelé en Allemagne pour être le précepteur de la fille de la vicomtesse allemande de Milhau. Sur place, il tombe amoureux de Annie Playden, la gouvernante anglaise de la demeure. Celle-ci repousse les avances d’Apollinaire. C’est à cette époque que le poète va s’imprégner des légendes et des horizons Rhénans qui sont présents dans plusieurs de ses recueils.

En 1902 il rentre à Paris. Il commence à travailler avec La Revue blanche et il publie plusieurs de ses poèmes et des contes sous le nom de Guillaume Apollinaire.

En 1903 et 1904, il tient sa propre revue, Le Festin d’Esope, en collaboration avec André Salmon. Ils ne publieront que 9 numéros avant d’arrêter. La première version de L’Enchanteur Pourrissant paraît.
Il se lie d’amitié avec Pablo Picasso et Max Jacob. La théorie artistique du poète est influencée par le cubisme (Cubisme : les représentations abstraites et géométriques deviennent plus importantes que la représentation du réel).
Apollinaire vivra d’un métier de banquier jusqu’en 1907 où il décide de vivre de sa plume. Il oeuvre alors en tant que poète, journaliste pour plusieurs magasines, critique d’art et conférencier. Cette même année il publie deux romans érotiques : Les onze mille verges et Exploits d’un jeune don Juan (des parutions qui se trouvent d’abord anonymes).
De 1907 à 1912 il vécu auprès de Marie Laurencin. Elle finit par le quitter et il écrira « Sous le pont Mirabeau ». Tout au long de ces cinq années, plusieurs de ses oeuvres furent publiées : le poème « La chanson du mal aimé » en 1909 ; nouvelle publication de L’Enchanteur pourrissant, version illustrée par André Derain, en 1909 ; un recueil de contes : L’Hérésiarque et Cie en 1910 ; l’ensemble de poème Le Bestiaire ou cortège d’Orphée en 1911.
En 1911, accusé de complicité de vol, il est incarcéré une semaine à la Santé, il écrit alors des pièces qui feront parties du recueil Alcool qui paraîtra en 1913.

En 1914, la Première Guerre mondiale débute. Apollinaire demande à rejoindre l’armée française en août. Sa demande est accompagnée d’un souhait de naturalisation française. On lui rejette les deux demandes.
A Nice, il rencontre sa maîtresse Louise de Coligny Châtillon, celle qu’il surnommera Lou et à qui il écrira un recueil Poèmes à Lou. Mais cette femme n’est pas fidèle, elle en aime un autre qu’elle surnomme Toutou et que l’on trouve mentionné dans plusieurs poèmes du recueil. Ils rompront en 1915.
En décembre 1914, Apollinaire est intégré à l’armée française, 38e régiment d’artillerie. Il finira par être naturalisé français.

En 1915 il se fiance avec Madeleine Pagès. Il publie Poète assassiné.
En 1916, alors qu’il lisait dans les tranchés, il est blessé par un éclat d’obus à la tête. Détail morbide : il est trépané (trépanation : « La trépanation est une technique de perçage qui consiste à pratiquer un trou en réalisant une découpe circulaire. C’est également le nom générique d’une opération chirurgicale qui consiste à pratiquer un trou, grâce à un appareil — de type foret — appelé trépan, dans la boîte crânienne ou à enlever un morceau d’os crânien afin d’accéder au cerveau, notamment pour soulager une hypertension dans la boîte crânienne. De nos jours, la trépanation est utilisée pour procéder à l’ablation de tumeurs ou dans le cas des hématomes, car si le sang n’est pas évacué, il peut y avoir une compression du cerveau qui provoque des lésions pouvant entraîner la mort » – source de cette définition : wikipedia). Il rompt ses fiançailles.

En 1917, il établit un contact avec André Breton. Il emploie le mot « sur-réaliste » pour qualifier le ballet Parade par lequel sont concernés Cocteau et Picasso. C’est par « drame sur-réaliste » qu’il sous-titrera sa pièce Les Mamelles de Tirésias, controversée dès sa sortie.

En 1918 il publie les Caligrammes, ces poèmes dont les mots dessinent souvent ce qu’ils racontent. Au cours de cette dernière année de sa vie il épouse Jacqueline Kolb. C’est elle qui permettra de diffuser toutes les oeuvres posthumes de Guillaume Apollinaire.
Il attrape la Grippe espagnole et meurt à Paris alors que tout le monde célèbre la victoire et la fin de la guerre. On le déclare « mort pour la France » et l’enterre au cimetière du Père-Lachaise.

Son oeuvre :

Poésie :

  • Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée, en 1911
  • Alcools, recueil de poèmes composés entre 1898 et 1913, en 1913
  • Vitam impendere amori, en 1917
  • Calligrammes, 1913-1916 en 1918
  • Il y a…, recueil posthume, en 1925
  • Ombre de mon amour, poèmes adressés à Louise de Coligny-Châtillon, Cailler, posthumes, en 1947
  • Poèmes secrets à Madeleine, posthumes, en 1949
  • Le Guetteur mélancolique, posthumes, en 1952
  • Poèmes à Lou, en 1915
  • Soldes, posthumes, en 1985

Romans et contes :

  • Mirely ou le Petit Trou pas cher, roman érotique, 1900 (ouvrage perdu).
  • Que faire ?, roman-feuilleton paru dans le journal Le Matin
  • Les Onze Mille Verges, publié sous couverture muette, 1907
  • Les Exploits d’un jeune Don Juan, roman érotique, publié sous couverture muette, 1907
  • L’Enchanteur pourrissant, illustré de gravures d’André Derain, 1909
  • L’Hérésiarque et Cie, contes, 1910
  • La Fin de Babylone, en 1914
  • Les Trois Don Juan, en 1915
  • Le Poète assassiné, contes en 1916
  • La Femme assise, (inachevé), édition posthume, en 1920.
  • Les Épingles, contes posthumes en 1928.

Ouvrages critiques et chroniques :

  • La Phalange nouvelle, conférence de 1909
  • L’Œuvre du Marquis de Sade, pages choisies, introduction, essai bibliographique et notes, en 1909, première anthologie publiée en France sur le marquis de Sade.
  • Les Poèmes de l’année, conférence de 1909
  • Les Poètes d’aujourd’hui, conférence de 1909
  • Le Théâtre italien, encyclopédie littéraire illustrée de 1910
  • Pages d’histoire, chronique des grands siècles de France, chronique historique, en 1912
  • La Peinture moderne, en 1913
  • Méditations esthétiques. Les Peintres cubistes, en 1913
  • L’Antitradition futuriste, manifeste synthèse, en 1913
  • L’Enfer de la Bibliothèque nationale avec Fernand Fleuret et Louis Perceau, Mercure de France, Paris, 1913 (2e édit. en 1919)
  • Le Flâneur des deux rives, chroniques, en 1918.
  • L’Œuvre poétique de Charles Baudelaire, introduction et notes à l’édition des Maîtres de l’amour, en 1924
  • Les Diables amoureux, recueil des travaux pour les Maîtres de l’Amour et le Coffret du bibliophile en 1964.

Théâtre et cinéma :

  • Les Mamelles de Tirésias, drame surréaliste en deux actes et un prologue, 1917.
  • La Bréhatine, scénario de cinéma écrit en collaboration avec André Billy, 1917.
  • Couleurs du temps, 1918, réédition 1949
  • Les Onze Mille Verges, adapté par Eric Lipmann, 1975.
  • Les Exploits d’un jeune Don Juan (L’Iniziazione), adaptation cinématographique de Gianfranco Mingozzi, production franco-italienne, 1987.

Correspondances (posthumes) :

  • Lettres à sa marraine 1915–1918, en 1948.
  • Tendre comme le souvenir, lettres à Madeleine en 1952.
  • Lettres à Lou, édition de Michel Décaudin, Gallimard, en 1969.
  • Correspondance avec les artistes, 2009.

Journal :

  • Journal intime (1898-1918), en 1991.
_________________________

Sources :

http://www.wiu.edu/Apollinaire/Biographie.htm
http://www.alalettre.com/apollinaire-bio.php
http://www.jesuismort.com/biographie_celebrite_chercher/biographie-guillaume_apollinaire-264.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Apollinaire
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A9panation
http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/guillaume-apollinaire/

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A propos eleonorecotton

Eléonore Cotton est la gardienne de ce site. Le Havre de Pensée & Mots, c'est le croisement de ses études de Lettres Modernes et de ses goûts personnels en un mélange éclectique, mais représentatif de cette lectrice qui navigue sur plusieurs océans littéraires. Eternelle rêveuse, il lui arrive d'écrire de temps en temps...
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12 commentaires pour Découverte d’Apollinaire – Première étape : Biographie & Bibliographie

  1. Minou dit :

    Ton article est très complet! Je suivrai de près ces publications sur tes auteurs préférés, ça s’annonce intéressant. 🙂

  2. Ping : A la découverte d’Apollinaire – Fin et récapitulatif du parcours | Havre de pensées & de mots

  3. adeline dit :

    Es-tu sur qu’il est né le 26 août, se n’est pas le 25 août?

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